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dimanche 14 novembre 2010

500 days of Summer : cinq bonnes raisons de voir le film



(Ceci pue le réchauffé, j'ai déjà parlé de 500 Days of Summer, mais un nouveau visionnement m'a convaincu de réitérer mon admiration pour ce petit bijou du cinéma indépendant américain : Voici donc les 5 bonnes raisons de le voir)

1.
La première bonne raison n'est pas Joseph Gordon-Levitt. Cela aurait été bougrement trop facile, comme si j'avais dit «la coupe sixties de Zooey Deschanel est au kitsch ce que ce vieux cochon décédé d'Henri VIII était à la tyrannie ». A la place, je préfère dire que la musique du film est la première raison de s'attarder sur le film. La plus belle chanson – enfin, une des plus belles chansons – des Smiths, à savoir, There's a light that never goes out, risque de rester dans votre tête pendant des heures, grâce à la scène hautement musicale de l'ascenseur. The Temper Trap figure aussi dans le soundtrack avec le magnifique morceau Sweet Disposition. Pour le reste, citons Regina Spektor et son Us très mégalo, She & Him reprennent Please, Please, Please let me get what I want des Smiths, et les Black Lips chantent Bad Kids. Du rock, de la tendresse musicale, ce qu'il faut de romantique, d'énergique, de drôle, de triste : à l'image de l'histoire d'amour entre Tom et Summer, un régal pour les papilles gustatives, Bonux, une question de bon sens.

2.
La deuxième bonne raison n'est toujours pas Joseph Gordon-Levitt, faut pas déconner non plus, son "dat ass" ne peut pas jouer en sa faveur éternellement.
500 Days of Summer s'apprécie encore plus quand on a déjà vécu une rupture douloureuse dans sa vie. Mais si, ne fais pas l'innocent, c'est un peu comme quand Simone t'a plaqué, en prétextant qu'elle préférait Robert; tout le monde sait bien que tu as touché le fond de la bouteille de Chimay, au sens propre ce jour-là. Les ruptures font mal, surtout quand on a cru dur comme fer que l'histoire avait un hypothétique avenir, que les papillons butineraient pour toujours nos ventres transis, et nos estomac repus. Tom, le personnage masculin du film, vit plus ou moins la même chose. Comme il le dit si bien : I love how she makes me feel, like anything's possible, or like life is worth it (= J'adore comment je me sens grâce à elle, comme si tout était possible, comme si la vie en valait la peine). Cette phrase prouve bien à quel point la douleur est intense, une fois que l'histoire est finie. Mais ne vous en faites pas, 500 Days of Summer n'est pas un film pour dépressifs/de dépressifs, c'est une approche drôle et touchante d'une histoire d'amour dont il faut bien un jour se remettre, comme de la hausse du prix du pain en Belgique la semaine passée.

3.
La troisième bonne raison, c'est le couple formé par Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel : ces deux-là vont parfaitement ensemble, ils sont le Ken et la Barbie des films indépendants, les symboles sexy indé de ce monde qui tourne si vite, qui change, mais qui reste un minimum romantique. Joseph Gordon-Levitt est d'une sensibilité telle qu'on lui tendrait bien un mouchoir quand il semble être sur le point de pleurer, et Zooey Deschanel montre une certaine vulnérabilité qu'on ne soupçonnait pas dans la première partie du film (puisqu'elle paraît quand même un peu salope). Quand les deux jeunes premiers occupent l'écran, on ne désire que les voir ensemble pour toujours, tant leur duo fonctionne avec brio (pour la rime). Ils rappellent un peu tous ces gens qu'on a connu de près ou de loin, qui nous effleurent parfois encore aujourd'hui : Tom est un peu le vieux pote du lycée qu'on retrouve avec les mêmes rêves de gosses qu'il y a dix ans, et Summer, elle est la voisine mystérieuse à qui on envie le style vestimentaire. Quand je vous disais que c'était le couple Barbie-Ken (mais sans la touche Toy Story 3 pour Ken).

4.
Certaines répliques du film valent le détour. Que ce soit dans un genre tordant, style :
Tom: I liked this girl.. man I loved her. What did she do? She took a giant shit on my face. Literally. (J'aimais bien cette fille... oh putain, je l'aimais. Et qu'est-ce qu'elle a fait? Elle m'a chié sur la gueule. Littéralement)
Alison: Literally? (Littéralement?)
Tom: ...not literally. That's disgusting. Jesus, what's the matter with you? (Non, pas littéralement, c'est dégueulasse. Putain, c'est quoi ton problème?)
Le film peut flirter avec le drôle, mais quelques fois, il fait presque dans le philosophique : il y a quelques réflexions cachées sous la couche principale, des petites questions sur l'amour, la vie à deux, le Hasard, les coïncidences, tout ça :
Paul: Robin is better than the girl of my dreams. She's real. (Robin (sa copine) est bien mieux que la fille de mes rêves. Elle est réelle)
En plus d'amuser, de faire rêver, le film pose quelques questions au spectateur, ce qui est un plus non-négligeable, comme une suédoise bien roulée qui habite en face et apprécie les soirées arrosées où elle enlève sa culotte aussi aisément que Maïté présente les produits gras à la télévision.

5.
500 Days of Summer n'est pas prévisible, ne tombe pas dans les clichés habituels, ce qui signifie, que c'est potentiellement un film pour mecs (et ne dites pas que ce n'est pas bien, pour une fois que ça n'est pas du mielleux sentimental à deux francs). Malgré ce détail, il faut quand même bien avouer – comme dit au point deux – que ce film s'adresse à tous ceux qui ont connu un ou une Summer, une créature maléfique qui a arraché notre coeur avec la dynamique des fluides en nous balançant comme un vieux kleenex de tuberculeux en disant "ah non, en fait, je commande le(a) prochain(e) en catalogue en ligne, je préfère, je peux ré-expédier plus facilement, sans frais de retour".

lundi 18 octobre 2010

ces femmes qui bottent le cul des mecs

Le monde du cinéma ne se laisse pas gouverner docilement par les hommes comme on pourrait le croire si facilement : les femmes ne se contentent pas souvent de tirer les ficelles derrière leurs pions de maris, d'amants, de collègues : elles incarnent parfois leur pire cauchemar, à coups de pieds dans la gueule, et de canon sur la tempe.

(Attention, ceci peut contenir des spoilers)

S'il faut parler d'une héroïne moderne qui sait défroquer les pires connards de la Terre, alors, parlons de Beatrix Kiddo. The Bride est un personnage crée par Quentin Tarantino et Uma Thurman, sur le plateau de Pulp Fiction. En plus d'être une redoutable tueuse, le personnage incarné à l'écran par Thurman est doté d'une force psychique inébranlable, pouvant presque survivre à tout. Bien sûr, les plus sceptiques répliqueront que revenge is a dish best served cold, que l'oxygène qui alimente les poumons de Beatrix fonctionne plus à la rage qu'à la force. Mais là n'est pas la question. Bien sûr, on peut se poser la question de savoir si le personnage de la mariée est un clin d'oeil à « La mariée était en noir », un film de François Truffaut où Jeanne Moreau, venge la mort de son fraîchement mari*.
Beatrix Kiddo était une tueuse à gage plutôt douée, qui, un jour, a malencontreusement découvert qu'elle était enceinte de son boss, Bill. Beatrix a donc quitté précipitamment les Deadly Vipers (ses comparses tueurs) pour mener une vie tranquille à l'abri des tarés psychopathes de ce monde, avec un type plutôt simple mais sympa. Le jour de leur mariage, Bill et les Deadly Vipers font une apparition mémorable, puisqu'ils tuent tout le monde, même Beatrix. Manque de pot, il en faut plus qu'une balle dans la tête pour tuer la jeune femme, puisqu'après quatre ans dans le coma, elle se réveille, avec une furieuse envie de buter tous ceux qui ont détruit son bonheur et l'ont privé de sa fille. Commence donc une suite de combats, d'affrontements sanglants, de katanas, de couteaux, de virées dans le désert, et de technique des cinq points.
Bien entendu, The Bride réussira, au terme de deux films culottés, qui seront des clins d'oeil à la culture cinématographique (des films de katanas aux western spaghetti), à se venger de Bill.
Beatrix Kiddo est un peu l'archétype de la femme que les féministes défendent : elle n'a peur de rien, veut protéger ce qui lui reste d'honneur, et n'hésite pas à dégommer le cul de ceux qui ont essayé de la clouer dans un cercueil. Rares sont des héroïnes si déterminées, si prêtes à tout (sauf Nicole Kidman dans To Die For, ok, pour le clin d'oeil), si fortes.



Kick-Ass était un des films phénomènes de l'année, proposant une autre vision des super héros. C'était également l'occasion de découvrir Hit Girl, celle qui te frappe avant que tu aies eu le temps de faire « ouille ». La jeune Chloë Grace Moretz prenait les traits de la gamine surdouée (dans tous les sens du terme), que ce soit en matière de "kick ass" ou de psychologie, de maturité. En plus d'être d'une rapidité et d'une efficacité à faire passer Jackie Chan pour un vendeur de journaux, Hit Girl est une jeune fille sensible, intelligente, qui a un sacré caractère et sait ce qu'elle veut. D'ailleurs, le célèbre Kick-Ass n'arriverait à rien si Hit Girl n'était pas là pour lui sauver les miches de temps en temps.

Côté cinéma, il n'y a pas que de bonnes adaptations : Charlie's Angels en est la preuve. Si le premier opus peut se targuer d'avoir Bill Murray et Sam Rockwell dans sa distribution, il n'y a aucune fierté à avoir du côté du scénario et de la réalisation. Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Liu ont beau avoir un joli cul, elles ne peuvent rien faire contre la médiocrité. Malgré tout, l'idéal de la femme tel qu'il est véhiculé par le film et la série permet même de faire une chanson, interprétée par les Destiny's Child, Independent Woman. On pourrait traduire cet idéal comme suit : les femmes gagnent leur argent, s'achètent leurs affaires, et n'ont plus besoin des hommes, même pas pour une vidange vaginale, elles ont sûrement un vibromasseur. Et en plus, elles peuvent très bien égaler les hommes dans diverses tâches.
Demi Moore, entièrement rénovée, a même participé au deuxième film, dévoilant sa nouvelle anatomie parfaitement corrigée, et devenant la pire garce de la Terre. Parce que figurez-vous qu'en plus, c'est son personnage qui tient les rennes de tout. Comme quoi, les femmes peuvent être plus puissantes et finaudes que les mecs.

Dans les femmes psychotique qui règlent le compte des hommes (et du reste), Catherine Tramell occupe une place privilégiée, tout comme, Catwoman (référence : Batman Returns, 1991). Selina Kyle, consumée par l'idée de se venger de son patron, a eu la chance d'être ramenée à la vie par les chats du quartier. Alors qu'elle tombe amoureuse de Bruce Wayne, Catwoman veut se venger de Batman, à coups de griffes. La sexualité est de mise, que ce soit pour Catherine Tramell qui n'arrête pas de cumuler les scènes suggestives, et pour Catwoman, dans sa tenue moulante noir qui rappelle le sado-masochisme. Outre cet aspect sensuel des personnages, ces deux (ou trois nous pourrions dire) femmes partagent une personnalité tordue et dangereuse : Catherine Tramell est une tueuse en série, et Catwoman nourrit des désirs mortels et destructeurs.
Et bien sûr, les hommes sont impuissants face à la ruse de ces deux prédatrices.



Une héroïne de la télévision devrait figurer ici : Buffy Summers est elle-même un symbole contradictoire de la féminité (telle qu'elle est véhiculée par les stéréotypes) : entre force de caractère/ force physique et sensibilité, elle semble être l'exception à la règle. Mais pourtant, ceux qui ont déjà vu la série Buffy The Vampire Slayer pourront témoigner du fait que l'affectivité dont la demoiselle fait preuve ne singe aucunement sa détermination, son endurance.
Buffy, c'est l'héroïne idéale : elle se sacrifie pour les autres, ne renonce jamais, sait ce qu'elle fait, et donne plus de valeur aux autres qu'à elle. Néanmoins, comme on dit vulgairement, « il ne faut pas la faire chier », sauf si on veut se retrouver à moitié mort.

Toutes ces femmes sont aussi létales qu'une dose de potassium dans le bras, rien ne peut les arrêter, pas même un sermon larmoyant du Pape, elles iront jusqu'où elles doivent aller, pour ce qu'elles jugent bon, ou tout simplement parce qu'elles l'ont décidé, et il vaut mieux pour le commun des mortels ne pas rester dans leur chemin.

* En réalité, Quentin Tarantino a dit n'avoir jamais vu le film de Truffaut. Il y a quand même de quoi se poser des questions, sachant que l'homme est un grand cinéphile.

vendredi 10 septembre 2010

comment expliquer le succès de twilight?


Comment expliquer le succès de Twilight?

D'abord nous devons commencer par quelques statistiques.
Ainsi, nous débutons avec le public visé : de 11 à 17 ans ; 68% des données se trouvent comprises dans cet espace. Très peu de données aberrantes à gauche de la distribution (les moins de onze ans) mais beaucoup de données à droite, jusque 22 ans. Ensuite, quelques données aberrantes (=extrêmes). La moyenne d'âge tourne autour de 14-15 ans.

Passé ce passage très mathématique, nous pouvons conclure comme suit : il ne faut pas un cerveau pour regarder Twilight mais la probabilité de tomber sur une adolescente de 14 ans qui aime les films est très proche de 1 (p = 0.9). Et en probabilités, on considère qu'un évènement a une probabilité de 1 s'il est certain qu'il va se produire (exemple : qu'Edward va dire à Bella qu'il est puceau -> p = 1)

Qu'est-ce que ce passage nous apprend? Que le public visé est donc jeune dans sa tête, encore bien mielleux, malléable, et sans doute propice à croire aux contes de fées.
Les contes de fées moderne diffèrent bien sûr des anciens : avant, il fallait tomber sur le bon mec, perdre sa petite culotte hello kitty avec, lui faire trois gosses et espérer que vingt ans plus tard, il ne finisse pas par troncher une gamine de dix-neuf ans dans la voiture familiale pour sa crise de la quarantaine. Le conte de fées moderne, c'est relatif, d'abord à l'éternité (qui (n')a (pas) peur de Virginia Woolf ou de la mort?), ensuite à la fantaisie, il faut sortir de ce monde désenchanté, tout est KO à côté, tous les idéaux, les mots. C'est un peu ça. Manque plus que Woody Allen fasse des films à l'eau de rose et bam, ça va faire des chocs qui piquent.
L'histoire de vampires gentils et aimants bourrés de fric tombe au bon moment : la crise fait peur, les maladies aussi, et la prof d'anglais quand elle oblige les anglophones à lire Pride and Prejudice, c'est la merde, it is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife (comme quoi Jane Austen avait tout compris).
Twilight répond donc aux attentes des adolescentes actuelles : une rencontre surnaturelle, du fric, pas de vieillissement dégueulasse incluant seins pendants et peau du cou très "sharpei", un type qui ne va pas coucher le premier soir et larguer comme une vieille chaussette après, une volvo rapide, du fric, une belle-famille sympa, et des nanas à poil (ah non, je délire, dommage).

Ceci n'explique qu'une partie de l'histoire ; Twilight véhicule d'autres images; nous commencerons donc par le Moyen-Age, parce que l'Antiquité, à part un ou deux mythes qu'on connait tous par coeur, il n'y a rien à dire.
Au cours du Moyen-Age, il y a eu la Chanson de Geste (encore appréciée par les ricains, et exploitée dans leurs films de guerre d'ailleurs), et l'Amour Courtois.
La Chanson de Geste n'ayant pas vraiment de valeur ici – si ce n'est pour relater comment la grosse fight finale a lieu entre les vampires et les vampires – nous parlerons plutôt de l'Amour Courtois.
L'Amour Courtois, c'est l'art d'aimer, de faire la cour, tout en restant chaste et pur, en laissant l'amour se consumer dans l'esprit, mais jamais en appliquant ses désirs dans un lit. L'homme doit faire une série de choses pour la femme, lui prouver son amour, mériter l'amour de la femme, et se raser ses testicules hirsutes de chevalier. L'auteure de Twilight semble avoir compris cette définition de l'Amour Courtois puisqu'elle l'applique parfaitement dans ses romans, à travers deux personnages : Edward et Jacob (parce que mine de rien, le petit loup-garou est aussi un grand romantique). Ces deux "chevaliers" vont d'ailleurs s'affronter pour gagner le coeur de Bella, diminutif d'Isabella, comme Isabelle de Castille ou Isabelle Adjani, ou alors je dois m'emporter, pardon.

Bref, deux histoires d'amour croisées, un choix rudement difficile à faire (entre un fromage blanc et des muscles, que faut-il choisir) et des tergiversations gamines qui durent des heures, même des centaines de pages pour ceux qui ont lu les romans. Tout ça pour choisir à qui donner son hymen.
Parce que bien sûr, Bella est aussi vierge que Sandrine, ta voisine qui ressemble à un bouledogue anglais un soir de St-Patrick, qui n'a jamais pu se faire sauter par Stéphane, parce que Stéphane, il préfère les blondes, les brunes ne comptent pas pour des prunes. Deux explications s'offrent à nous : ou Stephenie Meyer voulait écrire un hommage à l'Amour Courtois en dix mille pages pour un baiser chaste, ou, encore mieux, Stephenie Meyer, dans sa condition, est une grosse coincée du cul qui n'a pu résister à l'envie d'écrire son histoire d'amour parfaite pour faire rêver ses copines qui ont eu des histoires sentimentales aussi loseuses que les siennes?
Même si les connaisseurs répliqueront que Bella veut se faire prendre l'oignon - et même les tomates - par son cher Edward, il n'en reste pas moins qu'il faut un temps considérable avant que l'action se déroule.

Cette vieille valeur ancestrale du mariage refait surface quand Edward demande à Bella de l'épouser, pour pouvoir copuler en toute légalité, et même plus si elle s'épile l'entre-cuisses.
Il n'y a qu'aux USA qu'on croit encore véritablement au "je reste vierge jusqu'au mariage et je prie avant chaque repas", ce qui donne une touche anachronique à ce récit de vampires végétariens, forcément qu'on me dira, après tout, ils vivent à travers plusieurs époques, et Bella, dans un premier temps est aussi enthousiasmée par cette idée de mariage que Jean-Pierre Coffe par un régime sans sucre et sans gluten.
Edward est né dans une époque qui n'est plus : regardez le grand-tonton Gaston, qui n'a plus qu'une dent, et qui parle encore avec nostalgie de l'époque où les femmes portaient des corsets,- non pas pour faire les putes- mais parce qu'elles n'avaient pas trente-six solutions. Quand la vieille mentalité rencontre la nouvelle, ça fait des étincelles.
Et plus encore quand on parle de mariage.
Stephenie Meyer, une mormone, qui écrit une saga sur l'amour courtois, la fidélité, le mariage, c'est un peu comme Sarkozy qui parle de nettoyer au Karcher son appartement : un discours certes plausible, mais qui, cache bien plus qu'une simple tranche de rigolade.
Bon, la thèse selon laquelle Meyer voulait écrire un guide d'éducation sentimentale/sexuelle est sans doute absurde. Mais peut-être pas tant que ça, en fait.
(On me spoile que Bella et Edward finissent par baiser, mais que cela se fait dans la douleur pour la demoiselle : une preuve de plus que, le sexe, selon Twilight, c'est mal)

Au-delà de ces considérations sur les vieilles valeurs remises au goût du jour pour des adolescents de plus en plus fragiles et à moitié cons, n'oublions pas le poids non-négligeable de l'attractivité de l'immortalité.
Vous voulez survivre? Alors trouvez un vampire, le seul inconvénient c'est que vous devez dire adieu à tout le monde, à vos amis. Sinon, ils seront jaloux et il faudra les transformer aussi ; le bordel en perspective est tellement grand, que finalement, tant pis pour la tante Simone, de toute façon, on ne bouffera plus ses tartes au citron.
Être immortel, c'est bien, on ne change plus, pas de rides, et surtout pas la dégradation physique et mentale que les grands-parents doivent affronter un jour ou l'autre. Un autre facteur de malaise dans la société, dans la vie, tient au fait de l'incertitude de l'existence : personne ne peut être sur de vivre jusqu'à 80 ans, il y a les maladies, les accidents et autres qui peuvent survenir à n'importe quel moment. La solution de devenir vampire quand on le veut, ou de pouvoir l'être dans un moment critique, se veut rassurante pour les gens : au moins, on ne souffrira pas plus longtemps, et on peut être sûr de vivre tout ce qu'il y a à vivre sur cette Terre, du cinéma bidon aux chanteuses excentriques. Sauf que le premier plaisir, celui du palais, de l'estomac, ne sera plus possible. Mais pour être beau/belle, on peut se priver de bouffer, ce n'est pas ce que font les anorexiques?!

Tout ceci n'explique que partiellement le succès de Twilight, il y a d'autres variables à prendre en compte, dont celle de Robert Pattinson, considéré comme le "plus beau mec de la Terre hihi" par les adolescentes qui n'ont jamais été des références en matière de goût. Ou même Taylor Lautner, qui a pris du muscle et du zizi, ce qui n'est pas pour déplaire à pas mal de jeunes donzelles.
Les niaiseries adolescentes ont toujours existé, que ce soit les yéyés des sixties, ou encore Premiers Baisers/Hélène et les Glaçons début des années nonante. Il semble donc que les adolescents aiment les bêtises, comme Justin Bieber, Hannah Montana, Twilight, qui représentent bien leur univers bourré d'hormones et d'illusions puériles. Sans doute un autre moyen de s'évader du monde qui est trop dur pour eux.