lundi 14 juin 2010

whip it 2009

« I like smart girls. That's why I married your mama. Well, that and I knocked her up »
(J'aime les filles intelligentes. C'est pour ça que j'ai épousé ta maman. Enfin, ça et le fait que je l'ai foutue en cloque)

Whip It est la première réalisation de Drew Barrymore, une enfant de la balle, qui nous avait fait craquer avec sa petite bouille ronde et mutine dans E.T. avant d'être une petite droguée dans la vie réelle, à même pas treize ans. Passé ces déboires presque normaux dans la vie des enfants-stars, il n'en reste pas moins que ce premier essai de réalisation ne vaut pas un prix prestigieux, mais retient l'attention et promet des prochaines tentatives sympathiques.
Parce que Whip It est un film dans la vague de tant d'autres comme Little Miss Sunshine, Juno, une présentation d'une situation presque catastrophique où les personnages doivent faire quelque chose par rapport à leur identité, avec humour de préférence, et sourire béats à la sortie pour les spectateurs.
L'autre atout charismatique de Whip It est la très petite en taille mais grande en talent, Ellen Page, une icône cinématographique très « rock » depuis son regard et son gros ventre provocateur dans Juno.

Whip It raconte l'histoire d'une adolescente de dix-sept ans, Bliss Cavendar, qui passe la plupart de son temps libre à faire plaisir à sa mère en participant à des concours de beauté (sortis tout droit des années cinquante, sans Elvis par contre) dans son bled pourri du Texas quand elle ne travaille pas avec sa meilleure amie, Pash, dans une sorte de fast-food d'autoroute dans leur ville, à Bodeen.
Echappant à la surveillance dictatoriale de leurs parents, Bliss et Pash s'évadent pour une soirée à Austin, où elles font la connaissance du roller derby, une sorte de sport délirant sur patins à roulettes que font des nanas qui ressemblent à des suicide girls (pour les incultes, une suicide girl, c'est une fille qui pose nue sur internet dont le corps est orné, en général, de nombreux tatouages et piercings). Succombant à une crise de « fan attitude », Bliss parle à une des filles des Hurl Scouts – une équipe qui n'a jamais gagné de match- qui lui propose de venir à une sélection, histoire de « be your own hero » (sois ton propre héros). Evidemment, Bliss est engagée dans l'équipe, se démarque par sa rapidité démente, se prend au jeu de la double vie, pimentée par la rencontre avec un musicien et les matchs où elle brille, permettant à son équipe de nulles de gagner.



Whip It est un film très rock, au-delà de la culture tatouages, piercings, rollers, patins à roulettes, trous paumés du Texas, c'est une déclaration d'amour à un style musical, un genre de vie, au girl power. Parce que bien sûr, les femmes ont une place importante dans le film, les hommes jouant les décorations occasionnelles tandis que le centre de l'attention concerne, d'un certain point de vue, la place de la femme. Bliss est dans un entre-deux : d'un côté, sa vie rangée que sa mère entretient en la faisant participer à des concours où les bonnes manières importent, et d'un autre, dès qu'elle devient Babe Ruthless, membre de l'équipe des Hurl Scouts, elle est une autre, une femme sûre d'elle, qui sait ce qu'elle veut, et qui ouvre sa gueule quand bon lui semble. Bien sûr, heureusement, le contraste n'est pas trop net, Bliss n'est pas schizophrénique, elle oscille entre ce qu'elle veut et ce qu'elle doit taire – histoire que tout se passe bien avec sa mère et son père.
La relation entre ses parents est très peu esquissée, puisque l'intrigue s'intéresse surtout à la perception que Bliss a d'elle-même (et de ce qu'elle voudrait être), et au lien entre elle et sa maman, relativement complexe.

Les personnages principaux sont riches, et intéressants du point de vue psychologique.
Les deux principaux sont Bliss (jouée par Ellen Page), une fille pas spécialement bien dans sa peau, qui ne sait pas si elle peut être ce qu'elle veut ou ce que sa mère désire qu'elle soit. Son évolution, en une heure cinquante, est une des plus captivantes que le cinéma du genre « comédie » ait pu offrir, rappelant les propres problèmes identitaires auxquels les adolescents sont confrontés.
La mère de Bliss, Brooke Cavendar (interprétée par Marcia Gay Harden) est une femme de l'époque actuelle, avec un travail, des obligations, mais des idéaux sortis des années soixante, voulant faire au mieux pour sa fille sans se rendre compte de ce qui ne va pas.
Au niveau des rôles secondaires, Daniel Stern – inoubliable Marvin de Home Alone – joue les pères rigolos, Juliette Lewis est Iron Maven, une super bitch de compétition dans l'équipe des joueuses qui ne perdent jamais. Et finalement, Drew Barrymore s'invite dans son film – alors qu'elle aurait pu réellement s'abstenir, seul bémol au film – pour une démonstration de grand n'importe quoi burlesque.

Whip It n'est pas un film pour intellectuels coincés du cul, le film s'adresse aux gens qui ont envie de s'amuser, de s'évader, de vivre un instant rock'n'roll, en regardant un sport presque irréel, dans un décor désertique impensable pour nous petits européens, avec Ellen Page, une actrice foutrement charismatique et à suivre, définitivement.
(Et la fin du film n'est pas prévisible, ce qui est rare avec les films du genre)



lundi 31 mai 2010

Films honteux - Mean Girls


(Pour films honteux)

C'était à l'époque où
Lindsay Lohan ne prenait pas de drogues, se brossait les dents tous les matins, et ne couchait pas avec le premier venu. Il y avait des publicités par milliers, qui pullulaient aux arrêts de bus, dans les gares : un nouveau film mettant en scène la célèbre rousse qui jouait quelques années plus tôt une paire de jumelles (et presque un télescope) était sorti, racontant l'intégration d'une paumé-loseuse dans un lycée où les Plastiques règnent en maîtres. Mon amie Camille et moi, sceptiques, mais amusées à l'idée de revoir Lohan trémousser les fesses, sommes allées à une séance, un après-midi, en nous jurant que putain personne ne devrait le savoir sinon trop la honte putain, un peu comme quand notre amie Simone nous a dit qu'elle avait perdu sa virginité avec le professeur de gym, en plein cours de math, un vendredi matin, alors que les oiseaux chantaient encore du Brel. Mean Girls, c'est simple, faut pas avoir fait anglais première langue pour savoir que ça veut dire « méchantes/mauvaises filles », ou même, je rappelle à notre aimable clientèle, « filles radines », parce que « mean », ça veut dire « personne qui n'aime pas dépenser trente cents pour les autres » (pour aller plus loin, si vous dites à quelqu'un « you're so mean » ça veut dire « tu es un gros enfoiré et je ne vois pas en quoi ça te dérange de me payer un macaron à cinquante cents, espèce de gros fils de riches »). Les mauvaises filles, ce sont celles qui font les tumeurs malignes, qui agissent en vraies petites putes, qui ne pensent qu'à leur nombril – souvent traversé par un piercing - , qui parlent dans votre dos, et passent plus de temps à lisser leur tignasse qu'à faire travailler leurs neurones. Le titre français de Mean Girls est « Lolita malgré moi », certes maladroit, mais témoignant de l'intrigue du film, malgré tout.
Cady Heron
(Lindsay Lohan) a passé son enfance en Afrique, à se prendre pour une gazelle, jusqu'au jour où ses parents lui ont fait le coup de décider de rentrer aux USA. Maladroite, peu douée pour les relations humaines (la pauvre gamine n'a pas été à l'école comme tout le monde, mademoiselle était homeschooled), elle n'arrive pas sans tracas au lycée. Après avoir passé son premier temps de midi à manger dans les toilettes, elle fait l'heureuse rencontre de Janis et de Damian « almost too gay to funtion », un duo inattendu mais sincère. S'intégrant dans son groupe d'amis, elle ne peut s'empêcher de remarquer les « Plastiques », un trio de nanas bonnes – mais putasses – dirigées par la reine des abeilles, la blonde Régina George (Rachel McAdams), diabolique petit bout de femme qui ne pense qu'à elle et sa prétendue beauté, comme la Reine dans Blanche-Neige. (Nous marquons une parenthèse, comme dans les apartés au théâtre où un personnage murmure au public qu'il a perdu sa culotte le soir du concert de Madonna ; loin de moi l'envie de critiquer le physique de Rachel McAdams, mais, soyons réalistes, son personnage se prend pour la fille la plus baisable du monde, même qu'elle est persuadée qu'elle filerait une érection au Pape en moins de dix secondes) Janis propose à Cadie de s'immiscer dans le groupe des Plastiques, pour rire, et découvrir ce qui se cache sous le sourire freedent de Régina. Restant innocente dans un premier temps, Cadie passe à la vitesse supérieure lorsque Régina, ayant appris que Cadie aimait bien son ex, Aaron, se met à ressortir avec lui. Une chose est sûre, maintenant, Cadie doit détruire Régina, et tous les moyens sont permis, entre filles, il n'y a que la loi de la plus salope qui prime. Le seul petit problème, c'est qu'en essayant de devenir comme Régina, Cadie s'est transformée en monstre de superficialité et d'imbécilité.

Scénario signé Tina Fey (madame Saturday Night Live), couleurs rosées, jeunes actrices prometteuses (du moins Rachel McAdams et Amanda Seyfried), Mean Girls, c'est avant tout une comédie pour adolescents avec un minimum d'intelligence et de sarcasme. Lindsay Lohan était encore mignonne, petite représentante idéale de Disney, elle n'était pas encore anorexique, et semblait dans une santé mentale encore passable. Bon, Mark Waters n'a pas inventé la poudre à lessiver (ni le vaccin anti-tétanos d'ailleurs), mais Mean Girls est sans doute son meilleur film, très scrapbook, mais certainement mieux que Ghosts of Girlfriends Past. Certaines scènes sont vraiment hilarantes, à faire sourire la Joconde aussi facilement que faire pleurer Britney Spears en direct chez Oprah. Les rôles de Gretchen Wieners, Karen Smith et de Damian semblent avoir été étudiés tout particulièrement pour relancer une dynamique absurde, tandis que Régina, elle est uniquement là pour les saloperies et les phrases assassines typiques. Si vous voyez Mean Girls, vous ne verrez plus jamais Rachel McAdams de la même façon, son interprétation transcendantale de Régina la faisant passer pour une immonde pouffiasse imbue d'elle-même et incapable de sentiments. Bon, ok, la fin est kikoo-fun, presque moralisatrice, mais on s'en fout, on s'est bien marrés pendant une heure trente, alors bon, le jeu en valait la chandelle, et bien plus si Rocco est disponible. Il n'y a pas de quoi avoir honte en fait, Camille et moi aurions dû avoir honte d'avoir été amatrices de Jonathan Davis, à treize ans.

mardi 25 mai 2010

13 going on 30 - Films honteux

(Quelque chose écrit pour une semaine à thème "films honteux" sur un site dont je ne vais pas citer le nom, tiens)






S'il faut parler des films dont on a honte, mais qu'on aime bien quand même, alors autant user l'encre du clavier sur 13 going on 30, traduit horriblement en Trente ans sinon rien pour les francophones. Le film est sorti en 2004, avec comme duo d'acteurs principaux Jennifer Gardner et Mark Ruffalo.
Il s'agit de l'histoire d'une adolescente qui se retrouve dix-sept ans plus tard, dans son corps d'adulte, avec comme cerise sur le gâteau la découverte des choix foireux qu'elle a fait tout au long des années.

En 1987, Jenna Rink, treize ans, une fille relativement ordinaire, aimerait faire partie des Six Chicks, la super bande à Lucy « Tam Tam », qu'elle pense être son amie, alors qu'elle n'est qu'une petite vipère vicieuse aimant profiter des autres. Jenna invite à l'occasion de son anniversaire les Six Chicks, une bande de mecs avec des vestons de sport, et son meilleur ami, Matt, qui est aussi son voisin. Les autres gamins se moquant de Matt et de Jenna, ils organisent une sorte de jeu qui tourne mal dans la mesure où Jenna est humiliée, tout comme Matt (qui a révélé par la même occasion ses sentiments à la jeune fille). Dans un accès de rage, de honte, et de tristesse, Jenna fait le souhait d'avoir trente ans, sans s'en rendre compte que la poudre de voeu vient de lui tomber dessus...
Jenna se réveille en 2004, dans le corps d'une femme de trente ans, dans un appartement géant, sans se souvenir des dix-sept ans passés, tout en ignorant totalement ce qui lui est arrivé, ce qu'elle fait actuellement, etc. Très rapidement, tout s'enchaîne et la vérité lui apparait clairement : elle travaille pour le magazine Poise (son rêve de gamine), sa meilleure amie, et collègue, n'est autre que Lucy « Tam Tam », Matt et elle ne se parlent plus depuis x années, et elle filtre même les appels de ses parents. Autre détail important : elle sort avec un joueur de baseball un peu pervers.

Pourquoi avoir honte d'apprécier 13 going on 30? Il n'y a pas de quoi avoir honte, on pourrait trouver pire, c'est sûr. Néanmoins, l'esthétique bubble gum, le sourire niais de Jennifer Gardner, l'histoire d'amour prévisible (bien qu'il y a encore une petite subtilité), ça n'aide pas vraiment, on vous l'accorde, c'est sûr.
C'est un film dont on connait déjà le refrain d'avance : elle va se rendre compte qu'elle est une grosse connasse, va tenter de changer, va tomber amoureuse de celui qui l'a aimée pendant de longues années (et lui, bien sûr, va rencontrer quelqu'un d'autre mais bien sûr retomber amoureux), sa vie sera un beau gros fake qu'il faudra remettre en état.

Par contre, il y a des tas de raisons de passer un bon moment et d'oublier ce qui nous a tracassé toute la journée : une BO sympathique très eighties (surtout Love is a Battlefield, pour une scène mémorable), des acteurs attachants (le sourire de Mark Ruffalo vaut toutes les promesses de vacances à l'autre bout du monde, même Andy Gollum Serkis a un rôle drôle), une intrigue pleine de rebondissements, de l'humour présent à tout moment. Le film est un vent de fraîcheur, une petite sucrerie un peu mièvre, mais qui, au moins, a le don de remettre un peu de baume rose et onctueuse au coeur.
Autre plus : Jennifer Gardner joue très bien l'ingénue, Judy Greer casse la baraque en vraie pouffe imbue de sa personne.

En gros, 13 going on 30, même si c'est une sorte de female remake de Big (avec Tom Hanks), est un film à sortir quand on déprime, quand rien ne va, et qu'on a besoin d'une bonne petite guimauve pour finir par se dire qu'il faut toujours faire attention à ce qu'on fait, comment on se comporte, parce qu'un jour, ça va se payer d'une façon ou d'une autre.



Réplique culte du film :
Jenna: Wait, listen to me. I'm 13! (Attends, écoute, j'ai treize ans!)
Lucy: Jenna, if you're gonna start lying about your age, I'd go with 27 (Jenna, si tu veux commencer à mentir sur ton âge, dis plutôt 27)

mardi 11 mai 2010

La princesse et la grenouille



En 2004, Disney annonce que « Home on the Range » (aka « La ferme se rebelle » pour les français) sera leur dernière production 2D, l'ère des dessinateurs via pc étant devenue plus importante que le coup de crayon/pinceau des artistes « classiques ».
Deux ans plus tard, le studio renait de ses cendres, et décide de s'atteler au projet de « La Princesse et la Grenouille » (ou « The Princess and the Frog »), dont la sortie est programmée pour fin 2009 début 2010.
Ron Clements et John Musker, qui, autrefois, ont écrit et réalisé notamment La Petite Sirène, Aladdin, et Hercule, sont chargés d'écrire et de réaliser ce nouvel opus, qui traite d'une jeune femme afro-américaine, à la Nouvelle Orléans, au début du vingtième siècle.
L'histoire est décrite dans les grandes lignes, grâce à quelques premières images rendues rapidement publiques : une jeune femme, habillée comme une princesse, embrasse une grenouille et... se transforme à son tour en grenouille.

Tiana, une jeune fille optimiste, poursuit le rêve de son père : celui d'ouvrir son propre restaurant. Amassant les pourboires, les salaires, depuis qu'elle travaille comme serveuse, elle se rapproche de son but, lorsque, suite à une échéance trop serrée, elle se retrouve embarquée dans une grosse fête costumée, donnée par « Big Daddy » La Bouff, l'homme le plus riche de la ville, père de Charlotte, une amie d'enfance de Tiana.
Simultanément, l'extravagant et insupportable prince Naveen arrive en ville, pour s'amuser, et trouver un mariage qui pourrait l'entretenir, car, ses royaux parents lui ont coupé les vivres. Chantant dans la ville, attirant tout le monde par sa bonne humeur, lui et son valet croisent le Docteur Facilier, un sorcier vaudou aux aspirations maléfiques, qui a « des amis de l'au-delà ».
Le prince Naveen est transformé en grenouille, et son valet se retrouve dans le corps de l'agaçant narcissique héritier de Maldonia.
Bien sûr, le prince Naveen et Tiana finissent par se retrouver au même endroit au même moment (à savoir à la grosse fête costumée de La Bouff), le fastidieux batracien la confondant avec une véritable princesse, il lui propose un gros roulage de pelle, et un pactole à la clef pour qu'elle puisse ouvrir son restaurant. Comme tant de nombreuses femmes, Tiana fait l'erreur fatale de le croire, et se retrouve avec de longues pattes vertes, et en état de danger, puisque tout le monde veut les tuer (et peut-être les manger avec un peu d'ail).
Les deux compagnons, malgré eux, sont embringués dans une aventure piquante, avec Louis, un alligator mordu de jazz, et Ray, une luciole parlant avec un accent à couper des saucissons gaumais. La destination de leur voyage? La repère de Mama Odie, une sorcière vivant dans les marais. Mais bien sûr, s'ils peuvent arriver là avant que Facilier et ses ombres démoniaques y soient avant...


Très drôle, hilarant, ce nouveau Disney introduit des personnages bien construits, intéressants : Tiana, une jeune fille émouvante, mais dure comme un roc, qui poursuit son rêve d'enfance tandis que Naveen, en grossier merle imbu de sa personne, peut surprendre tout au long de l'histoire, par ses capacités de maturation. Louis, l'alligator qui joue de la trompette, est un bon vivant attachant, dont le seul souhait est d'un jour pouvoir jouer en public, avec de vrais musiciens, sans que ceux-ci s'enfuient à sa vue. Ray, la luciole édentée avec sa façon de parler tellement particulière, assure la partie humour, tout en rendant les choses presque sentimentales. Même si on ne la voit pas énormément, Charlotte La Bouff est aussi très drôle, en gamine capricieuse mais avec un fond sympathique non négligeable.
Mais la partie d'un Disney qu'on ne peut jamais oublier, c'est le méchant. Loin d'être aussi charismatique que Maléfique dans la Belle au Bois Dormant, le Docteur Facilier est à mi-chemin entre Jafar d'Aladdin (physiquement) et le Seigneur des Ténèbres de Taram et le Chaudron Magique (pour le côté « total evil ») : il est effrayant, manipulateur, comploteur, et aidé par des forces obscures particulièrement monstrueuses (qui glissent sur le sol à une vitesse ahurissante).



Alors que les derniers Disney en 3D ont fait des flops (The Wild, Bienvenue chez les Robinson, Volt, star malgré lui), les Pixar continuent de progresser et de remporter un succès fou auprès du public ; on pouvait aisément se questionner sur la probable qualité d'un nouveau long-métrage. Le résultat est encourageant : La Princesse et la Grenouille présente une histoire combinant des thèmes amusants et presque philosophiques, dans un décor fabuleux (les bayous sont magnifiques, les dessins sont soignés) avec une bande-son à faire danser votre feu grand-père.


mardi 20 avril 2010

comment Jennifer Aniston s'est disputée avec sa vie sexuelle...




.. Ou "De l'art d'être boudée par le Cinéma"

Le passage du monde de la télévision au cinéma ne se fait jamais sans trépas, comme dirait Baudelaire, la larme à l'oeil, l'absinthe à la lèvre.

Ainsi, le monde cruel du petit écran, lorsqu'il vous sourit de ses dents blanches, retouchées et habituelles, peut être bien pire piège qu'un périf encombré d'embouteillages interminables.

De nombreuses personnalités ont essayé – tant bien que mal – de combiner à leur célèbre nom un symbole du septième art, mais souvent en vain. Pour ne pas citer tout le monde, centrons-nous sur Jennifer Aniston, ex-Pitt, so famous pour avoir été Rachel Skank Greene pendant dix saisons.

Tout le monde se souvient du premier épisode de Friends, celui où Rachel, alors qu'elle vient de s'enfuir de son mariage, débarque au Central Perk pour voir son amie d'enfance, Monica, ancienne grosse reconvertie en chef de cuisine. Personne n'a oublié l'histoire d'amour tordante entre Rachel et Ross, les sautes d'humeur, les « mais on était séparés ». Car oui, Rachel Greene fut un personnage incontournable de la télévision, entre 1994 et 2004.

Le succès de la série Friends a été tel que les acteurs, pendant les saison neuf et dix, ont même exigé qu'on revoie à la hausse leur salaire, qui, finalement, par épisode, a dépassé le million de dollars. Ce cachet exorbitant pourrait d'ailleurs faire penser à l'expression populaire « battre le fer tant qu'il est chaud », car après tout, depuis Friends, plus aucun des acteurs principaux n'a réussi à se faire un nom dans le monde du cinéma, malgré des tentatives répétées.

Mais revenons à Jennifer Aniston.

Jennifer Aniston avait déjà une quelconque expérience avant Friends, mais rien de très extraordinaire non plus. Avec la série, elle acquiert une notoriété certaine, s'étendant bien au-delà des mers (et des étoiles, tiens). Son mariage avec Brad Pitt, en 2000, fait la une des journaux, et le divorce, en 2005 la fait rester à la page « scandales d'intérieur » ; jusqu'à aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre parler de ses frasques sentimentales dans la presse.

Mais si l'encre se délie facilement sur les journaux, les magazines, ses prestations au cinéma ne connaissent guère d'échos positifs, ou même, de bruit. Car, madame Aniston nage en plein pseudo-anonymat depuis Friends.

Si en 2003, sa carrière avait eu un petit reboost, c'était la faute à Bruce Jim Carrey Almighty, ou même, en 2004, son partenariat avec Ben Stiller dans Polly et moi.

Nous pouvons citer très vite des noms de films qui s'alignent de façon presque anonyme, et qu'on oubliera aussi vite que la mort de Michael Jackson, il n'en reste pas moins qu'il faut attendre 2009 pour revoir plus souvent Rachel Greene : en 2009, elle est à l'affiche de Marley & Me (où Owen Wilson et le labrador lui volent quand même la vedette), He's Just Not That Into You (où Scarlett Johansson montre presque ses seins). En 2010, enfin un rôle où elle occupe à nouveau le devant de la scène, avec Gerard Butler, dans the Bounty Hunter, l'histoire d'un ancien couple mal barré. Le programme pour la suite s'annonce chargé, Aniston s'accrochant à tous les projets qu'elle peut comme Scar à la fin du Roi Lion.

Le problème de Jennifer Aniston ne réside pas dans le nombre de films dans lesquels elle tourne, mais dans leur qualité. Reléguée dans des rôles de comédies romantiques à deux balles, s'épanouir pour celle qui gueulait sur Ross est difficile. La compétition est rude et finalement, la seule chose qui la sauve, c'est son corps, dont elle est obsédée (pas la peine de parler de toutes les opérations de chirurgie effectuées), mais qui ne suffit pas à lui offrir de quoi contrer la tendance qu'Hollywood voit en elle, celle d'une fille mignonne qui sait « faire la comédie, surtout romantique».

Il n'y a pas que l'ex de Brad Pitt qui souffre de ce phénomène de dénigrement cinématographique des anciennes stars de la télévision : les anciens Friends, ont eu, eux aussi, beaucoup de bas depuis l'arrêt de la série : Matthew Perry a essayé de nous convaincre sans succès dans « Mon voisin le Violeur », Lisa Kudrow a compris que retourner à la télévision serait une meilleure idée, et encore, pas excellente non plus, Matt LeBlanc n'a pas convaincu avec le spin-off « Joey », Courtney Cox et son Dirt à la télé ne resteront pas dans les annales. Le seul qui s'en sort presque bien, c'est David Schwimmer, avec ses réalisations (particulièrement Run Fat Boy Run avec Simon Pegg), mais toujours dans une sorte d'anonymat.

Maintenant, la question est simple : Pourquoi le cinéma ne veut pas des stars de la télévision?

lundi 12 avril 2010

message écolo au cinéma?



A moins d'être complétement ermite, ignorer que l'écologie est un sujet au centre des préoccupations aujourd'hui relève de l'impossible. Copenhague cette année, les nouvelles voitures qui émettent moins de saloperies, les sacs réutilisables obligatoires, les écochèques, meilleurs prix dans les transports en commun pour les étudiants, tout est fait pour encourager le consommateur (pouvons-nous encore nous définir autrement que par ce terme?) à changer de genre de genre de vie. Bien sûr, quand on prend un peu de recul, cette nouvelle sorte d'écologie fait très « mode », et on ne s'étonne pas que les magasins bio ont pu fleurir aussi vite, en une poignée de mois, alors qu'il y a encore cinq ans, être écolo voulait dire être hippie, et qu'acheter local et bio semblait une blague réservée à moins d'un pour cent de la population. Bref, rien n'échappe au sujet vert, et surtout pas le cinéma.


Le cinéma, comme la littérature et la musique, est un produit de son temps avant tout. Même si nous avons des genres particuliers (films d'auteur, blockbuster, comédie, fantastique), qui, répondent à des normes stylistiques certaines, ils ne restent pas moins les résultats d'une époque précise, d'un moment dans le temps. Il est bien évidemment prématuré de définir le renouveau de ces dernières années, le recul nécessaire n'étant pas là. Néanmoins, ces quelques trois dernières années des films grand public avec des thématiques écologiques ont ébranlé le monde du cinéma. Hollywood devient écolo? Pas sûr, mais privilégie le message qui encourage le respect de l'environnement.


Au niveau des récits sur l'exploitation abusive, nous avons Avatar, fable de James Cameron, qui entraîne le spectateur sur une autre planète, et d'emblée, concède une vérité admise depuis longtemps : les hommes courent après l'argent, des choses à exploiter, et peu importe ce que la Nature va payer de ces folies.



Concernant la pollution, Wall-E, l'illustration même de l'avertissement qui surgit en bas de l'écran lors des publicités pour sucreries : « Mangez, bougez, sinon vous deviendrez de grosses montgolfières rouges », se charge du message avec sa réalité cruelle pour la Terre, dépeuplée, sans plus aucune végétation, et sous des tonnes de déchets. Le pauvre petit Wall-E est le dernier habitant de la planète bleue, chargé de passer la vie de sa batterie à ranger, trier, nettoyer le bordel laissé par les hommes, qui, eux, sont partis loin dans l'espace.

En 2007, le film des Simpsons racontait comment Springfield était dans la merde, la faute à la boulimie légendaire d'Homer, à cause de qui, le lac était dans un état déplorable de pollution, devenant radioactif, et même pire. Les conséquences de la monstrueuse bêtise du célèbre américain jaune lambda résonnaient même comme une alarme envers ceux qui ne pensent qu'à leur plaisir plutôt que de se joindre à l'effort collectif. On est bien en Glaglaska (il fallait placer ça quelque part)!



Point de vue ressources essentielles, il y a l'eau, dans Quantum of Solace. Dominic Greene (rien qu'au nom ça veut tout dire) dirige Greene Planet, qui, soi-disant est écologique et veut sauver la flore, mais, qui en fait, tire les ficelles derrière les gouvernements en perdition et récupère son pesant d'eau. La thématique ne fait peut-être pas tellement écolo en soi, mais quand on sait que pour le moment on parle de l'importance de l'eau, considérée comme la première ressource du monde, qu'on se questionne sur le fait que dans les prochaines années on risque d'en manquer, on reste dans la préservation de l'environnement.


Puisqu'on parlait des plantes un peu plus haut, personne n'a échappé à The Happening, connu sous le nom de Phénomènes en français, le film de Night Shyamalan sur une vague de suicide à très grande échelle, causée par la flore, lassée de la pollution et de l'omniprésence des hommes. Film au fondement purement écologique, puisqu'il pose la question de la vengeance de l'environnement sur nos actions souvent irresponsables.



Enfin, même si le film date de 2004, il y a The Day After Tomorrow, un scénario catastrophe où la Nature fout un gros coup de pied au cul de New-York, et tant d'autres grandes villes. Bien sûr, le film n'est pas réaliste, des changements climatiques d'une telle ampleur ne se font pas en quatre jours, mais pour les besoins des amateurs d'effets spéciaux, tout est bon.

Et si on en arrive là, c'est inévitablement la faute de l'homme.


Quelle image des hommes (et de leurs actes) véhiculent grosso modo ces films ? Que les hommes sont égoïstes, obsédés par leur petite personne, oublient trop souvent qu'ils ne vivent pas seuls, mais dans un monde organisé, où leurs enfants vont leur succéder un jour. La place donnée à l'environnement est moindre, comparée à celle de l'argent. L'homme n'est bon qu'à faire des dégâts, à tuer la Terre, sans jamais assumer ses conneries.
Si cette vision très pessimiste de l'homme pourrait heurter l'égo surdimensionné de certaines personnes pensant détenir toute forme de vérité, il n'en reste pas moins que les messages se veulent sûrement comme des bombes à retardement comportementales, dans la mesure où ils peuvent influencer les comportements des spectateurs, et les forcer à agir pour le bien de la Nature, de la Terre.

mercredi 7 avril 2010

mr nobody de jaco van dormael


As long as you don’t choose, everything remains possible


Mr Nobody est un film dont il est extrêmement difficile de parler.

Il est malaisé de le décrire, car, c’est un film diffus, qui expose diverses possibilités, suite à un dilemme cornélien. Contrairement à ce que la bande-annonce prétend, il n’y a pas trois vies possibles, il y en a plus. C’est l’effet papillon : si on dit une phrase de plus, qu’on fait un geste en moins, ou en plus, peu importe, si on change un détail, alors toute la ligne de vie change complètement.

Nemo est un petit garçon, qui, jusqu’ici était heureux avec ses parents. Nemo est persuadé de se souvenir de ce qu’il y avait avant qu’il ne soit avec ses parents, mais aussi, de voir le futur. Un jour, de façon anodine, il prédit l’accident de voiture de son père.

Quelque part, un vieillard de 118 ans est le dernier homme mortel sur Terre, en 2092, dans un univers high tech. On ne sait rien sur lui, si ce n’est qu’il s’appelle Nemo Nobody et qu’il va mourir sous peu. Des gens tentent de l’interviewer pour retracer son parcours.

Il y a le Nemo qui vit avec son père, celui qui vit avec sa mère.

Nemo vit avec Elise, sa femme dépressive. Nemo est malheureux avec Jeanne. Nemo meurt alors qu’il connaît le bonheur avec Anna. Nemo aime Anna, est sûr qu’ils sont faits pour être ensemble, mais elle n’est pas avec lui. Nemo attend Anna.

Comment toutes ces possibilités de vie de Nemo sont-elles arrivées ? Au spectateur de le découvrir, en s’agrippant à son siège en essayant de suivre les tergiversations du scénario et de la caméra de Jaco Van Dormael, qui passe d’un moment à l’autre, ne respectant pas de chronologie véritablement, jonglant avec les émotions, les causes, les faits, les amis, les amours, les emmerdes.

Mr. Nobody est une évolution de Toto le Héros, du point de vue narratif, des décors.

Des tons très colorés, qui rappellent l’enfance de Thomas dans Toto le Héros, des voix-off qui résonnent comme des déjà-vus. Le petit Thomas est extrêmement solitaire, promis à une vie sans éclats, et le petit Nemo, est aussi un personnage singulier, souvent délaissé, isolé du reste du monde à qui il ne donne presque pas d’attentions.

Des symboles récurrents comme l’eau, le feu, les avions, se partagent le gros de l’intrigue des deux films.

Mais le plus gros point commun, c’est le sujet du film : le sens de la vie. Si dans Toto le Héros, le vieux Thomas se dit qu’il est passé à côté de sa vie, qu’il aurait dû agir autrement, Nemo (à tout âge) pense pareil, veut éviter cela ou fait tout pour ne rien regretter à travers ses vies parallèles. Thomas avait l’impression qu’on lui avait volé sa vie, Nemo ne veut pas qu’on lui vole, la chose qui l’effraie le plus, c’est de ne pas avoir vécu assez. Du point de vue des personnages féminins des deux films, autre gros nœud : le cas Alice/Anna.

Dans Toto le Héros, le petit Thomas est amoureux de sa sœur ainée, Alice, une jeune fille espiègle qui meurt tragiquement dans un incendie. Adulte, il fait la connaissance d’une femme, Evelyne, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa défunte sœur, et s’éprend d’elle, la confond, comme si son destin était d’aimer cette seule et unique personne, Alice. On peut dire qu’Anna est le grand amour de Nemo, la jeune femme se retrouvant toujours dans une des possibilités de vie.

Cette ressemblance avec Toto le Héros est d’autant plus flagrante qu’elle s’éloigne, à d’autres moments à cause de l’époque, les lieux, le côté "vague" de l’intrigue qui déstabilise trop souvent.

Voilà le gros défaut de Mr Nobody : le film est trop long, et jusqu’à la fin, tout est confus, obscur, vaporeux. Même si dès le début, il est commode de comprendre le fin mot de l’histoire, par des atermoiements troublants, les détails restent nébuleux.

Mister Nobody, c’est un délire aux allures psychédéliques, qui conjugue la possibilité d’une autre vie, le désir d’accomplir le sens de la vie qu’on espère, et l’importance de la tournure que prennent certaines relations.