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jeudi 10 février 2011

le vieux fusil


Le cinéma français peut se targuer d’avoir dans ses grands classiques un film comme « Le Vieux Fusil » : une œuvre originale, portée par une interprétation magistrale d’un feu Philippe Noiret au comble de son talent, en 1975.

L’histoire du Vieux Fusil s’inspire d’un fait historique tragique qui a fait plus de six-cent victimes dans le Limousin, en 1944, à Oradour-sur-Glane. Sur base de ce fait, une histoire a été brodée pour permettre au personnage de Noiret de sombrer dans une vengeance aussi glacée que chronométrée : au nom de son amour perdu, Julien, l’homme que Noiret interprète, se prête au même jeu que les nazis : celui de la tuerie cruelle, silencieuse, en apparence arbitraire.

Si cette première approche de l’œuvre cinématographique peut sembler limitée à la modalité du meurtre méthodique, cela ne suffit pas à rendre compte du film, qui, dans son entièreté, respire, pourtant, l’amour, la passion, la tranquillité.
La réalisation mélancolique de Robert Enrico et le montage excellent d’Eva Zora forment un duo formidable qui laisse transparaître cette existence discrète et heureuse d'avant le drame qui renversera tout.
Soulignons aussi le couple touchant formé par Philippe Noiret et Romy Schneider, qui, incarnent à l’écran, avec grâce, et sensibilité les héros tragiques d'une histoire funeste.
Le Vieux Fusil n’est pas qu’une énième histoire sur un drame de la seconde guerre mondiale, et encore moins une représentation de la vengeance chez un homme ordinaire ébranlé par des circonstances extraordinaires : le film est une ode à l’amour, une ode à Clara, la femme que Julien aime de tout son cœur. Attention, le Vieux Fusil n’est nulle tirade niaise sur les pâquerettes : c’est l’histoire d’amour de deux personnes « banales » - dans le sens où il s’agit de deux humains qui aspirent à la paix, le calme, la vie tendre – , malheureusement séparées par des évènements dramatiques et barbares.
Il y a tant d’amour dans le film, que le spectateur se sent lui-même submergé par tant d’émotions, de souvenirs trempés de mélancolie. Il est naturel, sensé, que Julien et Clara seront séparés, leur couple déchiré par un deuil carnassier qui poussera Julien à retrouver le vieux fusil, son vieux fusil, qui lui servira à éliminer chacun des salauds qui l’a privé de sa femme. Dans ces moments de vengeance, de colère, de tristesse infinie, des instants du passé surgissent et rappellent à Julien pourquoi il aimait Clara, pourquoi sa peine est démesurée, et pourquoi il est juste d’annihiler ceux qui – sans s’en rendre compte – ont abattu les murs de son bonheur.

Le film est une succession de dualités : le présent et le passé se mélangent constamment ; on passe de l’un à l’autre, d’une façon logique et structurée qui permet au spectateur de ne pas être perdu dans l’histoire. Le passé se matérialise par l’introspection de Julien, dès le moment où il imagine ce qui a pu arriver à sa bien-aimée. Le massacre qui prend suite dérive donc de l’imagination de Julien : Julien se représente, difficilement, tragiquement, ce qui a pu arriver à Clara.
Et du cadavre de Clara éclot le souhait de retrouver le vieux fusil. Mais à chaque mouvement, à chaque étape franchie, à chaque nazi tué, Clara apparaît. L’observateur externe rencontre, au début du film, en chair et en os, vivante, étincelante, Clara, qui s’anime, et qui se perd sur un arrêt sur image horrifique, avant de se réanimer, sous nos yeux ébahis, en souvenir ensorcelant, rappelant que la vie vaut la peine d’être vécue. Même dans l’absurdité de la situation – le massacre du village, de sa fille, de Clara – les images qui hantent Julien suggère que sa vie valait la peine d’être vécue, d’être consommée, d’être exaltée : à chaque coup de feu, c’est une preuve de plus qu’on a pris à un homme ce qu’il avait de plus cher : l’amour, la tranquillité.
Le tranquillité disparaît le temps d’un instant dans la vie de Julien : le temps de prendre les armes. Et finalement, elle ne se dévoile que dans des séquences souvenirs. La première image et la dernière image du Vieux Fusil sont un clin d'oeil à cette tranquillité, à ce bonheur incommensurable qu'un homme a perdu : sa femme, sa fille, leur vie de douceur, de tendresse, de calme, de bonheur. Adieu le bonheur.

Un mot peut résumer le film : Passion. La passion qui commence le jour de la rencontre entre Clara et Julien, et qui prend toute sa signification quand Julien, après avoir pleuré, et cassé quelques objets se reprend et s'abandonne à la vengeance. Nous ne quittons jamais cette passion, cette flamme éternelle qui anime l'être de Julien. Même si le personnage semble nonchalant, il est véritablement exalté par ce coup de foudre qui l'a transformé en l'époux de Clara.

Le Vieux Fusil est un film qui emporte, qui ne laisse pas de répit, qui se savoure tristement. Certaines images sont très dures, et on ne peut qu'acclamer l'ingéniosité de l'équipe des effets spéciaux, qui, pour un film des années septante, a fait dans le réaliste.
Du point de vue des acteurs, Philippe Noiret fut couronné d'un César pour son interprétation magistrale, détonante de Julien. Romy Schneider est divine, son léger accent allemand lui donnant un petit charme exotique, alors que son visage est d'une beauté resplendissante, naturelle, douce. La voir à l'écran fend le coeur tant le personnage de Clara est une mine d'or, un mystère, une déchirure intérieure qui ne laisse pas indifférent. La cerise sur le gâteau de ce chef d'oeuvre du septième art est la musique inoubliable composée par François de Roubaix, entre mélancolie et bonheur. Une ode à la tranquillité loin de l'horreur de la guerre, à l'amour simple mais passionné, à la vie. Parce que même si le Vieux Fusil est une histoire de morts, c'est également une ode à la vie, au plaisir que procure l'amour, l'être aimé.

vendredi 26 mars 2010

dikkenek de Olivier Van Hoofstadt

Dikkenek ou sois belge et tais-toi.



Dans l'imagerie populaire méridionale, le belge est toujours un individu bourru, dont la panse regorge de bière, de fricadelles, de frites, et de sauce mayonnaise. Ses cheveux baignent dans la graisse, et son accent rustaud témoigne du peu de neurones qui peuplent son soi-disant cerveau.
Le belge, c'est un peu l'espèce de dégueulasse crasseux, gros (ou au ventre bedonnant), qui sourit jaune (si, si), et qui n'hésite jamais à crier partout comme un abruti en pensant délivrer la bonne parole intellectuelle.

Dikkenek, c'est une déclaration d'amour à la dégueulasserie belge. Claudy, aime les adolescentes nues, les animaux qui vont avec, la bière, Jean-Claude, le petit truand à la noix, parle plus haut que les hauts-parleurs du stade Roi Baudouin, et souvent pour dire des conneries. Les décors du film ont été étudiés pour illustrer la "beauté" de certains quartiers de Bruxelles. Histoire de rester dans le top du chic, à la fin du film, on va au Zoute, à la côte belge, pour un anniversaire mémorable.

Et même si une grosse partie du casting est d'origine française (Mélanie Laurent, Marion Cotillard, Dominique Pinon, Florence Foresti), les acteurs importants sont belges : François Damiens, Jean-Luc Couchard , Jérémie Renier. Le trio infernal ridicule qui vous donnera envie de vous taper violemment la main contre la tête en disant "putain, bien sûr, plus belge, tu meurs".
Parce que, comme l'introduction le disait si bien, c'est un film belge sur les belges pour les belges, même pour les français (et autres nationalités) pour qu'ils s'enlisent dans une vision figée dans la graisse du peuple belge.

Il n'y a pas d'histoire. Dikkenek, c'est une suite d'évènements, censés nous renseigner sur les personnages, qui, sont tous amenés à se rencontrer à un moment ou un autre, même si ça n'implique pas un échange de plus de trois mots, cinq phrases, deux bouées de sauvetage, une bière, Roger.
Claudy (François Damiens), dans une scène d'introduction mémorable, nous apprend qu'il gère les abattoirs d'Anderlecht, quand il n'est pas photographe amateur (voyeur), et qu'il ne se fait pas emmerder par sa mère qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Moby Dick, avec des cheveux. Stef (Dominique Pinon) est un paumé inintéressant qui colle toujours aux basques de JC. JC (Jean-Luc Couchard), il se prend pour l'autre JC, plus malin, plus roublard que les autres, il a une grande gueule sur laquelle on a furieusement envie de taper pour le faire taire. Et il baise les gamines esseulées. Natacha (Mélanie Laurent), elle fera comme sa tante, les doigts de pieds en éventail, à rien foutre, à se laisser manipuler par des gens contre lesquels une castration ne serait pas de trop. Nadine (Marion Cotillard), c'est une maîtresse d'école qui quitte son mari, qui abuse un peu trop des plantes spéciales qui lui font dire un tas de conneries. Greg (Jérémie Renier) est une sorte de "en veux tu, en voilà" qui pense être cool, in, mais qui en réalité, se fait bastonner tout au long du film. Laurence (Florence Foresti), flic, et lesbienne, est une excitée dans son boulot, toujours sympathique ceci dit. Enfin, Sylvie (Catherine Jacob), la tante de Natacha, a minimum trois balais coincés dans son rectum de petite bourgeoise satisfaite.
Et tout ce petit monde se retrouve pour des aventures sensationnelles, sous le soleil (et la pluie) de Belgique, entre deux frites, cinq joints, deux chopes, et un coït ininterrompu.

Dikkenek réussi son pari du film inintéressant, pas du tout drôle, aussi délicat qu'une réunion aux alcooliques anonymes, un samedi matin, à jeun, après la fête de la bière.
Quand Olivier Van Hoofstadt et Olivier Legrain ont écrit le film, ils devaient être sous ecstasy. Ou sous shnouf, tiens. Quoi qu'il en soit, le manque évident de scénario et l'envie de faire un long-métrage sur des bites, des couilles, de la vulgarité à deux balles, Mélanie Laurent en petite tenue, Marion Cotillard pétée, Dominique Pinon navrant de nonchalance, il fallait le faire. Des personnages creux, stéréotypés à mort, une intrigue inexistante (ajustée comme une série de petits gags sans rapport), de l'énervement en perspective.
Bref, si vous avez de la lessive à faire, mangez votre chat, ça vaut mieux que se taper vingt minutes de Dikkenek.

lundi 8 février 2010

je vais bien ne t'en fais pas

Lili rentre de vacances, heureuse, impatiente de voir son frère jumeau, Loïc. Mais non, Loïc n'est pas là, à l'attendre avec les parents, il ne sera pas non plus à la maison, avec sa guitare à composer des chansons pour sa soeur. Loïc est parti. Une dispute entre père et fils qui a mal tourné, qu'ils disent les parents. Une sensation amère remplie d'incompréhension chez Lili : comment son frère aurait-il pu partir, elle ne lui a rien fait, ils s'aiment, ils sont inséparables, comment il ne peut pas lui donner de nouvelles à elle, elle qui l'aime, elle qui souffre de son absence comme pas possible, elle qui arrête même de manger, sans le faire exprès, juste parce que c'est comme si l'oxygène lui manquait, plus rien n'a d'importance si Loïc n'est pas là, ça n'en vaut plus la peine, la présence de son frère, sa moitié, son double, est une nécessité, où est-il?



Adapté du roman d'Olivier Adam éponyme, Je vais bien ne t'en fais pas, est un film qui a accumulé les récompenses, surtout celles relatives aux jeux d'acteurs (Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier), amplement méritées, le film étant un de ceux qu'il faut voir deux fois pour vraiment l'apprécier, et mieux comprendre tous les petits détails qu'on ne croyait pas si importants, ou au contraire, primordiaux.
Mélanie Laurent est Lili, cette jeune fille paumée dans l'existence, Claire dans le livre d'Adam, cette petite personne perdue dans le trou dans le vie, ne supportant plus d'être, de vivre, d'admettre que son frère soit parti comme le vent souffle dans les dunes, emportant tout sur son passage, une peine infinie, un sentiment de vide que rien ne comble. Lili ne va pas se remettre de ce départ qui n'a fait aucun bruit, aucune éclaboussure si ce n'est celle qu'elle voit dans les yeux embrumés de ses parents, qui, mordent leurs lèvres, dévorées par la culpabilité, la trace de leur souffrance s'inscrivant dans chacun de leurs pas. Lili/Claire choisi de se laisser mourir, la vie n'ayant plus rien à lui offrir, si ce n'est le retour du frère prodigue, l'absolution accordée dès le moment où il lui dirait « je vais bien ne t'en fais pas ».

Kad Merad et Isabelle Renauld sont les parents de Lili et Loïc, deux personnages récurrents qui ont souvent l'air de fantômes qui déambulent dans leur propre vie, faute de mieux, inquiets pour leur fille, tristes que leur fils ne sont plus avec eux, que la situation s'enlise dans la morosité et la douleur. Après la séparation, supporter leur fille dépérir, puis se reprendre enfin, tout en ne vivant pas pleinement, les affecte au plus haut point. Le regard de Kad Merad est important, riche en mots qui ne se prononcent pas, sa voix semblant toujours vouloir s'arrêter, puis se reprendre, comme un dernier souffle avant d'avouer l'inavouable. Isabelle Renauld écope d'une démonstration de dramatique absolu, plus aucun sourire, plus aucun espoir, mais la volonté de se surpasser pour donner un exemple à Lili. La plus grande force d'une interprétation ne tient pas dans son côté dramatique, mais dans la quantité d'émotions qui semblent transpercer l'écran, fournir une nouvelle claque au spectateur, forcé de se rendre à l'évidence : la transcendance existe.
Par le scénario initial, les deux rôles les plus captivants sont ceux de Kad Merad et de Mélanie Laurent : deux personnages forcés de se reconstruire, de retrouver un sens malgré l'air ambiant qui empoisonne l'esprit, les motivations, les besoins vitaux. Cependant, Je vais bien ne t'en fais pas, n'est pas un film foncièrement triste. Il y a de l'espoir, de la joie, et même dans les yeux submergés, ou dans ceux qui vous aiment.
Julien Boisselier est le protagoniste, qui, au fur et à mesure ramène Lili à la réalité, attire la jeune fille vers la réalité, permute sa présence avec celle de Loïc, l’éternel absent, celui dont on parle tout le temps mais qui n’est jamais là. L’alchimie entre Laurent et Boisselier est même énigmatique, réelle, les deux acteurs étant, à cette époque-là, ensemble à la ville.
Mais peu importe, il n’en reste pas moins qu’on sort bluffé de ce duo mystérieux, interdépendant, amoureux.




« Je vais bien ne t’en fais pas » est un film qu’on regarde deux fois, comme dit plus haut. On apprécie ces phénomènes humains qu’une fois qu’on voit au-delà des apparences (il faut se détacher de ce qu’on voit, considérer une nouvelle dimension du problème, dissocier ce qu’on voit, ce qui se passe réellement, et ce qui se trame).

Philippe Lioret signe un drame avec enquête et quête de soi par une jeune femme désabusée, au plus profond de l’isolement qu’elle s’est elle-même fixé, qui ne promet qu’une chose : tenir en haleine jusqu’à la conclusion finale.

vendredi 29 janvier 2010

Le premier jour du reste de ta vie









Comme a été résumé un peu partout le propos du film Le premier jour du reste de ta vie, il s’agit de cinq séquences, cinq instants-clefs, cinq courants d’air dans un ordre chronologique, cinq moments décisifs dans la vie de cinq individus, cinq personnes de la même famille : le père, Robert (joué par Jacques Gamblin), la mère, Marie-Jeanne (jouée par Zabou Breitman), le frère aîné, Albert (joué par Pio Marmai), le frère au milieu, Raphaël (joué par Marc-André Gondrin), la petite dernière, Fleur (jouée par Déborah François).

Néanmoins, ces cinq évènements particuliers, même s’ils sont présentés du point de vue d’un personnage en particulier, présentent l’évolution des autres : il y a une continuité entre ce qu’on a vu et qu’il nous reste à voir, chaque personnage mérite de l’attention dans chaque partie : ainsi, le spectateur n’est pas oublié lorsqu’une intrigue se complique, il a déjà pu l’envisager car on esquissait une possibilité avant. Certains éléments reviennent d’ailleurs, tout au long des cinq moments, que ce soit le fait que le père n’arrête jamais de fumer, qu’un des fils se sente mal aimé de son père (comme son père envers le grand-père), que l’autre fils par sa position du milieu, soit à la dérive, à la recherche de repères. Qu’on ne me fasse pas dire que le film est en tous points prévisible, ou stéréotypé, mais plutôt, qu’il dresse des portraits, des scènes auxquelles on peut s’identifier volontiers, car les protagonistes existent dans des circonstances connues, des moments de la vie qu’on taxe de « crise de l’adolescence » ou « crise de la quarantaine », « crise d’identité ».



Résumer l’histoire ne sert à rien, le charme serait rompu, et cela serait fort dommage. Cela dit, sans risquer de tomber dans la case « spoiler », on peut quand même indiquer quelques clins d’œil : le film s’ouvre sur l’année 1988 (avec le départ du fils aîné pour la vie sans parents qui écoute l’Aventurier d’Indochine), Fleur est « grunge » et fan de Nirvana à l’époque où les Come as you are étaient chantés par un blondinet aux jeans sales.
Le premier jour du reste de ta vie arrive avec brio à enchevêtrer tragique, comique, dramatique : dosé très justement, on ne passe pas instantanément du rire aux larmes, mais on alterne les émotions, justement, sans s’emballer, en laissant le spectateur s’immiscer légèrement dans l’univers, sans qu’il se sente non plus trop impliqué. Certains personnages sont plus drôles que d’autres, d’autres plus attachants : particulièrement le père, qui, finalement, ne dit pas grand-chose, reste (trop) souvent flegmatique mais qui, par son jeu décapant, semble ressentir un tas de choses sur lesquelles on ne peut mettre de nom. Le personnage de Raphaël, tel qu’il est exploité dans le film, est un beau phénomène d’une certaine complexité psychologique.
En revanche, le seul reproche concerne Albert, dans sa façon d’être qui n’arrive pas vraiment à amener une quelconque sympathie, ou même empathie.

Outre le bon casting qui est vraiment toujours à la hauteur, et les moments drôles (ou même ceux moins drôles), Le premier jour du reste de ta vie reste un bon moment en perspective, faisant parfois très pièce de théâtre (puisqu’on soigne cinq personnages à l’extrême, on les façonne tant qu’on peut, au mieux qu’on peut).
Quant à la teneur du scénario, on pourrait en parler encore longtemps : si l’identification marche tellement bien, c’est parce qu’il s’agit de conjonctures réalistes, non pas stéréotypées, mais véridiques : les premiers chagrins d’amour ne sont pas ridicules ou, à l’opposé, d’un dramatique presque suicidaire, les relations père-fils très compliquées sont présentées avec neutralité, ne cherchant pas à pointer du doigt un coupable, et les relations mère-fille, explosives, montrent que la maturité arrive toujours, après la puberté.

Après Ma vie en l’air, Rémi Bezançon signe une chronique sur le thème de la famille, orchestrée en cinq phases décisives, jonglant avec des idées de maturation, d’évolution, de confiance, d’amour et d’humour lorsque le dramatique ne s’en mêle pas.

Extrait

mardi 5 janvier 2010

Agathe Cléry

Agathe Cléry est le sixième film d'Etienne Chatiliez, sorti en 2008, avec Valérie Lemercier dans le rôle principal, celui d'une blanche raciste devenant noire.

Si Etienne Chatiliez a pu se faire un nom dans le cinéma français, c'est avant tout grâce aux thèmes acides de ses films, remettant en cause des phénomènes de société - voire la société elle-même - , se moquant ouvertement des moeurs de la population.
Son premier film, La vie est un long fleuve tranquille, laisse indubitablement une trace dans la mémoire populaire, la grossièreté des Groseille, le puritanisme "trois balai dans le cul" des Le Quesnoy, ça vaut tous les cours de sociologie du monde.
Pour finir d'évoquer la filmographie de Chatiliez, c'est avec son deuxième film qu'il atteint certainement davantage le public, celui-ci dépeignant une vieille garce emmerdeuse, Tatie Danielle, le pire monument de cruauté et de méchanceté du troisième âge.
Bref, Chatiliez est un homme de son temps, qui aime les histoires d'actualité, fondements sociologiques : la famille, les classes sociales, le troisième âge, les enfants qui habitent encore chez leurs parents même à 28 ans, et maintenant, le racisme, l'acceptation de la différence, dirons-nous pour résumer.

Agathe Cléry c'est une femme moderne, active, promise à de hautes fonctions, qui fait ce qu'elle veut comme elle l'entend. Summum du chic, elle travaille dans les cosmétiques.
Sa vie change quand elle se met soudainement à prendre des couleurs, non pas la faute aux UV qu'elle ne fréquente pas, mais à la maladie d'Addison. Bien sûr, Agathe va devenir noire, et le devenant, elle perd tout ce qui rendait sa vie heureuse, puisqu'elle perd son mec, son boulot (d'une façon déguisée, dirons-nous), sa dignité (elle méprise les noirs). Ce personnage passe du blanc au noir (et oui), et fatalement, s'enlise dans une nouvelle réalité, parce que quand on a pas le choix, on ne peut faire autrement.



Malgré un sujet en soi très intéressant, et un début prometteur, Agathe Cléry déçoit. Non pas parce que c'est une petite comédie musicale (dosée d'ailleurs avec brio, on ne noie pas dans les chansonnettes), mais tout simplement parce qu'on ne traite pas le thème d'une façon qui puisse faire tilt. C'est une demi-teinte. Il fallait soit être plus corrosif, plus acide (forcer le côté horrible de la vie d'Agathe lorsqu'elle est de l'autre côté du miroir), ou alors plus doux, plus dramatique. Et encore, le côté dramatique hyper intellectualisé ne laisserait pas une impression suffisante.
Ne faisons pas l'apologie du cynisme, du sarcasme, mais parfois, pour traiter des sujets finalement graves (bien sûr Agathe version charbonnée sera bien sûr à son tour victime de l'intolérance, sinon ce n'est pas drôle), il faut forcer l'humour avec finesse et ne pas se contenter de faire d'une matière promise à beaucoup une comédie romantique de bas étalage.
On peut donc reprocher à Agathe Cléry de laisser un sentiment aseptisé, digne d'un film commercial américain sous-traitant des sujets, qui, par leur nature, demandent qu'on soit un minimum dans les extrêmes.

Agathe Cléry est très loin de l'époque où Momo regardait sa mère nue avant d'aller vendre l'argenterie, où madame Billard, à la question "elle est gentille ma fille hein?" rétorquait en bouffant son éclair "oui, mais... qu'est-ce qu'elle est laide". Néanmoins, ce n'est pas parce qu'on reproche au film d'être trop "gentil" qu'il est nécessairement mauvais, au contraire, il peut se targuer d'avoir un bon casting, quelques bonnes scènes de franche rigolade.
Etienne Chatiliez, en vieillissant, s'est assagi, s'est essayé sans doute au politiquement correct, comme tant d'autres réalisateurs, scénaristes, qui, avec le temps, font passer des messages plus calmes, avec moins de forme, et plus de fond. Mais pour que le fond soit délectable, il faut une forme, c'est même scientifiquement prouvé : les hommes préfèrent les femmes qui ont des hanches larges, propices à une meilleure procréation.

Quelles sont les causes de ce choix? Pourquoi jouer la carte du correct lorsqu'on peut enfin dire ce que des tas de personnes pensent à voix basse? En 2007, une étude du Bureau International du Travail rendait compte que la discrimination était encore bien élevée, puisque quatre sur cinq employeurs préféraient prendre un employé blanc qu'un de couleur, alors que la France, comme d'autres pays occidentaux, se prend pour le bastion de la tolérance, des libertés individuelles.
Pour finir cet article concernant le film Agathe Cléry, le propos qui émane de ma réflexion tient en quelques mots : le cinéma ne doit ni montrer la réalité ni montrer ce que la réalité devrait être ou même un simple fantasme (mais plutôt tout ceci à la fois), il doit rester à la fois un divertissement(dans tous les sens du terme) et un regard sur le monde (puisqu'à chaque film, nous avons un regard sur le monde dans lequel nous vivons, nous avons vécu, nous pourrions vivre). Une sorte de miroir déformé de la réalité.
Agathe Cléry se voulait être un regard sur notre monde "tolérant, évolué", qui s'avère être une façade. Au final, ce qu'il en reste, c'est une esquisse bubble-gumesque d'une réalité privilégiant le scénario facile (je me moque des gens – je deviens comme eux on se moque de moi – j'évolue positivement, je redeviens blanche, je suis cool et gentille), et cela est fort dommage.

mardi 24 novembre 2009

Mesrine : L'ennemi public numéro un de Jean-François Richet

2 novembre 1979, porte de Clignancourt à Paris, une BMW est arrêtée à un feu rouge, derrière un camion dont la cargaison est bâchée. Soudain, la bâche se soulève, et des policiers armés tirent en direction du conducteur de la BMW dont le corps est rapidement criblé de balles. Tout se passe très vite après : les journalistes arrivent, on filme, on prend des tas de photos de Jacques Mesrine, mort, toujours au volant de sa voiture bien qu'affalé, tandis que sa compagne, Sylvia est emmenée à l'hôpital, grièvement blessée.
On le crie, on le hurle : l'ennemi public numéro un est mort, il n'y a plus de raisons de le craindre, c'est fini.




L'Ennemi Public Numéro Un, est le deuxième film de Jean-François Richet sur la vie très riche en méfaits de Jacques Mesrine, relatant la période du retour en France du malfrat, en 1972, jusqu'à l'inévitable apothéose de novembre 1979.

Résumé rapide de l'Instinct de Mort : Mesrine, revenu de la guerre d'Algérie, peine à trouver un boulot avant d'être abordé par un ami qui lui propose de faire ses premières marques dans la criminalité en commettant de petits vols.
De 1962 à 1963, il passe du temps en prison et décide, à sa sortie, de se ranger. Néanmoins, les choses ne se passeront pas si facilement pour lui financièrement et, il retournera à des occupations plus lucratives et punissables par la loi.
En 1968, avec sa dulcinée, Jeanne, il part pour le Québec où ils tentent quelques mois une vie sans histoires, avant de tomber dans la case "kidnapping-rançon-braquage". Ils seront arrêtés, se feront la malle, retourneront en prison, et Mesrine réussira encore une fois à s'échapper, avec son ami Jean-Paul Mercier.

Dans l'Instinct de Mort, même s'il nage dans les délits, Mesrine aspire, à deux moments, à retourner à une vie normale, une vie avec ses enfants (début des années soixante), et un quotidien tranquille de type "boulot-sexe-dodo" avec sa compagne sur le continent Américain. Par deux fois, il échoue, la faute à pas de chance, la faute au Destin peut-être. Il est toujours plus facile pour lui de retomber dans sa routine de brigand.

Avec l'Ennemi Public Numéro Un, nous n'avons plus le même personnage : Mesrine est fier de s'évader autant de fois qu'il le veut, arrogant dans sa manière de s'exprimer quand il s'agit de son soi-disant honneur de bandit (il ira même, peu avant sa mort, jusqu'au meurtre crapuleux d'un journaliste, qui, selon Mesrine, n'avait pas respecté sa personne en le traitant de personnage sans honneur). Mesrine ne peut plus considérer son existence sans la touche de criminalité ; il a besoin d'argent, de vivre dans le luxe, de sentir qu'il est encore apte à faire chier le système (lors d'un procès, il n'hésite pas à se foutre de la gueule de tout le monde en sortant une clef de sa poche, qui, ouvre ses propres menottes et qu'il a achetée à un flic pour une belle somme), de pouvoir se faire arrêter comme il l'entend (quand il offre le champagne à Broussard, qui vient l'arrêter dans son appartement en 73, après l'avoir fait patienter une bonne vingtaine de minutes histoire que "ça se passe sans violence"). Bref, Mesrine, dans ce volet ci, est définitivement irrécupérable, comme dirait l'adage, car plus rien ne peut l'arrêter, plus personne, il ira jusqu'au bout de son délire, même si c'est dans la mort.

Cassel épouse son meilleur rôle peut-être, en devenant le gangster le plus terrifiant des années soixante et septante, protagoniste complexe, dur à cuire, doté d'un certain culot, et d'un caractère plus que trempé ; "l'homme aux mille visages" ne pouvait trouver de meilleur acteur pour le jouer.
De très bons seconds rôles : Mathieu Almaric en François Besse est minutieux, Gérard Lanvin en Charlie Bauer vaut le détour, notre Olivier Gourmet national écope d'un rôle amené à être sympathique, bon et juste, Broussard.


Détail important : L'Instinct de Mort s'ouvrait sur ce fameux départ de la rue Belliard, du point de vue de Jacques Mesrine et Sylvia, déguisés, essayant d' être discrets, ayant peur d'être repérés, alors, qu'en réalité, ils sont déjà cuits. L'Ennemi Public Numéro Un finit sur le même départ, mais vu par les policiers cachés, guettant l'arrivée du malfrat et de sa compagne, terrifiés à l'idée que Mesrine découvre leur présence et foute en l'air la vaste opération menée ce jour là pour "arrêter" ce dernier à la porte de Clignancourt.

Jean-François Richet n'invente rien avec sa réalisation, mais se débrouille plus que bien, sans tapages, sachant doser les plans induisant du "suspens", rendant la fin de Mesrine presque inoubliable tant la tension peut se mesurer physiologiquement. Mesrine est un biopic, mais ne cède pas aux exigences larmoyantes du genre, après tout, il s'agit quand même de la vie d'un être dont la seule pensée épouvantait les employés des banques, et le reste de la population également.
Au final, au-delà des bonnes prestations des acteurs, on retient du film le portrait qu'il dresse d'un homme mondialement connu, ses hauts, ses bas, son humanité malgré ses crimes, sa vie tumultueuse et parfois même drôle.


Vidéos :

1° Début de l'Instinct de Mort :



2° Bande-annonce de l' Instinct de Mort :



3° Bande-annonce de L'Ennemi Public Numéro Un :

lundi 23 novembre 2009

BIO - Charlotte Gainsbourg




Charlotte Lucy Gainsbourg est née des amours polémiques de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin, le 21 juillet 1971, à Londres. Amours polémiques médiatiques : ses parents sont à la une des journaux, la faute aux chansons érotiques qui découlèrent de l'album sorti en 1969 "Je t'aime... moi non plus", et aux scandales que Gainsbarre adore faire naître.
En parlant des tollés que Papa aime déclencher, il y a la sortie de la chanson Lemon Incest, chantée en duo avec Charlotte, en 1984, qui évoque la pédophilie, et l'inceste entre un père et sa fille, ou même encore le film "Charlotte for ever" (1986), sûrement autobiographique, racontant la dérive d'un homme ayant connu le succès qui n'est plus en vie que pour l'amour de sa fille appelée très sobrement Charlotte.

Née dans une famille d'artistes, il n'est pas étonnant que la petite Charlotte nourrit une passion pour le cinéma et désire devenir actrice : ses parents lui permettent de tourner des films alors qu'elle est encore très jeune, dont certains laisseront une trace indélébile dans la mémoire populaire ; "L'Effrontée" de Claude Miller (1985) lui rapportera une notoriété grandissante (il parait d'ailleurs que c'est en voyant la prestation de "la fille de" dans ce film que Sylvie Testud a décidé de devenir comédienne) et une récompense plus que convoitée : le César du meilleur espoir féminin.
Si les années nonante boudent un peu le talent de cette étoile franco-anglaise, elle s'illustre notamment dans "Jane Eyre" (1996) et "Merci la vie" (1990).
Ce n'est qu'en 1999 que Charlotte Gainsbourg revient au devant la scène avec une composition remarquable, celle de Milla dans "La Bûche", qui lui fait décrocher un nouveau César, en l'occurrence ici, celui de la meilleure actrice dans un second rôle.
Choisissant ses rôles, ayant une vie de famille (elle est mariée à Yvan Attal et tous les deux ont deux enfants), ses apparitions sont rares, et précieuses, bien que depuis 2004, elle se permet de tourner deux films par an.
Parmi les mets de choix de sa filmographie, il y a "Ma femme est une actrice" (2001) ,"21 grams" (2004), "La Science des Rêves" (2006) ou même "I'm not there" (2007).

En 2009, Charlotte participe au nouveau film controversé de Lars Von Trier, "Antichrist", qui, malgré un accueil des plus mitigés, offrira à son actrice principale le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes.



Charlotte Gainbourg, en bonne fille de ses parents, pousse aussi la chansonnette, et pas que sous la douche : sa première chanson, un duo avec son père, était "Lemon incest", en 1984 ; elle fera quelques apparitions sur l'album "Charlotte for ever". Ultérieurement, elle s'essaye un peu à tout, participant par ci, par là, pour Les Enfoirés, faisant une intro sur une chanson de Madonna, jusqu'à son duo avec Daho "If" en 2003.
En 2006, "5:55" sort, mêlant chansons dans langue de Molière, et chansons dans la langue de Shakespeare.
Le nouvel album de Charlotte, "IRM", est attendu pour la fin de l'année 2009.





(La vidéo de Lemon Incest, en duo avec Serge Gainsbourg)

mercredi 4 novembre 2009

La belle personne de Christophe Honoré






L'homme a toujours donné une importance aux histoires d'amour, que ce soit à travers des poèmes, des romans, des pièces de théâtre, la musique, et depuis un siècle, avec la photographie et le cinéma.L'amour est donc un sujet inépuisable, souvent plus délectable quand impossible ou entravé par de nombreux désastres, laissant des déchirures indélébiles apparaissant sur les visages des personnages principaux, victimes combattant en héros jusqu'au dernier souffle les affres sentimentaux.

Christophe Honoré, réalisateur/scénariste français présentait son film « La belle personne », histoire librement inspirée de « La princesse de Clèves », il y a un an, sur arte, et dans les salles obscures.Le sujet du film, comme on peut s'en douter étant donné la courte introduction ci-dessus, est donc, l'amour, les sentiments amoureux - interdits ou encouragés -, la fidélité, la passion (et tout ce qu'elle implique), la fin tragique aussi.

Junie, seize ans, suite au décès de sa mère, part vivre chez son cousin Matthias, et fréquente le même lycée que ce dernier, où elle rencontre Otto, un jeune homme avec qui elle entame une relation amoureuse quelques temps après son arrivée.Le professeur d'italien, Nemours, véritable arracheur de coeur, s'éprend de Junie, et se laisse consumer par une passion qu'il espère rendre réciproque...

Mettons directement les choses au clair : ce film avait pourtant de bonnes bases (au niveau de l'histoire) pour donner un résultat assez intéressant, mais, faute à un scénario des plus facile, à un jeu d'acteurs excessivement exécrable, à une réalisation se voulant différente mais étant des plus lentes, ennuyeuses à cause d'un rythme qu'on peut qualifier « d'aussi constipé que les histoires d'amours adolescentes pré-pubères », on ne peut être que déçu.

On peut reprocher à Christophe Honoré d'être incapable de défendre les bonnes idées qu'il a au début de l'écriture et qui transparaissent très superficiellement dans ses quelques films comme « Ma mère », « Les chansons d'amour », et maintenant, « La belle personne ». On peut également désapprouver son besoin presque vital de faire traîner en longueur ses films, comme si, faute d'un scénario épatant, il devait rallonger une quantité incroyable de scènes, qui, en deviennent des plus inutiles.(Malgré toutes les reproches figurant ici, j'avoue avoir quand même apprécié « Les chansons d'amour ». Mais pas au point d'en faire un film culte, ou à se repasser toutes les semaines.)


« La belle personne » perd une (trop) grande partie de sa crédibilité à cause du jeu lamentable des acteurs : même Louis Garrel est foncièrement minable (et je m'en veux d'écrire une chose pareille sur un acteur étant capable de beaucoup mieux) à marmonner ses mots, de façon incompréhensible, avec des intonations inappropriées, et souvent absurdes. Grégoire Leprince-Ringuet, s'étant illustré dans « Les chansons d'amour » hérite d'un rôle « cinquième roue du carosse » ne poussant pas le spectateur à une quelconque empathie, tandis que Léa Seydoux est plus talentueuse lorsqu'elle ne dit mot. En réalité, les acteurs sont plus potables lorsqu'ils jouent de leur corps, et non pas de mots, car, lorsque leurs bouches s'ouvrent, c'est uniquement pour mâchouiller des phrases, rendant leur discours confus : en gros, même en montant le son, on ne comprend pas grand-chose.

Ce qui est dommage, et j'insiste sur ce mot, tient dans le fait que les ingrédients de base du film étaient promis à quelque chose de bon, et qu'au final, la cuisson a raté, Honoré n'a pas vraiment bien tamisé sa farine, il restait trop de grumeaux dans la pâte, c'est triste mais c'est comme ça. L'esthétique, trop laiteuse, les tons trop saturés, la lenteur du film, les personnages superficiels et stéréotypés, tout ceci endort avec beaucoup de grâce, mais ne rend pas compte d'une histoire d'amour, sur la passion, l'attente, l'interdit, la peur de perdre l'autre, la douleur de ne pas être aimé comme on aime, et, c'est vraiment triste.