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jeudi 23 décembre 2010

Cinéma Royal Part I

(The Tudors, saison trois)

J'inaugure une nouvelle thématique – influencée par mon goût pour l'Histoire – concernant la représentation de la royauté au cinéma depuis ces dernières dix années : pour la première partie, nous explorerons le portrait du célèbre Henry VIII en passant par la série The Tudors et le film The Other Boleyn Girl. La deuxième partie se centrera sur les deux films dépeignant la reine Elizabeth I (la fille du roi Henri VIII pour ceux qui ont du mal à suivre), tandis que la troisième partie sera sur le film The Young Victoria. Enfin, la quatrième partie parlera du film Marie-Antoinette, pour la représentation franco-autrichienne.

Pour ceux qui ont séché les cours d'Histoire :

La situation politique de l'Angleterre, avant le règne d'Henry VII, ressemblait à un casse-tête chinois : la guerre des Deux Roses (une histoire de succession au trône) ne prit fin qu'en 1485, année où le père d'HenryVIII, appelé très sobrement Henry VII, triompha à la bataille de Bosworth Field contre Richard III. Après cette victoire, l'ère des souverains Tudors débuta (elle se termine avec le décès d' Elizabeth I en 1603).
Henry VIII n'était pas promis au destin de roi : son frère aîné, Arthur (sans table ronde) devait porter la couronne ; la vie en décida autrement puisqu'Arthur décéda en 1502, alors que son père Henry VII régnait toujours. Le roi demanda au Pape une exemption pour que Catherine d'Aragon – qui se déclarait toujours vierge -, la veuve d'Arthur, puisse épouser le nouveau promis au trône, Henry VIII.
Henry VIII devint roi à dix-huit ans, en 1509.
Des six mariages qu'Henry contracta, il eut seulement trois héritiers (qui montèrent tous sur le trône) : Mary I, Elizabeth I, et Edward VI.

Que retient-on du règne d'Henry VIII?

Aujourd'hui, le nom du monarque renvoie inéluctablement à ses six épouses dont deux furent, sous ses ordres, décapitées.
En dehors de cette tendance à se marier à tort et à travers, il s'agit d'un des règnes les plus sanguinolents : nombreux furent les sujets accusés de « haute trahison » (et ici, haute trahison est synonyme de décapitation, de bûcher, de pendaison, de torture et même pire). Tout ceci se passait bien sûr à la Tour de Londres (Tower of London), l'antre du massacre politique; parmi les plus célèbres victimes du règne d'Henry Tudor, on peut citer ses deux femmes, Anne Boleyn et Catherine Howard, l'humaniste Thomas More, Thomas Cromwell (qui fut ministre du roi pendant presque dix ans), etc.
Henry VIII est peut-être un des rois les plus notoires, mais pas pour de bonnes raisons : au moment de son décès, ses caprices avaient réussi à faire de l'Angleterre un cavalier solitaire (puisque le roi avait été excommunié par Rome, suite à son divorce avec Catherine d'Aragon pour épouser Anne Boleyn) du point de vue religieux, et sa mégalomanie égoïste avait ruiné le pays.
Pour l'anecdote, la vie sentimentale d'Henry VIII a inspiré le conte sanglant « Barbe Bleue ».

The Tudors – une série haute en couleurs

Michael Hirst est un nom qui ne devrait pas vous être inconnu si vous aimez les films sur l'Histoire d'Angleterre : il est le créateur de la série des Tudors, mais avant cela, jouissait d'une réputation dans l'écriture de scénarios de films historiques comme Elizabeth (1998) ou Elizabeth : the Golden Age (2007). Le but de la série est de dresser un portrait d'Henry VIII, en allant de sa rencontre avec Anne Boleyn en 1525, jusqu'à sa mort en 1547. Décrivant les histoires sentimentales d'Henry, la décadence de la cour, la situation politique internationale, et bien sûr, les guerres de religion ; en plus d'avoir un aperçu sur la vie du monarque, c'est un véritable diaporama de l'époque des Tudors qui se déploie sous les yeux du spectateur.
Les costumes, les décors ont été conçus avec un soin particulier du détail, pour sembler plus réalistes, crédibles.
The Tudors se compose de quatre saisons, trente-huit épisodes d'en moyenne cinquante minutes : c'est une série longue, qui a demandé d'importants moyens. Outre son budget conséquent digne de la production d'un film (ou même plusieurs), la série se targue de son casting alléchant notamment composé de Jonathan Rhys-Meyers (Henry VIII), Henry Cavill (Charles Brandon, duc de Suffolk), Callum Blue (Sir Anthony Knivert), Jeremy Northam (Thomas More), Sam Neill (Cardinal Wolsey), Peter O'Toole (le Pape Paul III), Alan Van Sprang (Sir Francis Bryan), etc.

Comment Henry VIII est-il décrit dans la série?

Sa psychologie s'empire, au fur et à mesure des saisons. Dès la première saison, le mot d'ordre est donné : Henry VIII a un foutu caractère, est capricieux, et profite bien de sa position dans la société. Il ne « visite plus la couche » de sa femme Catherine d'Aragon qui lui est entièrement dévouée, et partage son temps entre la chasse et la drague intempestive dirons-nous. Sa politique internationale est gérée par le cardinal Wolsey, et le roi a beaucoup de mal à accepter de faire la paix avec l'Empereur (le neveu de sa femme), et François I.
Henri VIII manigance son premier divorce parce qu'il désire faire des galipettes et avoir des enfants légitimes – un héritier mâle - avec Anne Boleyn et évince donc Catherine d'Aragon en tirant la langue à Rome. La réforme religieuse peut donc commencer, et l'entourage du monarque se fait protestant. L'Angleterre entre dans une phase d'instabilité générale, rythmée par les différentes épouses du roi, ses différents conseillers, et sa peur de vieillir, de mourir sans une descendance masculine.
La série évoque aussi le caractère versatile des relations que les gens de la cour entretiennent : un jour ils s'aident, le lendemain ils se tirent dans les pattes. Le roi est bien évident pareil : il agit souvent par hypocrisie, et par intérêt, il change d'avis comme de chemise en matière de politique internationale, en fonction de ce que les français et les espagnols font.
Pour témoigner d'un point de vue « privé » de cette nature lunatique, il suffit d'observer comment Henry VIII agit vis-à-vis de ses deux filles, Mary (aka Bloody Mary, fille de Catherine d'Aragon), et Elizabeth (aka The Virgin Queen, fille d'Anne Boleyn) : il les traite en princesses royales, les répudie, ne leur verse plus rien, puis les rappelle à la cour.
On pourrait résumer l'esprit du roi en ces quelques mots : il s'aime, il se considère comme digne, et ne tolère pas qu'on le salisse, même d'une éclaboussure microscopique et involontaire.

De quoi parle le film « The Other Boleyn Girl »?

Contrairement à la série the Tudors qui parle d'une grande partie de la vie d'Henry VIII, The Other Boleyn Girl se centre sur un passage de la vie de l'illustre roi, et même plutôt d'un passage des vies d'Anne et de Mary Boleyn, respectivement sa femme et sa maîtresse.
Le film raconte comment Mary et Anne Boleyn se sont disputées les faveurs du roi ; alors qu'au début de l'histoire, Mary devient la maîtresse du roi et agit de façon discrète, Anne est en France. Quand Anne apparaît à la cour anglaise, elle subjugue par son esprit, son physique et son charme Henri VIII qui tombe fou amoureux d'elle, au point de rompre toute relation avec sa soeur, Mary (qui vient de mettre au monde un fils, conçu sur la couche du roi) et de mettre l'Angleterre à feu et à sang en se détachant de Rome.

Est-ce historiquement valable?

En grande partie, non. The Other Boleyn Girl est d'abord un livre de Phillipa Gregory, très romancé : la rencontre entre Anne et Henry VIII ne s'est pas passée du tout comme dans le livre, et le portrait de Mary Boleyn n'est certes pas très ressemblant à celui dont les historiens parlent.
Il semblerait qu'en effet, Henry VIII ait usé sa royale couche avec Mary, mais contrairement à ce que le film laisse croire, la jeune femme était loin d'être innocente : toute la cour française, et même François I himself, étaient déjà montés sur la jeune anglaise.
Henry VIII, dans le film, est interprété par le séduisant Eric Bana, qui arrive tout à fait à convaincre de son poste royal. Néanmoins, en comparaison avec le Henry VIII de la série, celui du film fait pâle figure : il est terne et extrêmement malléable. A l'époque d'Henry VIII, certains ont pu tirer les ficelles du royaume, comme par exemple, la famille Boleyn, qui a influencé le roi, bien que celui-ci a toujours eu le dernier mot.
Un Henry VIII bien faible comparé à celui de la réalité, une Anne Boleyn jouée par une Nathalie Portman très orgueilleuse, une Mary Boleyn souillée d'inutilité et de niaiserie par une Scarlett Johansson pathétique: voilà le résumé de ce film, inégal, certes esthétiquement beau mais scénaristiquement à chier. Le majeur problème de The Other Boleyn Girl n'est finalement pas son casting féminin décevant (sauf Kristin Scott Thomas), ni son manque de véracité historique, mais le rythme avec lequel les évènements se succèdent : on insiste sur les fadaises sentimentales, et on éclipse complètement le bordel socio-politique qui découla de la décision du roi d'envoyer Rome se faire enculer par un baobab. C'est donc pour cela que le spectateur non-averti ne pigera pas pourquoi Henry VIII adopte vers la fin du film une gueule de prisonnier de goulag: les dernières vingt minutes du film abordent une période de quatre ans, riche en tragédies, qui sera résumée sommairement. On pourrait donc faire l'hypothèse que le film dresse un portrait psychologique des deux soeurs, plutôt qu'une description des faits : erreur et damnation, une coquille ne fut jamais aussi vide. La force de la série des Tudors est la richesse de la présentation psychique des personnages : ils évoluent, se transforment sous nos yeux. Même si la véracité historique n'est pas parfaite à cause de ce point de vue, la série se défend brillamment grâce à la profondeur de ses personnages, à leur complexité.

Au final, que faire si on veut en savoir plus sur Henry VIII?

Un nombre considérable d'ouvrages est disponible, que ce soit sur Henry VIII ou les Tudors. Pour les curieux qui ne veulent pas user leurs rétines sur des pages blanches, on peut vous conseiller de vous attarder sur la série des Tudors, un maximum fidèle à la « véracité historique ». Attention, ça décoiffe : scènes de sexe très suggestives, et tortures affreusement réalistes!
Si les Tudors n'est pas entièrement parfaite pour l'histoire d'Henry VIII*, elle donne un aperçu très réaliste de l'époque.


*Par exemple, les scénaristes ont choisi volontairement de changer le nom de Mary Tudor (la soeur d'Henry) en Margaret, afin d'éviter une quelconque confusion avec Mary, la fille d'Henry.














jeudi 17 juin 2010

Robin Hood

Robin Hood, mouture 2010, une vaste blague ?





Quand Ridley Scott a avoué à la Terre entière qu’il aimait se badigeonner le canal déférent avec de la crème fraîche chaque dimanche après-midi, et qu’il allait réaliser une nouvelle version de Robin Hood, une légende britannique qui a connu de nombreuses adaptations, tout le monde a retenu son souffle, comme à la piscine, quand on faisait semblant de couler, histoire d’être écarté.
The Adventures of Robin Hood de Curtiz, Robin Hood de Reitherman (ou la version Disney) et Robin Hood, Prince of Thieves de Reynolds étaient – parmi la multitude de films sur le héros – ceux considérés comme références principales, et un énième opus ne semblait guère légitime.
Pour la plupart des gens, le film de Reynolds mettant en scène Kevin Costner était même vu comme une référence optimale – la conjugaison du comique et du dramatique avec une pincée de romanesque se mariant aussi bien que Charles et Camilla -, ne nécessitant pas une nouvelle version.
Alors, forcément, quand Ridley Scott a présenté son projet, l’emballement du public n’y était pas. Un nouveau Robin Hood, pourquoi faire ? On a déjà des baladeurs mp3 qui peuvent être vibromasseurs, alors quel intérêt ?!
Russell Crowe aurait même décliné le rôle de Robin, dans un premier temps, jugeant que cette nouvelle version n’avait pas lieu d’être, et qu’en plus, le scénario s’était fait sans historiens ou autres rats de bibliothèque fort utiles lorsqu’il s’agit de composer une oeuvre un minimum fidèle à l’histoire. Après des mois de lectures, de recherches, Crowe a finalement accepté le rôle, et le film a pu se faire, après une révision complète du scénario (ce qui rappelle l’histoire de Terminator 4).

Que vaut le film en lui-même? Il raconte l'histoire d'un hors-la-loi (forcément, c'est toujours une histoire de bad boy), enfin, d'une tête brûlée, Robin Longstride, qui, en France, assiste au décès de Richard Lionheart (un gros connard sans humour), et un peu plus tard, à une embuscade orchestrée par des français - aidés par Godefroy, un membre du gratin anglais, un peu traître sur les bords - visant à récupérer la couronne avant son arrivée en Angleterre, histoire que les français puissent niquer le prince Jean en toute beauté. Longstride et ses compagnons donnent des gros coups de pied au cul des français, font fuir Godefroy, et après une petite promesse à un noble mourant du nom de Locksley, ils décident de partir avec le bateau royal qui attendait les autres, comme ça, ils ne devront pas glander un an en France avant de rentrer sur leur île tant aimée. Un gros quiproquo digne d'un vaudeville - avec un peu plus de sang quand même - se déroule, Robin Longstride devenant magiquement Robert de Locksley. La troupe d'usurpateurs fait une entrée royale en Angleterre, en faisant du prince Jean le nouveau roi, bien malgré eux, mais comme ce sont de bons comédiens, ils jouent le jeu.
Robin, pris d'une crise de culpabilité, parce qu'en plus, il doit aller à Nottingham pour voir le père de Robert Locksley, décide d'honorer la promesse qu'il a faite à Robert, alors qu'il était mourant. A partir d'ici, l'intrigue se centre sur l'arrivée de Robin à Nottingham, ainsi que son installation là-bas, tandis que le spectateur assiste également à une représentation géopolitique de l'Angleterre : entre les caprices burlesques de Jean, et les crasses que Godefroy fait en dupant tout le monde, c'est un véritable portrait de la société, des problèmes politiques de cette période que le film Robin Hood dresse, avec beaucoup d'humour (à travers le personnage du prince Jean).

Russell Crowe mène la danse, offrant une composition à mi-chemin entre celle de 3:10 To Yuma et celle de Gladiator. Les mauvaises langues vont également dire que l'association Crowe-Scott est comparable à celle de Tim Burton et de Johnny Deep, et que Russell Crowe, il est sur son bateau et il tabasse les gens (si vous n'avez jamais vu d'épisodes de South Park, vous ne pouvez pas comprendre cette référence, dansons pour ne pas mourir).
Cate Blanchett a déjà eu des rôles du genre "femme forte, prête à tout, dure comme un roc anglais", dans Elizabeth, par exemple. Mark Strong, est habitué aux rôles de gros connard machiavélique de service, son visage reptilien aidant sûrement : dans Stardust, il terrorisait tout le monde, prêt au pire pour poursuivre son but, et, dernièrement, dans Sherlock Homes, il jouait les fauteurs de troubles.
William Hurt a un rôle certes important au niveau symbolique, mais presque pas présent, très sage, qui essaye de raisonner le prince Jean, l'irresponsable de service.
Seul bémol dans ce casting sans faute : Léa Seydoux, une actrice française jouant une française, qui a toujours la même expression blasée et le même jeu, quel que ce soit le film dans lequel elle joue.

Robin Hood n'a pas été bien accepté, du point de vue des critiques. On reproche au film d'aller dans tous les sens, de ne pas se centrer assez sur Robin, de ne présenter que la partie de l'histoire qui a précédé la légende, alors que ce qui intéresse Josiane, c'est la légende, l'homme derrière l'arc. Cette surexploitation du contexte historique pose également question : les gens voulaient du romanesque, de la poudre aux yeux.
Et il semblerait que ce ne soit pas la faute à Ridley Scott en particulier, mais aux adaptations de légendes : on va vers le plus réaliste, le plus contextualisé, le plus explicatif, on renonce au fantastique : comme exemple, King Arthur, en 2004, de Fuqua, qui oubliait les délires pornographiques de la fée Morgane, les tours de passe-passe de Merlin, le scénario peuplé d'orgies entre chevaliers, chevaux et dames. Bref, il semble que les légendes n'ont plus lieu d'être, qu'elles vont être remaniées, dans une version plus réaliste, un peu comme la télé-réalité, mais sans les nichons refaits.
Maintenant, l'autre problème est celui de la légitimité : comme dit précédemment, les films sur Robin Hood sont aussi nombreux que les opérations de chirurgie esthétique de Cher, certains des films faisant l'unanimité plus que d'autres. Alors que les affiches et les bandes-annonces commençaient à fleurir comme les allergies aux pollens, le peuple grondait dans sa barbe que zut, on s'en fout, ce sera pas aussi bien que celui avec Costner. A la sortie des salles, on pouvait même entendre c'est nul, celui avec Alan Rickman était vingt fois mieux, bon, on va se boire une bière putain?. Quelques fois, des avis plus sensés, qui disaient que ce n'était pas comparable, c'est un nouveau genre.

Il n'y a pas de véritable raison de décrire le film comme un navet, et pourtant, les critiques étaient aussi clémentes qu'Obama lorsqu'il s'adressait à BP à la Maison Blanche.
Bien sûr, le prince Jean mérite deux claques, est un peu ridicule par moments, le film est sans doute trop long, mais c'est une vision unique et originale de ce qui a mené à une légende archiconnue. Maintenant, à savoir si Ridley Scott aurait dû faire le film sur la légende en tant que telle et pas les prémisses, le débat reste ouvert. Voilà, on ne peut pas comparer ce film aux anciens, pour la simple raison qu'il ne traite pas du même sujet, du même moment. De plus, on peut déceler une sorte de morale cachée, très vingt-et-unième siècle, sur la liberté des hommes, leur besoin d'évoluer dans une société égalitaire pour être heureux.
Chaque film est un produit de son temps, de sa génération, de son époque. Le film de Reynolds résultait de l'effet héros presque surhumain, avec Costner, et celui de Scott, lui, reflète plus la société actuelle, qui semble se faire baiser par le gouvernement qui est constitué de traîtres et de gens ridicules (comme en Belgique), ce qui ne plait pas aux gens, parce qu'ils préfèrent les beaux gosses fougueux, pour leur faire oublier que putain, ils ne doivent pas rendre en retard leur déclaration d'impôts.

lundi 8 mars 2010

match point woody allen


The man who said "I'd rather be lucky than good" saw deeply into life. People are afraid to face how great a part of life is dependent on luck. It's scary to think so much is out of one's control. There are moments in a match when the ball hits the top of the net, and for a split second, it can either go forward or fall back. With a little luck, it goes forward, and you win. Or maybe it doesn't, and you lose



Match Point s'ouvre avec ce court monologue, qui apparait comme un soliloque, de Chris Wilton (Jonathan Rhys Meyers), ancien tennisman professionnel, reconverti en professeur particulier.
Son installation presque nonchalante à Londres, son admission dans une sorte de country club, sa vie recluse entre ouvrages intellectuels et disques d'opéra, se pimente lors de sa rencontre avec Tom Hewett (Matthew Goode), fils de parents extrêmement riches, vivant une existence cossue, faite d'opéras, de brunchs, de vacances dans la résidence à la campagne.
L'amitié naissante entre les deux jeunes hommes amène Chris à rencontrer la soeur de Tom, Chloe (Emily Mortimer), femme presque parfaite, bien éduquée, sensible, à l'écoute, qui, bien évidemment s'éprend du jeune irlandais ancien tennisman professionnel.
Néanmoins, les choses de compliquent pour Chris lorsqu'il pose les yeux sur Nola Rice (Scarlett Johansson), la fiancée de Tom, somptueuse aspirante comédienne d'origine américaine, qui fait tourner les têtes plus vite que son ombre.

Woody Allen, dans son exil européen, sort Match Point en 2005, qu'il considère d'ailleurs comme un de ses meilleurs films.
En effet, le film a glané, outre diverses récompenses, bon nombre d'avis positifs et satisfaits de ce film qui est tout sauf drôle, construit comme une tragédie shakespearienne, allant du bonheur et de la satisfaction initiale à la perte irrémédiable, touchant de nombreux protagonistes.
Cela dit, c'est avec beaucoup de cynisme que la fin est envisagée, attestant de son identité de "fable noire" sur l'ascension d'un personnage atypique dans un milieu, dont finalement, son coeur veut se défaire, mais pas sa raison – ou sa folie nous pourrions même dire -, le fait d'entrer dans la vie des privilégiés et voulant y rester, étant une certitude.



Chris Wilton est difficile à cerner, dans sa totalité, sa complexité. Il oscille entre deux mondes, celui du compréhensible et celui de l'insondable, en permanence. Sa décision de venir à Londres, n'est jamais sous-entendue, ou même rendue publique. Il s'est purement et simplement retrouvé par chance dans cette ville, c'est le hasard, une aubaine qu'il ait été engagé, qu'il a croisé le chemin des Hewett, et, qu'il a plu à Chloe.
La personnalité de Wilton reste énigmatique : on ne peut deviner ce qu'il va faire, ses motivations sont occultées, on ne sait qu'une chose : il ne tient pas à retourner au stade précédent, celui où l'argent pouvait être un problème, où il fallait compter sur la chance pour avoir un boulot (plaire ou ne pas plaire à un employeur, tandis que dans sa nouvelle vie, son beau-père l'a pistonné), et où aller dans des loges privées à l'opéra relevait du rêve.

I got involved with a woman. Very nice. Family's got nothing but money

Match Point ne consiste pas en une critique de la haute société, il n'y aucun parti pris, même si certaines scènes peuvent y faire penser : lors d'un repas au restaurant, au moment de passer commande, alors que Tom et Chloe n'ont aucun souci à demander des plats, qui, par leurs noms riment avec opulence, Nola est un instant hésitante, et Chris, lui, opte pour un poulet, très simple. C'est alors que les deux enfants de la balle lui font changer sa demande, la forme est plus importante que le fond, il vaut mieux paraître qu'être.
A partir de ce moment, si on fréquente la haute, il faut se plier à ce qu'elle mange, à sa façon de concevoir le monde, ne pas exhiber son passé simple. Beaux vêtements de marque, chauffeur personnel, grand appartement surplombant la Tamise, parties de chasse.



Si Chris Wilton finit comme enchaîné à sa nouvelle condition, ce n'est pas lui qui s'y est englué : Chloé a tissé chaque fil de la toile, encourageant son père à davantage forcer le jeune homme à se sentir redevable, mais sans que la jeune femme s'en rende compte.

Nola est bien sûr similaire à Chris : elle vient du Colorado, sa mère avait des problèmes avec la bouteille, la jeune fille a les pieds sur Terre, a besoin de quelques gouttes d'alcool pour délier sa langue, et même se prêter au jeu de la séduction avec Chris. Chris et Nola sont deux victimes de leur chance, deux pantins qui ne s'en aperçoivent même pas, pour satisfaire un bonheur qui n'est pas directement de leur ressort, malgré eux parfois. Peut-on quand même parler de chance pour eux?
Il est prévisible que ces deux êtres (Chris et Nola) nouent une relation basée sur une Passion sans bornes, que Chris ne vit jamais avec Chloe, même sous une forme atténuée, alors que Nola regorge de sensualité, de désirs insolites et de parties de jambes en l'air avec Tom. Mais la surprise ne réside pas dans les ébats, mais plutôt dans la conclusion de l'histoire, brutale, mais magistrale.

So tell me, what's a beautiful young American ping-pong player doing here mingling among the British upper class?

Woody Allen, très shakespearien dans son scénario, sa réalisation, son histoire, sa présentation de personnages, avait sans doute l'intention d'évoquer à quel point la vie tient parfois à une question de chance, être au bon endroit au bon moment. Un regard sur l'accession à une haute sphère de quelqu'un de presque anonyme, et les conséquences qui en découlent, surtout lorsque le tout est vécu par un homme qui a toujours invoqué son désir d'aller plus loin, de voir plus, persuadé que la vie devait lui apporter mieux.
Match Point est une incitation à l'opéra, à la volupté de Johansson, à l'étrangeté de Rhys Meyers, et à une réflexion sur le poids de la chance dans la vie.

lundi 23 novembre 2009

BIO - Charlotte Gainsbourg




Charlotte Lucy Gainsbourg est née des amours polémiques de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin, le 21 juillet 1971, à Londres. Amours polémiques médiatiques : ses parents sont à la une des journaux, la faute aux chansons érotiques qui découlèrent de l'album sorti en 1969 "Je t'aime... moi non plus", et aux scandales que Gainsbarre adore faire naître.
En parlant des tollés que Papa aime déclencher, il y a la sortie de la chanson Lemon Incest, chantée en duo avec Charlotte, en 1984, qui évoque la pédophilie, et l'inceste entre un père et sa fille, ou même encore le film "Charlotte for ever" (1986), sûrement autobiographique, racontant la dérive d'un homme ayant connu le succès qui n'est plus en vie que pour l'amour de sa fille appelée très sobrement Charlotte.

Née dans une famille d'artistes, il n'est pas étonnant que la petite Charlotte nourrit une passion pour le cinéma et désire devenir actrice : ses parents lui permettent de tourner des films alors qu'elle est encore très jeune, dont certains laisseront une trace indélébile dans la mémoire populaire ; "L'Effrontée" de Claude Miller (1985) lui rapportera une notoriété grandissante (il parait d'ailleurs que c'est en voyant la prestation de "la fille de" dans ce film que Sylvie Testud a décidé de devenir comédienne) et une récompense plus que convoitée : le César du meilleur espoir féminin.
Si les années nonante boudent un peu le talent de cette étoile franco-anglaise, elle s'illustre notamment dans "Jane Eyre" (1996) et "Merci la vie" (1990).
Ce n'est qu'en 1999 que Charlotte Gainsbourg revient au devant la scène avec une composition remarquable, celle de Milla dans "La Bûche", qui lui fait décrocher un nouveau César, en l'occurrence ici, celui de la meilleure actrice dans un second rôle.
Choisissant ses rôles, ayant une vie de famille (elle est mariée à Yvan Attal et tous les deux ont deux enfants), ses apparitions sont rares, et précieuses, bien que depuis 2004, elle se permet de tourner deux films par an.
Parmi les mets de choix de sa filmographie, il y a "Ma femme est une actrice" (2001) ,"21 grams" (2004), "La Science des Rêves" (2006) ou même "I'm not there" (2007).

En 2009, Charlotte participe au nouveau film controversé de Lars Von Trier, "Antichrist", qui, malgré un accueil des plus mitigés, offrira à son actrice principale le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes.



Charlotte Gainbourg, en bonne fille de ses parents, pousse aussi la chansonnette, et pas que sous la douche : sa première chanson, un duo avec son père, était "Lemon incest", en 1984 ; elle fera quelques apparitions sur l'album "Charlotte for ever". Ultérieurement, elle s'essaye un peu à tout, participant par ci, par là, pour Les Enfoirés, faisant une intro sur une chanson de Madonna, jusqu'à son duo avec Daho "If" en 2003.
En 2006, "5:55" sort, mêlant chansons dans langue de Molière, et chansons dans la langue de Shakespeare.
Le nouvel album de Charlotte, "IRM", est attendu pour la fin de l'année 2009.





(La vidéo de Lemon Incest, en duo avec Serge Gainsbourg)

samedi 15 août 2009

Last Movies on huge screen




Harry Potter and the Half Blood Prince de David Yates

A moins d'avoir été complètement sourd, aveugle, ou ermite, il est impossible de ne pas avoir entendu parler de la suite des aventures (sexuelles) du petit sorcier bigleux. Nous vivons dans un monde harrypotterien, qu'on se le dise.

Pour ce deuxième opus de Yates, sixième de la série et avant-avant-dernier puisque le dernier livre sera présenté en deux films (vous suivez toujours?), les critiques vont aussi bien dans le bon, très bon que dans le mauvais, très mauvais.
D'abord, sondage en salles ; entre ceux qui hurlent qu'ils voulaient voir le livre, que comme d'habitude, les trente milliards de détails insignifiants qu'ils s'attendaient à voir ont été ignorés, et les autres, qui acclament une réalisation innovatrice, un scénario relativement fluide et une histoire bien ficelée, il y a un monde.


Je vais tenter de ne pas céder à la tentation de dépeindre mon enthousiasme quant à ce niveau film, et concentrer mes forces dans une critique plus neutre. Miracle? Miracoli.

D'abord, il ne faut pas cracher dans la soupe, si, le casting de la crême de la crême britannique est réunie dans l'enceinte de Hogwarts ce n'est pas pour des prunes : c'est pour attirer le public, et assurer une certaine qualité, qui, selon moi, est fort présente, même si beaucoup de rôles sont effacés au profit de certains autres, comme celui d'Harry, de Dumbledore, de Malefoy, de Rogue, d'Hermione, et de Ron. Michael Gambon, en Dumbledore, livre une prestation très plaisante, sage mais précieuse et vitale pour cet épisode avec un certain twist final.
On note également aussi l'apparition d'Horace Slughorn joué avec brio et sournoiserie
par le débonnaire Jim Broadbent.

Au final, c'est un film qu'on pourrait qualifier "d'entre-deux", plus sombre que le cinquième, à part (parce qu'il parle d'une partie de la jeunesse de Voldemort), plus drôle (l'humour tient une place importante, surtout à travers les amourettes de Ron, d'Hermione et d'Harry), et certes plus psychologique ; on se centre sur moins de personnages, autant les soigner.

C'est pour l'instant mon préféré de la série. Mais ceci n'est qu'une confidence.
(Il faut dire que le sixième livre était déjà mon favori)