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jeudi 3 mars 2011

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True Grit des frères (Karamazov) Coen

True Grit est le remake du film de Henry Hathaway (sorti en 1969, avec John Wayne, Robert Duvall, Dennis Hopper), mais aussi une relecture du roman d'où le film est tiré.
Jeff Bridges, aka the Dude pour les fans des Coen, campe le rôle autrefois joué par John Wayne : celui d'un homme solitaire, bourré, et rude en apparence.
Les seconds rôles sont assurés par Matt Damon en bon justicier, Josh Brolin en salopard de première, et Barry Pepper en chef de gang : un putain de casting pour un film immense.
True Grit est un western à l'ancienne (mais avec les moyens d'aujourd'hui), cocasse, cynique, et l'occasion de se faire remarquer pour la petite Hailee Steinfeld, parfaite dans le rôle d'une jeune fille qui cherche à venger son père en sollicitant l'aide d'un marshal « avec du cran ».
Les frères Coen sont les surdoués du cinéma : ils ont le don de s'atteler à n'importe quel genre de film et d'épater le public par leur maîtrise des codes, des règles, de la magie du septième art. On reconnait bien leur patte dans True Grit, avec leur humour omniprésent et leur souci du détail.




Raiponce de Byron Howard et Nathan Greno

La grande question que les studios Disney se posaient avant de faire Raiponce était la suivante : est-ce que les studios Disney pouvaient créer une oeuvre originale, à la cheville de ce que Pixar a l'habitude de faire?
La réponse à cette question est oui, un grand oui : visuellement, ce dernier opus de Disney est très travaillé, et véritablement beau, certaines scènes sont vraiment bluffantes et féeriques. Le personnage de Raiponce n'échappe pas à l'attitude Disney : c'est une princesse, mais elle ne le sait pas, est « mignonne », et pourtant, elle n'est pas (trop) gaga (dans le sens premier, pas dans le sens de la chanteuse ovni).
Disney peut toujours bien nous surprendre, heureusement. Raiponce est un dessin-animé très drôle, humoristique à souhait, et d'une qualité esthétique non-négligeable.

samedi 10 juillet 2010

Toy Story trois



Il est rare que les suites surpassent les premiers opus, dans le monde du cinéma. Bien sûr, on dira que Le Parrain s’est bonifié pour le deuxième film, et que le troisième volet d’Indiana Jones est sans doute le meilleur de la série. Néanmoins, en règle générale, les scénaristes ont une bonne idée pour un premier film, l’appât du gain pour la suite transforme leurs cerveaux en masse informe et sans connexions synaptiques, juste bons à créer un plat réchauffé sans véritable dynamique.
Toy Story 3 pourrait bien être un de ces films qui se bonifie avec le temps. N’ayant vu que partiellement le premier – et n’ayant pas du tout accroché- et donc logiquement nié le deuxième, il s’agissait d’une découverte à proprement parler. A force de glaner des informations dans les bouches de plusieurs individus (constituant un échantillon aléatoire simple), j’en suis donc arrivée à la conclusion que Toy Story 3 devait être meilleur que le premier et le deuxième additionnés à un scone tapissé de clotted cream et de confiture de fraises.

Le premier Toy Story débutait sur une question importante : est-ce qu’un jouet peut être remplaçable ? Le jour où Buzz l’éclair est arrivé chez Andy, un petit garçon, ce dernier l’a préféré à Woody, son « meilleur ami », le jouet qu’il adorait. La grande question du film tenait dans la place qu’on pouvait donner à une nouvelle personne, à la jalousie.
Ici, dans Toy Story 3, le film débute sur la question du départ à l’université d’Andy : celui-ci, presque adulte, délaisse depuis des années ses anciens jouets, qui sont d’ailleurs déprimés à l’idée d’être probablement mis au grenier – ou pire à la poubelle.
Quel est le sentiment d’attachement d’un enfant à ses jouets ? Est-ce qu’en devenant adulte, l’enfant jette-t-il tout simplement ses jouets, reniant une part de lui-même ? Que deviennent les jouets après une vie bien remplie ? Peuvent-ils appartenir à d’autres ou doivent-ils rester fidèles à leur propriétaire ? Toutes les réponses à ces questions se trouvent dans le film, présentant d’emblée deux points de vue : celui de Woody, le fidèle cowboy, qui ne peut concevoir de passer sa vie loin d’Andy, et le point de vue des autres jouets, qui, eux, se sentent délaissés, oubliés, aspirant à devenir à nouveau des jouets à proprement parler.

Andy va partir à l’université dans quelques jours. Cédant à sa mère, il doit ranger sa chambre, et trier en trois sortes de caisses ses affaires : la caisse du grenier, celle de l’université, et enfin, la poubelle. Les anciens jouets d’Andy, entassés dans un coffre, craignent pour leur « survie » et essayent une nouvelle tentative désespérée pour capter l’attention du jeune homme. Alors que Woody, le cowboy, maintient fermement qu’Andy ne les jettera pas, Buzz, Rex, Jessie, Mr. Patate, Bayonne, Zig-Zag, sont convaincus du contraire et du fait qu’ils approchent de la retraite, malgré eux. Andy range ses affaires, et prend dans la caisse d’université Woody, tandis que les autres jouets atterrissent dans un sac poubelle, prévu pour aller au grenier. Bien sûr, tout ne se passe comme prévu, et la mère d’Andy apporte le sac poubelle dehors. In extremis, les jouets se sauvent, suivis par Woody, et se retrouvent embarqués dans une nouvelle aventure à la garderie, un soi-disant paradis pour les jouets, qui se trouve être plutôt un cauchemar à l’état pur -lorsqu'on est dans la classe des petits enfants- , orchestré par un ours diabolique et un singe effrayant.

Tout le monde connait Woody, Buzz, Jessie, Rex, Bayonne, Mr. Patate, qu'on retrouve avec un sourire ému, tant les personnages sont drôles, attachants, au point qu'on arrive à se dire qu'il faut qu'on récupère nos anciens jouets oubliés au grenier, alors qu'ils nous ont donné tant d'heures magnifiques. Le film suggère que justement, les jouets finissent toujours par retrouver une seconde vie : on les donne à nos petits frères et soeurs, à nos cousins, à nos voisins, à des enfants pauvres qui ne peuvent s'en acheter. Il y a un cycle de vie pour les jouets, qui, dépasse les limites d'une personne. Bien sûr, Woody, est convaincu du contraire : il ne vit que pour Andy, celui qui était son propriétaire aimant il n'y a pas encore si longtemps de ça. Cet attachement éloigne Woody de ses amis, pour qui, une autre vie est possible avec d'autres personnes. C'est une sorte de métaphore sur le deuil en général : dire aurevoir à ceux qu'on a aimé, à ceux pour qui nous n'avons plus la même importance.

Les nouveaux jouets introduits, et notamment l'ours en peluche Lotso, personnage riche et complexe du point de vue de sa psychologie, nous promettent des tranches de rigolade, et des séquences émotions. On note l'apparition très remarquée de Barbie – la poupée de la petite soeur d'Andy qui est donnée au début du film à la garderie – et Ken – ou le fils spirituel de Vincent Mc Doom et de Karl Lagerfeld – une sorte de dandy insupportablement fashion, qui donnera à tout le monde une crise d'asthme à force de rire.

En résumé, Toy Story 3 est un film à voir – la question de la 3D ne sera pas débattue ici, même si, foncièrement, elle n'était pas nécessaire. Une invitation à retourner en enfance, à éclater de rire devant Buzz en mode espagnol, devant Ken en séance de défilé de mode (si, si, avec une musique appropriée) : tous les ingrédients sont réunis pour faire de Toy Story 3 un grand film d'animation, drôle, émouvant, sincère, et qui laissera rêveur le public.

mardi 11 mai 2010

La princesse et la grenouille



En 2004, Disney annonce que « Home on the Range » (aka « La ferme se rebelle » pour les français) sera leur dernière production 2D, l'ère des dessinateurs via pc étant devenue plus importante que le coup de crayon/pinceau des artistes « classiques ».
Deux ans plus tard, le studio renait de ses cendres, et décide de s'atteler au projet de « La Princesse et la Grenouille » (ou « The Princess and the Frog »), dont la sortie est programmée pour fin 2009 début 2010.
Ron Clements et John Musker, qui, autrefois, ont écrit et réalisé notamment La Petite Sirène, Aladdin, et Hercule, sont chargés d'écrire et de réaliser ce nouvel opus, qui traite d'une jeune femme afro-américaine, à la Nouvelle Orléans, au début du vingtième siècle.
L'histoire est décrite dans les grandes lignes, grâce à quelques premières images rendues rapidement publiques : une jeune femme, habillée comme une princesse, embrasse une grenouille et... se transforme à son tour en grenouille.

Tiana, une jeune fille optimiste, poursuit le rêve de son père : celui d'ouvrir son propre restaurant. Amassant les pourboires, les salaires, depuis qu'elle travaille comme serveuse, elle se rapproche de son but, lorsque, suite à une échéance trop serrée, elle se retrouve embarquée dans une grosse fête costumée, donnée par « Big Daddy » La Bouff, l'homme le plus riche de la ville, père de Charlotte, une amie d'enfance de Tiana.
Simultanément, l'extravagant et insupportable prince Naveen arrive en ville, pour s'amuser, et trouver un mariage qui pourrait l'entretenir, car, ses royaux parents lui ont coupé les vivres. Chantant dans la ville, attirant tout le monde par sa bonne humeur, lui et son valet croisent le Docteur Facilier, un sorcier vaudou aux aspirations maléfiques, qui a « des amis de l'au-delà ».
Le prince Naveen est transformé en grenouille, et son valet se retrouve dans le corps de l'agaçant narcissique héritier de Maldonia.
Bien sûr, le prince Naveen et Tiana finissent par se retrouver au même endroit au même moment (à savoir à la grosse fête costumée de La Bouff), le fastidieux batracien la confondant avec une véritable princesse, il lui propose un gros roulage de pelle, et un pactole à la clef pour qu'elle puisse ouvrir son restaurant. Comme tant de nombreuses femmes, Tiana fait l'erreur fatale de le croire, et se retrouve avec de longues pattes vertes, et en état de danger, puisque tout le monde veut les tuer (et peut-être les manger avec un peu d'ail).
Les deux compagnons, malgré eux, sont embringués dans une aventure piquante, avec Louis, un alligator mordu de jazz, et Ray, une luciole parlant avec un accent à couper des saucissons gaumais. La destination de leur voyage? La repère de Mama Odie, une sorcière vivant dans les marais. Mais bien sûr, s'ils peuvent arriver là avant que Facilier et ses ombres démoniaques y soient avant...


Très drôle, hilarant, ce nouveau Disney introduit des personnages bien construits, intéressants : Tiana, une jeune fille émouvante, mais dure comme un roc, qui poursuit son rêve d'enfance tandis que Naveen, en grossier merle imbu de sa personne, peut surprendre tout au long de l'histoire, par ses capacités de maturation. Louis, l'alligator qui joue de la trompette, est un bon vivant attachant, dont le seul souhait est d'un jour pouvoir jouer en public, avec de vrais musiciens, sans que ceux-ci s'enfuient à sa vue. Ray, la luciole édentée avec sa façon de parler tellement particulière, assure la partie humour, tout en rendant les choses presque sentimentales. Même si on ne la voit pas énormément, Charlotte La Bouff est aussi très drôle, en gamine capricieuse mais avec un fond sympathique non négligeable.
Mais la partie d'un Disney qu'on ne peut jamais oublier, c'est le méchant. Loin d'être aussi charismatique que Maléfique dans la Belle au Bois Dormant, le Docteur Facilier est à mi-chemin entre Jafar d'Aladdin (physiquement) et le Seigneur des Ténèbres de Taram et le Chaudron Magique (pour le côté « total evil ») : il est effrayant, manipulateur, comploteur, et aidé par des forces obscures particulièrement monstrueuses (qui glissent sur le sol à une vitesse ahurissante).



Alors que les derniers Disney en 3D ont fait des flops (The Wild, Bienvenue chez les Robinson, Volt, star malgré lui), les Pixar continuent de progresser et de remporter un succès fou auprès du public ; on pouvait aisément se questionner sur la probable qualité d'un nouveau long-métrage. Le résultat est encourageant : La Princesse et la Grenouille présente une histoire combinant des thèmes amusants et presque philosophiques, dans un décor fabuleux (les bayous sont magnifiques, les dessins sont soignés) avec une bande-son à faire danser votre feu grand-père.


mardi 15 décembre 2009

Kuzco l'empereur mégalo


Quand on parle de Disney, l'image populaire veut qu'on pense aux anciens (Blanche-Neige, Cendrillon, Le Roi Lion), aux nouveaux (dont l'excellent UP des studios Pixar), et pas aux éternels oubliés comme Taram et le Chaudron Magique, ou même encore Kuzco l'Empereur Mégalo aka The Emperor's New Groove in english please.

Kuzco est sorti en 2000 et est un des plus gros flops de Disney, et ce, malgré des bons échos (Rotten Tomatoes l'évalue même à 85%), des critiques plutôt bonnes.

C'est donc, tout naturellement si je puis dire, que j'ai décidé d'en parler ici, pour tenter de convaincre ceux qui n'ont pas eu la chance de voir ce petit dessin-animé à mourir de rire.

Kuzco est un empereur mégalo, c'est dans le titre français. Il est ce genre de personne que le commun des mortel fuit, à cause de la puanteur de son égo. Si Kuzco était une maxime, il serait sans doute « Moi, d'abord, et après, la tempête ». Autrement dit, l'empereur est le pire des enfoirés, qui ne pense à personne d'autre qu'à lui-même, peu lui importe le malheur des autres, ce qui compte, c'est lui, et lui seul.

(Vous avez compris je crois)


Sa vie change le jour où Pacha, le gentil chef d'un village de son royaume, vient le voir, sur la requête de l'empereur himself. Très vite, Kuzco est clair : il veut savoir quel est le meilleur emplacement pour placer sa future piscine, car, le village de Pacha va devenir ... Kuzcotopia, le paradis de Kuzco, une superbe résidence secondaire.

Pacha s'en retourne, les mains dans les poches, jusque chez lui, ne sachant que dire à sa famille et ses voisins qui vont devoir abandonner leurs maisons.

Le même jour (il s'en passe des choses), Kuzco décide de renvoyer Yzma, sa conseillère (qui adorerait être calife à la place du calife), et cette dernière le prend tellement mal qu'elle juge bon de se venger, aidée de son fidèle Kronk, en tuant l'empereur!

Le plan est très simple : Kuzco est invité à dîner en compagnie d'Yzma et de Kronk, un poison étant dissimulé dans son verre...

Mais grâce à Kronk, le poison se révèle être en réalité de l'extrait de lama, ce qui produit un tout autre effet : Kuzco est changé en lama, et sur l'ordre d'Yzma, Kronk doit l'emmener loin de la ville et le noyer. En définitive, Kronk ne le noie pas, et Kuzco se retrouve avec Pacha pour de superbes aventures dans la jungle.

Bon, ce résumé un peu easy ne témoigne pas d'un véritable humour, je l'accorde. Pourtant, Kuzco, c'est un film qui se regarde du début à la fin en riant, entre les frasques égocentriquement narcissiques de l'empereur, le côté « gentil mec prêt à tout pour sauver son village » de Pacha, la crapulerie (ce n'est pas un néologisme, bien vu) d'Yzma, et la personnalité attachante de Kronk qui est « l'homme aux muscles sans cervelle mais sympathique dans le fond ».

C'est un Disney, il y a une petite morale derrière, dans le style « arrête de te prendre pour le meilleur, tu ne vaux pas plus qu'un autre, reste zen, fume un joint ». Non, pas le joint. Bref, on s'en doute d'emblée, Kuzco va inévitablement changer au contact de Pacha, le bien triomphe du mal, et Yzma va se manger la gueule d'une façon cocasse. C'est sûr. Mais bon, même si on connait la fin d'avance, le voyage tient la route (ici, on rigole).