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lundi 18 octobre 2010

ces femmes qui bottent le cul des mecs

Le monde du cinéma ne se laisse pas gouverner docilement par les hommes comme on pourrait le croire si facilement : les femmes ne se contentent pas souvent de tirer les ficelles derrière leurs pions de maris, d'amants, de collègues : elles incarnent parfois leur pire cauchemar, à coups de pieds dans la gueule, et de canon sur la tempe.

(Attention, ceci peut contenir des spoilers)

S'il faut parler d'une héroïne moderne qui sait défroquer les pires connards de la Terre, alors, parlons de Beatrix Kiddo. The Bride est un personnage crée par Quentin Tarantino et Uma Thurman, sur le plateau de Pulp Fiction. En plus d'être une redoutable tueuse, le personnage incarné à l'écran par Thurman est doté d'une force psychique inébranlable, pouvant presque survivre à tout. Bien sûr, les plus sceptiques répliqueront que revenge is a dish best served cold, que l'oxygène qui alimente les poumons de Beatrix fonctionne plus à la rage qu'à la force. Mais là n'est pas la question. Bien sûr, on peut se poser la question de savoir si le personnage de la mariée est un clin d'oeil à « La mariée était en noir », un film de François Truffaut où Jeanne Moreau, venge la mort de son fraîchement mari*.
Beatrix Kiddo était une tueuse à gage plutôt douée, qui, un jour, a malencontreusement découvert qu'elle était enceinte de son boss, Bill. Beatrix a donc quitté précipitamment les Deadly Vipers (ses comparses tueurs) pour mener une vie tranquille à l'abri des tarés psychopathes de ce monde, avec un type plutôt simple mais sympa. Le jour de leur mariage, Bill et les Deadly Vipers font une apparition mémorable, puisqu'ils tuent tout le monde, même Beatrix. Manque de pot, il en faut plus qu'une balle dans la tête pour tuer la jeune femme, puisqu'après quatre ans dans le coma, elle se réveille, avec une furieuse envie de buter tous ceux qui ont détruit son bonheur et l'ont privé de sa fille. Commence donc une suite de combats, d'affrontements sanglants, de katanas, de couteaux, de virées dans le désert, et de technique des cinq points.
Bien entendu, The Bride réussira, au terme de deux films culottés, qui seront des clins d'oeil à la culture cinématographique (des films de katanas aux western spaghetti), à se venger de Bill.
Beatrix Kiddo est un peu l'archétype de la femme que les féministes défendent : elle n'a peur de rien, veut protéger ce qui lui reste d'honneur, et n'hésite pas à dégommer le cul de ceux qui ont essayé de la clouer dans un cercueil. Rares sont des héroïnes si déterminées, si prêtes à tout (sauf Nicole Kidman dans To Die For, ok, pour le clin d'oeil), si fortes.



Kick-Ass était un des films phénomènes de l'année, proposant une autre vision des super héros. C'était également l'occasion de découvrir Hit Girl, celle qui te frappe avant que tu aies eu le temps de faire « ouille ». La jeune Chloë Grace Moretz prenait les traits de la gamine surdouée (dans tous les sens du terme), que ce soit en matière de "kick ass" ou de psychologie, de maturité. En plus d'être d'une rapidité et d'une efficacité à faire passer Jackie Chan pour un vendeur de journaux, Hit Girl est une jeune fille sensible, intelligente, qui a un sacré caractère et sait ce qu'elle veut. D'ailleurs, le célèbre Kick-Ass n'arriverait à rien si Hit Girl n'était pas là pour lui sauver les miches de temps en temps.

Côté cinéma, il n'y a pas que de bonnes adaptations : Charlie's Angels en est la preuve. Si le premier opus peut se targuer d'avoir Bill Murray et Sam Rockwell dans sa distribution, il n'y a aucune fierté à avoir du côté du scénario et de la réalisation. Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Liu ont beau avoir un joli cul, elles ne peuvent rien faire contre la médiocrité. Malgré tout, l'idéal de la femme tel qu'il est véhiculé par le film et la série permet même de faire une chanson, interprétée par les Destiny's Child, Independent Woman. On pourrait traduire cet idéal comme suit : les femmes gagnent leur argent, s'achètent leurs affaires, et n'ont plus besoin des hommes, même pas pour une vidange vaginale, elles ont sûrement un vibromasseur. Et en plus, elles peuvent très bien égaler les hommes dans diverses tâches.
Demi Moore, entièrement rénovée, a même participé au deuxième film, dévoilant sa nouvelle anatomie parfaitement corrigée, et devenant la pire garce de la Terre. Parce que figurez-vous qu'en plus, c'est son personnage qui tient les rennes de tout. Comme quoi, les femmes peuvent être plus puissantes et finaudes que les mecs.

Dans les femmes psychotique qui règlent le compte des hommes (et du reste), Catherine Tramell occupe une place privilégiée, tout comme, Catwoman (référence : Batman Returns, 1991). Selina Kyle, consumée par l'idée de se venger de son patron, a eu la chance d'être ramenée à la vie par les chats du quartier. Alors qu'elle tombe amoureuse de Bruce Wayne, Catwoman veut se venger de Batman, à coups de griffes. La sexualité est de mise, que ce soit pour Catherine Tramell qui n'arrête pas de cumuler les scènes suggestives, et pour Catwoman, dans sa tenue moulante noir qui rappelle le sado-masochisme. Outre cet aspect sensuel des personnages, ces deux (ou trois nous pourrions dire) femmes partagent une personnalité tordue et dangereuse : Catherine Tramell est une tueuse en série, et Catwoman nourrit des désirs mortels et destructeurs.
Et bien sûr, les hommes sont impuissants face à la ruse de ces deux prédatrices.



Une héroïne de la télévision devrait figurer ici : Buffy Summers est elle-même un symbole contradictoire de la féminité (telle qu'elle est véhiculée par les stéréotypes) : entre force de caractère/ force physique et sensibilité, elle semble être l'exception à la règle. Mais pourtant, ceux qui ont déjà vu la série Buffy The Vampire Slayer pourront témoigner du fait que l'affectivité dont la demoiselle fait preuve ne singe aucunement sa détermination, son endurance.
Buffy, c'est l'héroïne idéale : elle se sacrifie pour les autres, ne renonce jamais, sait ce qu'elle fait, et donne plus de valeur aux autres qu'à elle. Néanmoins, comme on dit vulgairement, « il ne faut pas la faire chier », sauf si on veut se retrouver à moitié mort.

Toutes ces femmes sont aussi létales qu'une dose de potassium dans le bras, rien ne peut les arrêter, pas même un sermon larmoyant du Pape, elles iront jusqu'où elles doivent aller, pour ce qu'elles jugent bon, ou tout simplement parce qu'elles l'ont décidé, et il vaut mieux pour le commun des mortels ne pas rester dans leur chemin.

* En réalité, Quentin Tarantino a dit n'avoir jamais vu le film de Truffaut. Il y a quand même de quoi se poser des questions, sachant que l'homme est un grand cinéphile.

jeudi 9 septembre 2010

le chevalier du cinéma

Tout le monde (ou presque) a déjà lu sur internet les différents types de chevaliers en fonction du genre de musique (principalement, metal). Et s'il en existait aussi pour le cinéma?
(Pour les styles de musique et de metal, il suffit de chercher dans google avec les mots-clefs suivants : chevalier princesse dragon metal)

L'histoire est toujours simple : Un chevalier doit arriver au château, tuer le dragon, et, délivrer la princesse (voire l'épouser, ça dépend des cultes).

Le chevalier à la Tarantino : le chevalier arrive en Dodge Charger (modèle 1970 R/T Magnum 440), parle au dragon du fait qu'ils mangent de la mayonnaise avec leurs frites en Europe, tout en écoutant les Stealers Wheel et leur chanson « Stuck in the Middle with you ». C'est grâce à un superbe katana venant d'Okinawa, merci Hattori Hanzo, que le chevalier, dans sa combinaison jaune moutarde extermine le dragon. Alors qu'il arrive en haut du donjon, la princesse l'envoie se faire foutre, elle est hôtesse de l'air et s'appelle Jackie. Le chevalier, emmerdé par cette pouffiasse, l'insulte longuement, et finit par lui faire un scalp. Connasse.

Le chevalier à la Romero : le chevalier arrive, par un moyen quelconque au château, où il découvre que le dragon est entrain de se faire dévorer par une horde de zombies. Cédant à la panique, il se barricade dans le château, avant d'aller voir si la princesse se porte bien. Il trouve la princesse devenue zombie, arrive à la re-tuer (ben oui, elle est déjà morte une fois si elle est zombie), après s'être fait mordre. Le chevalier se transforme en zombie, seul dans le donjon.

Le chevalier à la Lynch : Le chevalier se pointe en tracteur-tondeuse au château. Après avoir sombré dans un souvenir à moitié schizophrénique (mettant en scène l'assassinat de sa femme, une dénommée Renée), un nain parlant bizarrement s'approche de lui et lui murmure qu'il a besoin de café et de tarte à la cerise. Dérouté par cette nouvelle, le chevalier s'avance timidement vers le dragon endormi, en regardant nerveusement de part et d'autre de la créature : des oreilles coupées fleurissent sur le sol. A l'instant même où il se sent prêt à tuer le dragon, une bande de Fremen débarquent et font le boulot à sa place. Heureux, le chevalier monte pour délivrer la princesse qui s'avère être une blonde ténébreuse accro à la coke, appelée Betty. Après un échange de paroles relativement bref, le chevalier et la princesse se mettent à baiser en écoutant Rammstein.
Ils se retrouvent de façon inexpliquée dans la Black Lodge avec Nicolas Cage.

Le chevalier à la Woody Allen : le chevalier, un intellectuel coincé, d'à peu près soixante-cinq ans, arrive en râlant devant le dragon. Embêté de perdre son temps dans une futilité pareille, il explique à la créature que le jazz, New-York, et le théâtre, ça vaut mieux qu'un combat épique. Finalement, le dragon s'éprend du chevalier et la princesse, heureuse, peut s'enfuir épouser un voleur de tableaux.

Le chevalier à la Star Wars : le chevalier arrive au château à bord du Millennium Falcon, avec son ami Chewbacca. Il sort son sabre laser pour tuer le dragon, quand, tout d'un coup, la princesse arrive avec son armée de rebelles. Ils finissent par tuer le dragon tous ensemble, et partent tous vers une galaxie très très très lointaine.

Le chevalier à la Indiana Jones : le chevalier arrive sur un moyen de locomotion emprunté à Sallah. Il décode très vite les mystères qui peuplent le château et peut ainsi réussir à comprendre que pour tuer le dragon, il faut l'arche d'alliance. Quand il revient avec la précieuse arche, il tombe sur les nazis qui lui en font voir de toutes les couleurs. Une fois qu'il s'est débarrassé des nazis, des soviétiques, et de ce foutu dragon, il peut enfin aller dans le donjon, où il tombe sur son père qui n'arrête pas de l'appeler Junior et de lui dire que la princesse – qui n'est autre que Marion Ravenwood - s'est enfuie, lassée de devoir l'attendre.

Le chevalier à la Batman (Burton) : le chevalier arrive dans sa batmobile, escalade les murs du château sans se faire voir par le dragon, et pénètre dans le donjon. Il perçoit une ombre proche du lit... Il s'agit de la princesse catwoman qui lui envoie la dérouillée de sa vie avant de l'embrasser langoureusement. Tous deux se débarrassent du dragon avant de recommencer leur relation amour-haine.

Le chevalier à la Batman (Nolan) : le chevalier arrive dans son char d'assaut, descend le dragon avec une arme développée par Lucius, et sauve la princesse qui se révèle être Rachel, son amie d'enfance dont il est éperdument amoureux, mais, elle, elle préfère Aaron Eckhart.

Le chevalier à la Frères Coen : Le chevalier arrive avec un bébé qu'il a kidnappé, histoire de le donner à bouffer au dragon. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'Anton Chigurh, le mal personnifié, le suit de près. Le chevalier, assiste impuissant et caché, au meurtre du dragon par Chigurh, à l'aide d'un pistolet à projectile captif. Malgré une envie pressante de jouer au bowling, le chevalier se retient et fonce pour délivrer la princesse. Celle-ci lui confie qu'Ulysse Everett McGill a déjà essayé de la sauver une fois, mais qu'elle préfère aller voir des conventions sur le divorce à Las Vegas. Lassé de cette emmerdeuse ressemblant à Catherine Zeta-Jones, le chevalier décide d'aller consulter quelques rabbins.

Le chevalier à la sauce « films d'actions » : le chevalier, en gros dur, est arrivé au château avec un bazooka, quelques AK-47 et une bonne dose d'humour. Après quelques pirouettes et l'utilisation de son arme la plus puissante, il défonce le cul de ce putain de dragon, démolit partiellement le château, et arrive enfin près de la princesse. Celle-ci est une bonnasse de type 175 centimètres, 55 kilogrammes, 85 C. Cédant à ses hormones, le chevalier l'attrape et la met sur son épaule pour la ramener chez ses parents, en espérant que sur le chemin, elle acceptera de lui faire une bonne petite pipe, et plus si elle n'a pas ses règles.

Le chevalier à la sauce « comédie romantique » : le chevalier, sur le point de se marier, est dépêché par le roi pour sauver sa fille du terrible dragon. Quelque peu embêté, le chevalier va néanmoins sur place, histoire de briller. Il tue le dragon par hasard, sans le faire exprès, et tombe amoureux de la princesse. La princesse et le chevalier passent une semaine merveilleuse avant de rentrer au royaume, où, après une dispute violente (le chevalier avait caché à la princesse qu'il avait déjà une gonzesse), ils se séparent. Le jour du mariage du chevalier, la princesse se pointe et balance au chevalier qu'elle n'est peut-être pas aussi bien que celle qu'il va épouser, mais qu'elle suce vraiment bien, promis juré, non pas craché, ce n'est pas son genre. Le chevalier se rend compte à ce moment-là qu'il doit épouser la princesse, largue sa future femme devant l'autel et épouse en grandes pompes la princesse.

Le chevalier à la sauce « films indépendants dramatiques » : le chevalier qui vient de perdre son emploi, sa femme, et sa dignité vient sauver la princesse qui est une lesbienne qui ne s'assume pas. Tous deux partent dans un voyage initiatique à travers le désert, qui va révéler qu'en fait, il en faut peu pour être heureux, je voudrais marcher comme vous, ouh ouh. Le dragon les rejoint également, lassé de son comportement de carnivore sadique.
Finalement, ils montent une société de pompes funèbres.

Le chevalier à la sauce « film d'auteur » : Plan sur la princesse de trente minutes : on peut la voir s'épiler, soupirer, écrire dans un cahier, aller pisser. Plan de dix minutes sur le visage du chevalier lorsqu'il arrive au château. Plan de vingt minutes sur le chevalier qui doit se décider à tuer le dragon. Plan de trente minutes sur la princesse qui guette, du haut du donjon, le chevalier. Puis, plus rien, plus d'argent, plus de plan, et pas de pierres, pas de palais.

lundi 6 septembre 2010

Shortcuts 1

J'inaugure la catégorie "shortcuts" des mini reviews qui vont droit au but, et qui mettent des cotes sur 5, soyons fous, Simone.


Nine ( 3/5) :


Guido Contini, célèbre réalisateur italien, n'arrive pas à écrire son nouveau film, appelé sobrement Italia, tant attendu par la presse et par le peuple. Son inspiration est bloquée par l'apparition fantasmagorique de sa défunte mère, sa relation conflictuelle avec son épouse Luisa, les sens en effervescence de sa maîtresse, et les souvenirs, les fantasmes qu'il traîne derrière lui, inlassablement. Guido ne vit plus que dans des fantasmes, que chacune des femmes campe.

Rob Marshall, il y a quelques années d'ici, avait enchanté la terre entière avec la comédie musicale Chicago. En 2008, il avoue préparer Nine, l'adaptation en comédie musicale de Huit et Demi de Fellini. Il dit d'ailleurs que son film sera un hommage au cinéma italien.
Promesse tenue : Nine est un hommage à proprement parler, c'est un film sur le cinéma italien, avec une légère touche américaine décelable. Daniel Day-Lewis est Guido Contini, ne fait plus qu'un avec le personnage, et embarque le spectateur dans une épopée émotionnelle, une fable psychologique sur un réalisateur qui en veut toujours plus. Le seul bémol? Les chansons. Alors que les chansons dans Chicago se retenaient facilement, collaient parfaitement, les chansons de Nine laissent un arrière-goût amer : on arrive pas à rentrer dedans, à l'exception de la chanson "Be Italian". Les actrices sont parfaites, Nicole Kidman taquine, Penélope Cruz est le sexe même, Marion Cotillard joue la lassitude, et Judi Dench brille de sagesse.
Il y avait de l'idée, une bonne réalisation, mais le problème réside vraiment dans les chansons.



Kick-Ass (4/5) :



Dave Lizewsk est une sorte de paumé qui, suite à une inspiration presque divine (grâce aux geeks qu'il fréquente on pourrait dire), prend la décision de devenir un super héros, même s'il n'a aucun pouvoir. Il devient Kick-Ass, qui, par chance, réussit à gagner un combat dans la rue, ce qui le propulse comme super héros star de New-York city, même mieux que Carrie Bradshaw et ses copines réunies. Tout se corse pour Dave quand à cause d'un gros quiproquo burlesque, un gros pseudo-mafioso se retrouve à ses trousses. C'est sans compter sur l'aide de Big Daddy, un ancien flic et Hit Girl, une gamine de onze ans qui pourrait casser la gueule à Mike Tyson en claquant des doigts pour ainsi dire.

Si vous vous attendez à un film de vrais supers héros, passez votre chemin, il ne s'agit que de gens "réels" qui veulent juste filer quelques coups de pied au cul des méchants trous de culs qui peuplent NY. Le film est très second degré, et dès lors, il faut prévenir les uns et les autres qu'il s'adresse à un public averti et perméable à l'absurde, et aux références "comics".
Plus du film : Mark Strong joue encore un gros dégueulasse méchant, on va finir par croire qu'il l'est dans la vie réelle tant il est convaincant.

lundi 11 janvier 2010

Minority Report Spielberg


2002, Minority Report, nouveau Spielberg, adaptation d'une nouvelle de Philip K. Dick datant de 1956, qui brosse le portrait d'une société, en 2054, à Washington, où le crime est maîtrisé grâce à trois précogs qui ont des visions des futurs crimes permettant à une équipe d'intervention spéciale dont l'agent John Anderton fait partie d'intervenir.

2054, Washington. Lamar Burgess est le directeur de la cellule anti-criminelle de Washington, qui, a mené à bien son projet de Précrime, l'assurance d'un monde sans meurtre. L'agent John Anderton, incontournable dans ce service, et haut-placé, est reconnu et fort apprécié par Burgess pour son talent, son assiduité.
Néanmoins, Anderton, bien sous tout rapport, solitaire dans l'âme, se révèle, la nuit tombée, toxicomane incapable de se faire à l'idée du décès de son fils, il y a de ça quelques années auparavant, fait qui l'a propulsé dans la lutte anti-crime prônée par Précrime.
Les ennuis de Précrime commencent avec l'arrivée d'un agent du ministère de la Justice, Danny Witwer, très perspicace et résolu à trouver une faille dans le système de Précrime. Mais le plus gros problème pour John tient dans le fait que la nouvelle prédiction des précogs le concerne : il va tuer un homme qu'il ne connait pas dans trente-six heures.

Minority Report est un film d'action sur quelques aspects : quelques scènes de combats, de course-poursuite, mais, c'est surtout un thriller, mêlant action, images subliminales, et enquête menée par John lui-même pour trouver qui il doit tuer, et pourquoi, tout en tentant de prouver son innocence.
Son innocence tient d'ailleurs dans le rapport minoritaire (minority report en anglais) : les trois précogs ne sont pas toujours d'accord, et parfois, une autre prédiction qualifiée de minoritaire (parce qu'elle montre une vision alternative, moins importante que les autres) sort, après l'émission de la prédiction majoritaire.

Le futur, n'est pas évident; il n'y a, pour ainsi dire, pas d'issues : partout, des scanners scannent vos yeux (la fuite est donc risquée pour John), vous identifient, la 3D n'a rien à voir avec aujourd'hui et semble même la réalité, on peut extirper des pensées des gens (enfin, des prédictions), et les précogs, trois individus issus de parents toxicomanes d'ailleurs, sont seuls au monde, dans leur bassin à la couleur lactée, traités avec du respect, certes, mais pas avec humanité : ils sont comme des machines, juste bonnes à sortir des prédictions, tout est fait pour qu'ils ne connaissent rien d'autre que leur monde intérieur, fait de visions.
Il y a bien sûr la question importante du film : peut-on arrêter quelqu'un avant qu'il commette un crime? N'y-a-t-il pas de libre arbitre, de situation qu'on peut renverser?
Le film tente d'y répondre, à plusieurs moments particuliers, pour illustrer le fait que la vie est un ensemble de possibilités, et que même si parfois ce qui semble mener à l'indéniable peut encore trouver un chemin inverse.

Côté décors, ambiance, le film est très bleu, très diaphane, et par son esthétique générale, ressemble plus à un songe qu'à une quelconque réalité (car, ce n'est qu'une nouvelle possibilité, finalement).
Les passages où John regarde des films en 3D (de son fils) sont même d'ailleurs bluffants, hypnotiques. A se demander si dans le futur, l'humain sera capable de faire pareil.
Peut-être que nous pourrons reproduire les mêmes véhicules (qui se dirigent seuls), les mêmes routes (qui vont même à la verticale), car, nous les avons vus dans ce film, c'est une inspiration, maintenant, cela entre dans le domaine du connu, il y a une possibilité de le reproduire.

Niveau casting, Tom Cruise n'offre pas une composition spécialement remarquable, il faut quand même souligner que par le scénario et l'aspect film d'action, ce n'est pas un film de jeux d'acteurs, c'est un film de lieux, d'endroits, de plans, dans lequel on entre comme dans un train qu'on prend en marche.
Colin Farrell lui non plus n'a pas un rôle d'envergure, mais sa façon d'alterner l'énervant (parce que forcément, le spectateur est amené à s'identifier ou à se ranger du côté de Anderton) et le sympathique déroute plus d'un averti.
Samantha Morton, en Agatha (un des précogs) a plus l'opportunité de montrer tout son talent, par des expressions faciales intéressantes, et un comportement très "autiste".

Malgré une longueur peut-être excessive, Minority Report reste le genre de films qu'on regarde presque comme un divertissement, dans le but d'acculer les indices. Un moment pour se laisser emporter dans un autre monde, meilleur ou pire peu importe.

lundi 4 mai 2009

Last Movies on HUGE SCREEN

X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood, avec Hugh Jackman

Quand le super-héros revient, les souris chantent, dansent et repartent au plus vite.


Il est rare que je reste de marbre face à un film. Soit j'aime, soit j'apprécie tout en étant déçue, soit je n'aime pas du tout. Wolverine m'a rappelé que je pouvais ne pas ressentir un quelconque sentiment ; en effet, le film est aussi plat que les assiettes à fromage de ma grand-mère.
Et pourquoi donc? Parce que le but sous-jacent de la sortie de nanar était de faire jaser les billets des adolescentes en chaleur qui crient avec toute leur libido "Oh, Hugh, prends-moi".

Bon, ok, mon explication peut sembler des plus triviales, mais je ne sais même pas quoi dire comme semblant de synopsis.
Essayons quand même.
Wolverine, c'est James, un petit gosse qui a découvert qu'il avait de très grosses griffes le jour où il a compris que son papa n'était pas son papa et que ce connard de vilain de Victor était son frère. Victor et James vont ensemble aller participer à toutes les guerres et se faire enrôler dans un super commando, une centaine d'années plus tard, genre en 1975, et puis, pouf, James aka Wolverine va se séparer de ses potes les mutants formant l'élite militaire parce que le goût du sang ce n'est pas son délire. Il revient à une vie calme jusqu'à ce que.
(Et puis, c'est le bordel. Quoi que le début est déjà un beau bordel).

Que mémoriser? Pas grand-chose, en vérité. Effets spéciaux bâclés trop souvent, histoire plus "nimportequoichaotique" qu'intriguante, personnages peu soignés dont la psychologie n'est guère existante. En gros : une grosse démonstration d'explosions, pour XX hystériques désirant le corps d'Hugh Jackman.


Plus d'infos sur ce film



The Boy in the Striped Pyjamas de Mark Herman avec Asa Butterfield


Bruno est un petit allemand de huit ans qui vit avec ses parents et sa soeur à Berlin, pendant la seconde guerre mondiale. Un jour, en revenant de l'école, il apprend que son père vient de recevoir une promotion et que toute la famille va déménager.
S'embêtant à deux cents à l'heure dans leur nouvelle demeure loin de tout, Bruno fait, en allant se promener là où ses parents lui ont interdit, la connaissance de Shmuel, un enfant juif, vivant de l'autre côté d'une immense barrière électrique.

Déclenchant les foudres des historiens qui n'en ont fait qu'une bouchée (les enfants juifs étaient gazés dès leur arrivée à Auschwitz), la fable de John Boyne était vouée à un échec tant elle était dépréciée par les grands experts. Pour l'adaptation cinématographique, on a volontairement supprimé le nom du camp, voulant rendre moins historiquement faux, et plus symboliquement universel.
Ici, il n'est pas question d'un enième film sur la seconde guerre mondiale avec du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau, mais plutôt du regard d'un enfant innocent sur les choses étranges que les adultes font.
The Boy in the Striped Pyjamas se veut un film pour enfants, mais aussi pour adultes. Les enfants y verront l'ennui mortel de Bruno (ainsi que son amitié avec Shmuel) tandis que les adultes se focaliseront sur la candeur avec laquelle les enfants décident consciemment ou non d'altérer leur perception, et la difficulté d'évoluer dans une relation se déroulant dans un climat hostile.

Un film tragique sur la fin, clouant sur place le spectateur, non pas pour faire l'apologie de l'aboutissement funeste, mais plutôt pour évoquer avec plus d'insistance le fait que tout le monde y est passé, bon ou mauvais, attendrissant comme Bruno ou non.


vendredi 19 décembre 2008

The Dark Knight de Christopher Nolan





Pour le moment, j'écris surtout sur des films de 2008, c'est vrai, mais ce millésime était si exceptionnel que c'est normal. Je pouvais les mettre en [Panthéon] aussi, mais je me suis dit que les [Panthéon] devaient être des films antérieurs à 2006. Pourquoi? Comme ça, j'avais envie.

The Dark Knight de Christopher Nolan. En voilà un film qui va laisser une trace monumentale sur les films d'actions, car, justement, ce n'est pas vraiment un film d'action comme les autres : il ouvre la porte à quelque chose de nouveau. Pour continuer dans la confidence, il faut savoir que j'ai apprécié Batman Begins mais le souvenir des Burton restait trop dans ma tête. Avec The Dark Knight, Burton est loin, dans son univers noir et gothique, très loin. Pour ceux qui ne lisent pas entre les lignes, je ne critique pas Burton, je dis juste que The Dark Knight a définitivement prouvé qu'on ne compare pas deux styles aussi éloignés l'un que l'autre.

Revenons-en à nos moutons. The Dark Knight est donc la suite de Batman Begins, la plongée dans l'action, dans le présent, dans les vrais emmerdes bien pénibles alors que le premier opus était surtout un prologue pour nous expliquer pourquoi le gamin plein aux as voulait se déguiser la nuit venue. Le nouvel ennemi de l'homme qui se prenait pour une chauve-souris est donc le Joker, le type le plus psychotique et incontrôlable qu'il puisse exister.
Au-delà de l'histoire de confrontation entre les deux principaux protagonistes, il y a la période de doute chez le croyant : Bruce doit-il arrêter de faire joujou avec ses gadgets afin de vivre quelque chose de normal (qui rime avec Rachel, de préférence)? Plusieurs intrigues secondaires sont également présentes, et pour n'en citer que deux très liées : la relation entre Harvey Dent et Rachel (le grand amour de Batman), et, l'avènement de Double-Face. Voici donc les grandes lignes.


Dans Spiderman, on nous livre toujours la célèbre citation du tonton à Peter Parker qui allie avec poésie un certain sens de la réalité. Un grand pouvoir implique des responsabilités, Peter. Donne-moi une part de pizza tant que tu y es.
Dans Batman, la question de la criminalité, du besoin d'avoir un héros auquel on fait confiance revient au centre des préoccupations. D'ailleurs, à la fin du film, un choix immense s'imposera à l'homme au costume moulant ( en fait, quelques-uns mais un est crucial pour le ... troisième opus?).

Nolan est un virtuose qui compose son oeuvre en respectant un certain tempo qui permet de longues phases où le spectateur reste en haleine, des passages drôles, et le soupçon d'introversion nécessaire pour nous faire comprendre qu'il n'y a pas que de l'action, il y a aussi des sentiments derrière les muscles de Bale. Des scènes sortent du lot, spectaculaires, psychotiques, le Joker est un immonde "chien fou" qui n'en fait qu'à sa tête, pour son simple plaisir, sans motif particulier. Un vrai danger donc.

Mais parler de ce film m'épuise déjà. Tant d'encre a coulé pour vous décrire le jeu sublime de feu Ledger, le sourire ambivalent d'Aaron Eckhart, l'air mutin de Christian Bale (et sa grosse voix quand il joue son rôle de vengeur masqué), la délicatesse de Michael Cane, et j'en passe. Alors que rajouter si ce n'est que pour une fois, un film mérite son succès?



Bande-annonce :



Plus d'infos sur ce film