samedi 7 août 2010

king kong



La légende veut que quelque part, en Nouvelle-Zélande, le petit Peter Jackson, âgé de neuf ans a vu un jour King Kong – la version de 1933 – et que cette vision a bouleversé la vie de cet enfant, lui faisant prendre conscience que son avenir était dans la réalisation de films. Avec les moyens de bord – c'est-à-dire ses jouets et une caméra familiale – il réalise même sa propre version de la scène où le gigantesque gorille est sur l'Empire State Building, à New-York.
La carrière de Peter Jackson prend son essor, quelques années plus tard, d'abord dans un registre horrifique (style très apprécié par le réalisateur) avec une touche de fantastique. Il se plonge dans des films très oniriques (Créatures Célestes), avec un goût toujours très prononcé pour le macabre.
Néanmoins, l'apogée de son succès est atteint en 2001, lors de la sortie du premier volet de sa trilogie de Lord of the Rings, l'adaptation des romans de Tolkien, une saga d'heroic fantasy.
En 2003, fort du succès de Return of the King, Jackson a enfin l'opportunité de réaliser sa version de King Kong, fidèle à celle de 1933, avec juste comme différence des techniques évoluées pour rendre plus réaliste le film. Autre dissimilitude : le film de 1933 ne fait qu'une heure trente, alors que la version de Jackson dure trois heures.
C'est dans un projet colossal que se lance à corps perdu Jackson, avec ses acolytes Frances Walsh et Philippa Boyens pour l'écriture du scénario, mais également pour les décors (tout a été tourné en Nouvelle-Zélande, comme pour Lord of the Rings), les personnes présentes sur le plateau (pas loin de deux mille figurants), le tournage en lui-même (plus de quatre mois de tournage).

En 2005, après plus de deux ans de production, tournage, et post-production, le gorille géant envahit les écrans. Les critiques sont plutôt unanimes : il s'agit d'un "bon film", même s'il est moins bien coté que The Return of the King, le Jackson précédent, la conclusion de la trilogie de Lord of the Rings.
King Kong est donc le remake très fidèle de King Kong de 1933 : Jackson a respecté le déroulement de l'intrigue, la lenteur caractéristique des vieux films. King Kong a donc toutes les attributs d'un vieux film (lenteur, actrice principale qui ressemble à une sorte de poupée, sentiments timorés entre protagonistes) sauf qu'il est tourné avec les moyens actuels, et que forcément, il est extrêmement visuel, très beau (antithèse parfaite de l'ancienne version qui est très kitsch à cause de toutes les invraisemblances, comme par exemple, la taille changeante de King Kong).
La reconstitution du New-York des années trente est magnifique, la direction artistique du film a fait un gros boulot qu'on ne peut qu'acclamer. Concernant Skull Island, tout a été tourné en Nouvelle-Zélande, constitué sur place, comme Jackson l'avait fait pour la trilogie de Lord of the Rings.
King Kong bénéficie également d'un excellent casting, mené avec beaucoup de sensibilité par la charmante Naomi Watts, une poupée de cire poignante. Jack Black s'illustre particulièrement, son rôle étant aussi insensible et égocentrique qu'il est possible d'imaginer, tandis qu'Adrien Brody endosse la veste du sauveur de service, du type bien (ce qui contraste parfaitement avec le rôle de Jack Black).
Apparitions remarquées de Jamie Bell (Billy Elliot), Colin Hanks, Thomas Kretschmann.
Andy Serkis tient le rôle d'un matelot en même temps qu'il fait King Kong (selon les mêmes procédés que ceux de Lord of the Rings, quand il interprétait Gollum).



Ann Darrow (Naomi Watts), jeune comédienne, se voit évincée avec sa troupe de la salle où ils donnaient leur spectacle, sans même avoir été payés. Sans le sou, affamée, Ann erre dans New-York et se fait sauver la mise par Carl Denham (Jack Black) un gentilhomme en apparence, qui se révèle être un réalisateur de films cherchant une jeune première pour tourner un long-métrage se passant sur la mer, sur un bateau.
Ann accepte de participer au projet, sans savoir que plus tôt dans la journée, Carl s'est fait destituer du projet par les producteurs et que c'est clandestinement qu'il veut entreprendre la poursuite du tournage – avec une nouvelle actrice, c'est-à-dire Ann.
Le soir même de sa rencontre avec Denham, Ann embarque donc sur le SS Venture, avec un équipage composé de personnes qui alimentent les cirques comme en témoignent les nombreuses bouteilles de formol, et, pour la touche artistique, avec Jack Driscoll (Adrien Brody), un écrivain que la jeune femme admire.
Au fur et à mesure du tournage, une idylle naissante se tresse entre Driscoll, le scénariste, et Darrow, l'actrice principale, alors que l'équipage découvre la véritable destination du bateau : l'île du Crâne (skull Island), une île réputée mortelle...
Lorsque le bateau arrive près de l'île, les évènements s'enchaînent rapidement : Ann est kidnappée et donnée en sacrifice par les habitants de l'île à King Kong, un gorille géant.



L'histoire de King Kong est connue et re-connue : une jeune femme est donnée par une poignée d'autochtones bizarres à un singe géant, quelque part, sur une île près de Sumatra. La jeune femme est d''abord terrifiée, mais une histoire d'amour ou d'amitié – selon les personnes – se dessine entre les deux individus sur l'île. Les compagnons de la jeune femme veulent la retrouver, se frottent (et se piquent) à la faune de l'île, qui ne leur laisse pratiquement aucune chance. Une poignée d'élus arrivent à "sauver" la jeune femme et à capturer le monstrueux gorille qui semble être une pompe à fric sur pattes.
Deuxième acte, tout le monde est à New-York, pour la grande première où le singe sera présenté à une bande de friqués heureux. Tout dégénère bien sûr, le singe fout la pagaille dans New-York, retrouve sa belle, et meurt sur l'Empire State Building.
La conclusion est la suivante : La belle a tué la bête.
Même si le refrain de King Kong est aussi connu que Baby One More Time de Britney Spears, il n'en reste pas moins que le long-métrage vaut vraiment le détour, de par son aspect esthétique travaillé à la perfection, ses personnages complexes et émouvants, et son rythme, certes un peu lent comme à l'ancienne, mais doté d'un charme non-négligeable. Le passage plutôt long de Skull Island (avant, pendant, après le kidnapping d'Ann) se regarde avec curiosité, même si certains moments nécessitent un scotchage à son siège : entre des espèces de T-Rex voraces, insectes géants et autres monstruosités, le voyage sera effrayant. Skull Island est une sorte de monde perdu (comme le livre d'Arthur Conan Doyle), un endroit où le chaos règne. Malgré son caractère civilisé, New-York est un monde perdu où les seules valeurs dominantes semblent être l'argent, la recherche du succès, et l'indifférence face à la souffrance des autres.

Avant d'être un film d'action, d'aventures, King Kong est avant tout est un film bourré d'émotions, de sentiments en tous genres: une vraie mine d'or pour la psychologie des personnages.
Ann Darrow, le premier rôle féminin, est la sensibilité même, la douceur, la tolérance, tandis que Carl Denham semble dépourvu d'une once d'humanité, le réalisateur représentant l'égocentrisme, l'opportunisme. Les bonnes valeurs sont répandues dans les autres personnages, à l'exception de Bruce Baxter qui cache, lui aussi, une part d'inhumain, comme Denham.
Et bien sûr, qu'est-ce qu'il y a de plus humain que King Kong, la bête qui s'éprend de la belle, qui la sauve, qui veut tout faire pour vivre son histoire d'amour improbable et impossible avec elle?


samedi 10 juillet 2010

Toy Story trois



Il est rare que les suites surpassent les premiers opus, dans le monde du cinéma. Bien sûr, on dira que Le Parrain s’est bonifié pour le deuxième film, et que le troisième volet d’Indiana Jones est sans doute le meilleur de la série. Néanmoins, en règle générale, les scénaristes ont une bonne idée pour un premier film, l’appât du gain pour la suite transforme leurs cerveaux en masse informe et sans connexions synaptiques, juste bons à créer un plat réchauffé sans véritable dynamique.
Toy Story 3 pourrait bien être un de ces films qui se bonifie avec le temps. N’ayant vu que partiellement le premier – et n’ayant pas du tout accroché- et donc logiquement nié le deuxième, il s’agissait d’une découverte à proprement parler. A force de glaner des informations dans les bouches de plusieurs individus (constituant un échantillon aléatoire simple), j’en suis donc arrivée à la conclusion que Toy Story 3 devait être meilleur que le premier et le deuxième additionnés à un scone tapissé de clotted cream et de confiture de fraises.

Le premier Toy Story débutait sur une question importante : est-ce qu’un jouet peut être remplaçable ? Le jour où Buzz l’éclair est arrivé chez Andy, un petit garçon, ce dernier l’a préféré à Woody, son « meilleur ami », le jouet qu’il adorait. La grande question du film tenait dans la place qu’on pouvait donner à une nouvelle personne, à la jalousie.
Ici, dans Toy Story 3, le film débute sur la question du départ à l’université d’Andy : celui-ci, presque adulte, délaisse depuis des années ses anciens jouets, qui sont d’ailleurs déprimés à l’idée d’être probablement mis au grenier – ou pire à la poubelle.
Quel est le sentiment d’attachement d’un enfant à ses jouets ? Est-ce qu’en devenant adulte, l’enfant jette-t-il tout simplement ses jouets, reniant une part de lui-même ? Que deviennent les jouets après une vie bien remplie ? Peuvent-ils appartenir à d’autres ou doivent-ils rester fidèles à leur propriétaire ? Toutes les réponses à ces questions se trouvent dans le film, présentant d’emblée deux points de vue : celui de Woody, le fidèle cowboy, qui ne peut concevoir de passer sa vie loin d’Andy, et le point de vue des autres jouets, qui, eux, se sentent délaissés, oubliés, aspirant à devenir à nouveau des jouets à proprement parler.

Andy va partir à l’université dans quelques jours. Cédant à sa mère, il doit ranger sa chambre, et trier en trois sortes de caisses ses affaires : la caisse du grenier, celle de l’université, et enfin, la poubelle. Les anciens jouets d’Andy, entassés dans un coffre, craignent pour leur « survie » et essayent une nouvelle tentative désespérée pour capter l’attention du jeune homme. Alors que Woody, le cowboy, maintient fermement qu’Andy ne les jettera pas, Buzz, Rex, Jessie, Mr. Patate, Bayonne, Zig-Zag, sont convaincus du contraire et du fait qu’ils approchent de la retraite, malgré eux. Andy range ses affaires, et prend dans la caisse d’université Woody, tandis que les autres jouets atterrissent dans un sac poubelle, prévu pour aller au grenier. Bien sûr, tout ne se passe comme prévu, et la mère d’Andy apporte le sac poubelle dehors. In extremis, les jouets se sauvent, suivis par Woody, et se retrouvent embarqués dans une nouvelle aventure à la garderie, un soi-disant paradis pour les jouets, qui se trouve être plutôt un cauchemar à l’état pur -lorsqu'on est dans la classe des petits enfants- , orchestré par un ours diabolique et un singe effrayant.

Tout le monde connait Woody, Buzz, Jessie, Rex, Bayonne, Mr. Patate, qu'on retrouve avec un sourire ému, tant les personnages sont drôles, attachants, au point qu'on arrive à se dire qu'il faut qu'on récupère nos anciens jouets oubliés au grenier, alors qu'ils nous ont donné tant d'heures magnifiques. Le film suggère que justement, les jouets finissent toujours par retrouver une seconde vie : on les donne à nos petits frères et soeurs, à nos cousins, à nos voisins, à des enfants pauvres qui ne peuvent s'en acheter. Il y a un cycle de vie pour les jouets, qui, dépasse les limites d'une personne. Bien sûr, Woody, est convaincu du contraire : il ne vit que pour Andy, celui qui était son propriétaire aimant il n'y a pas encore si longtemps de ça. Cet attachement éloigne Woody de ses amis, pour qui, une autre vie est possible avec d'autres personnes. C'est une sorte de métaphore sur le deuil en général : dire aurevoir à ceux qu'on a aimé, à ceux pour qui nous n'avons plus la même importance.

Les nouveaux jouets introduits, et notamment l'ours en peluche Lotso, personnage riche et complexe du point de vue de sa psychologie, nous promettent des tranches de rigolade, et des séquences émotions. On note l'apparition très remarquée de Barbie – la poupée de la petite soeur d'Andy qui est donnée au début du film à la garderie – et Ken – ou le fils spirituel de Vincent Mc Doom et de Karl Lagerfeld – une sorte de dandy insupportablement fashion, qui donnera à tout le monde une crise d'asthme à force de rire.

En résumé, Toy Story 3 est un film à voir – la question de la 3D ne sera pas débattue ici, même si, foncièrement, elle n'était pas nécessaire. Une invitation à retourner en enfance, à éclater de rire devant Buzz en mode espagnol, devant Ken en séance de défilé de mode (si, si, avec une musique appropriée) : tous les ingrédients sont réunis pour faire de Toy Story 3 un grand film d'animation, drôle, émouvant, sincère, et qui laissera rêveur le public.

jeudi 17 juin 2010

Robin Hood

Robin Hood, mouture 2010, une vaste blague ?





Quand Ridley Scott a avoué à la Terre entière qu’il aimait se badigeonner le canal déférent avec de la crème fraîche chaque dimanche après-midi, et qu’il allait réaliser une nouvelle version de Robin Hood, une légende britannique qui a connu de nombreuses adaptations, tout le monde a retenu son souffle, comme à la piscine, quand on faisait semblant de couler, histoire d’être écarté.
The Adventures of Robin Hood de Curtiz, Robin Hood de Reitherman (ou la version Disney) et Robin Hood, Prince of Thieves de Reynolds étaient – parmi la multitude de films sur le héros – ceux considérés comme références principales, et un énième opus ne semblait guère légitime.
Pour la plupart des gens, le film de Reynolds mettant en scène Kevin Costner était même vu comme une référence optimale – la conjugaison du comique et du dramatique avec une pincée de romanesque se mariant aussi bien que Charles et Camilla -, ne nécessitant pas une nouvelle version.
Alors, forcément, quand Ridley Scott a présenté son projet, l’emballement du public n’y était pas. Un nouveau Robin Hood, pourquoi faire ? On a déjà des baladeurs mp3 qui peuvent être vibromasseurs, alors quel intérêt ?!
Russell Crowe aurait même décliné le rôle de Robin, dans un premier temps, jugeant que cette nouvelle version n’avait pas lieu d’être, et qu’en plus, le scénario s’était fait sans historiens ou autres rats de bibliothèque fort utiles lorsqu’il s’agit de composer une oeuvre un minimum fidèle à l’histoire. Après des mois de lectures, de recherches, Crowe a finalement accepté le rôle, et le film a pu se faire, après une révision complète du scénario (ce qui rappelle l’histoire de Terminator 4).

Que vaut le film en lui-même? Il raconte l'histoire d'un hors-la-loi (forcément, c'est toujours une histoire de bad boy), enfin, d'une tête brûlée, Robin Longstride, qui, en France, assiste au décès de Richard Lionheart (un gros connard sans humour), et un peu plus tard, à une embuscade orchestrée par des français - aidés par Godefroy, un membre du gratin anglais, un peu traître sur les bords - visant à récupérer la couronne avant son arrivée en Angleterre, histoire que les français puissent niquer le prince Jean en toute beauté. Longstride et ses compagnons donnent des gros coups de pied au cul des français, font fuir Godefroy, et après une petite promesse à un noble mourant du nom de Locksley, ils décident de partir avec le bateau royal qui attendait les autres, comme ça, ils ne devront pas glander un an en France avant de rentrer sur leur île tant aimée. Un gros quiproquo digne d'un vaudeville - avec un peu plus de sang quand même - se déroule, Robin Longstride devenant magiquement Robert de Locksley. La troupe d'usurpateurs fait une entrée royale en Angleterre, en faisant du prince Jean le nouveau roi, bien malgré eux, mais comme ce sont de bons comédiens, ils jouent le jeu.
Robin, pris d'une crise de culpabilité, parce qu'en plus, il doit aller à Nottingham pour voir le père de Robert Locksley, décide d'honorer la promesse qu'il a faite à Robert, alors qu'il était mourant. A partir d'ici, l'intrigue se centre sur l'arrivée de Robin à Nottingham, ainsi que son installation là-bas, tandis que le spectateur assiste également à une représentation géopolitique de l'Angleterre : entre les caprices burlesques de Jean, et les crasses que Godefroy fait en dupant tout le monde, c'est un véritable portrait de la société, des problèmes politiques de cette période que le film Robin Hood dresse, avec beaucoup d'humour (à travers le personnage du prince Jean).

Russell Crowe mène la danse, offrant une composition à mi-chemin entre celle de 3:10 To Yuma et celle de Gladiator. Les mauvaises langues vont également dire que l'association Crowe-Scott est comparable à celle de Tim Burton et de Johnny Deep, et que Russell Crowe, il est sur son bateau et il tabasse les gens (si vous n'avez jamais vu d'épisodes de South Park, vous ne pouvez pas comprendre cette référence, dansons pour ne pas mourir).
Cate Blanchett a déjà eu des rôles du genre "femme forte, prête à tout, dure comme un roc anglais", dans Elizabeth, par exemple. Mark Strong, est habitué aux rôles de gros connard machiavélique de service, son visage reptilien aidant sûrement : dans Stardust, il terrorisait tout le monde, prêt au pire pour poursuivre son but, et, dernièrement, dans Sherlock Homes, il jouait les fauteurs de troubles.
William Hurt a un rôle certes important au niveau symbolique, mais presque pas présent, très sage, qui essaye de raisonner le prince Jean, l'irresponsable de service.
Seul bémol dans ce casting sans faute : Léa Seydoux, une actrice française jouant une française, qui a toujours la même expression blasée et le même jeu, quel que ce soit le film dans lequel elle joue.

Robin Hood n'a pas été bien accepté, du point de vue des critiques. On reproche au film d'aller dans tous les sens, de ne pas se centrer assez sur Robin, de ne présenter que la partie de l'histoire qui a précédé la légende, alors que ce qui intéresse Josiane, c'est la légende, l'homme derrière l'arc. Cette surexploitation du contexte historique pose également question : les gens voulaient du romanesque, de la poudre aux yeux.
Et il semblerait que ce ne soit pas la faute à Ridley Scott en particulier, mais aux adaptations de légendes : on va vers le plus réaliste, le plus contextualisé, le plus explicatif, on renonce au fantastique : comme exemple, King Arthur, en 2004, de Fuqua, qui oubliait les délires pornographiques de la fée Morgane, les tours de passe-passe de Merlin, le scénario peuplé d'orgies entre chevaliers, chevaux et dames. Bref, il semble que les légendes n'ont plus lieu d'être, qu'elles vont être remaniées, dans une version plus réaliste, un peu comme la télé-réalité, mais sans les nichons refaits.
Maintenant, l'autre problème est celui de la légitimité : comme dit précédemment, les films sur Robin Hood sont aussi nombreux que les opérations de chirurgie esthétique de Cher, certains des films faisant l'unanimité plus que d'autres. Alors que les affiches et les bandes-annonces commençaient à fleurir comme les allergies aux pollens, le peuple grondait dans sa barbe que zut, on s'en fout, ce sera pas aussi bien que celui avec Costner. A la sortie des salles, on pouvait même entendre c'est nul, celui avec Alan Rickman était vingt fois mieux, bon, on va se boire une bière putain?. Quelques fois, des avis plus sensés, qui disaient que ce n'était pas comparable, c'est un nouveau genre.

Il n'y a pas de véritable raison de décrire le film comme un navet, et pourtant, les critiques étaient aussi clémentes qu'Obama lorsqu'il s'adressait à BP à la Maison Blanche.
Bien sûr, le prince Jean mérite deux claques, est un peu ridicule par moments, le film est sans doute trop long, mais c'est une vision unique et originale de ce qui a mené à une légende archiconnue. Maintenant, à savoir si Ridley Scott aurait dû faire le film sur la légende en tant que telle et pas les prémisses, le débat reste ouvert. Voilà, on ne peut pas comparer ce film aux anciens, pour la simple raison qu'il ne traite pas du même sujet, du même moment. De plus, on peut déceler une sorte de morale cachée, très vingt-et-unième siècle, sur la liberté des hommes, leur besoin d'évoluer dans une société égalitaire pour être heureux.
Chaque film est un produit de son temps, de sa génération, de son époque. Le film de Reynolds résultait de l'effet héros presque surhumain, avec Costner, et celui de Scott, lui, reflète plus la société actuelle, qui semble se faire baiser par le gouvernement qui est constitué de traîtres et de gens ridicules (comme en Belgique), ce qui ne plait pas aux gens, parce qu'ils préfèrent les beaux gosses fougueux, pour leur faire oublier que putain, ils ne doivent pas rendre en retard leur déclaration d'impôts.

lundi 14 juin 2010

whip it 2009

« I like smart girls. That's why I married your mama. Well, that and I knocked her up »
(J'aime les filles intelligentes. C'est pour ça que j'ai épousé ta maman. Enfin, ça et le fait que je l'ai foutue en cloque)

Whip It est la première réalisation de Drew Barrymore, une enfant de la balle, qui nous avait fait craquer avec sa petite bouille ronde et mutine dans E.T. avant d'être une petite droguée dans la vie réelle, à même pas treize ans. Passé ces déboires presque normaux dans la vie des enfants-stars, il n'en reste pas moins que ce premier essai de réalisation ne vaut pas un prix prestigieux, mais retient l'attention et promet des prochaines tentatives sympathiques.
Parce que Whip It est un film dans la vague de tant d'autres comme Little Miss Sunshine, Juno, une présentation d'une situation presque catastrophique où les personnages doivent faire quelque chose par rapport à leur identité, avec humour de préférence, et sourire béats à la sortie pour les spectateurs.
L'autre atout charismatique de Whip It est la très petite en taille mais grande en talent, Ellen Page, une icône cinématographique très « rock » depuis son regard et son gros ventre provocateur dans Juno.

Whip It raconte l'histoire d'une adolescente de dix-sept ans, Bliss Cavendar, qui passe la plupart de son temps libre à faire plaisir à sa mère en participant à des concours de beauté (sortis tout droit des années cinquante, sans Elvis par contre) dans son bled pourri du Texas quand elle ne travaille pas avec sa meilleure amie, Pash, dans une sorte de fast-food d'autoroute dans leur ville, à Bodeen.
Echappant à la surveillance dictatoriale de leurs parents, Bliss et Pash s'évadent pour une soirée à Austin, où elles font la connaissance du roller derby, une sorte de sport délirant sur patins à roulettes que font des nanas qui ressemblent à des suicide girls (pour les incultes, une suicide girl, c'est une fille qui pose nue sur internet dont le corps est orné, en général, de nombreux tatouages et piercings). Succombant à une crise de « fan attitude », Bliss parle à une des filles des Hurl Scouts – une équipe qui n'a jamais gagné de match- qui lui propose de venir à une sélection, histoire de « be your own hero » (sois ton propre héros). Evidemment, Bliss est engagée dans l'équipe, se démarque par sa rapidité démente, se prend au jeu de la double vie, pimentée par la rencontre avec un musicien et les matchs où elle brille, permettant à son équipe de nulles de gagner.



Whip It est un film très rock, au-delà de la culture tatouages, piercings, rollers, patins à roulettes, trous paumés du Texas, c'est une déclaration d'amour à un style musical, un genre de vie, au girl power. Parce que bien sûr, les femmes ont une place importante dans le film, les hommes jouant les décorations occasionnelles tandis que le centre de l'attention concerne, d'un certain point de vue, la place de la femme. Bliss est dans un entre-deux : d'un côté, sa vie rangée que sa mère entretient en la faisant participer à des concours où les bonnes manières importent, et d'un autre, dès qu'elle devient Babe Ruthless, membre de l'équipe des Hurl Scouts, elle est une autre, une femme sûre d'elle, qui sait ce qu'elle veut, et qui ouvre sa gueule quand bon lui semble. Bien sûr, heureusement, le contraste n'est pas trop net, Bliss n'est pas schizophrénique, elle oscille entre ce qu'elle veut et ce qu'elle doit taire – histoire que tout se passe bien avec sa mère et son père.
La relation entre ses parents est très peu esquissée, puisque l'intrigue s'intéresse surtout à la perception que Bliss a d'elle-même (et de ce qu'elle voudrait être), et au lien entre elle et sa maman, relativement complexe.

Les personnages principaux sont riches, et intéressants du point de vue psychologique.
Les deux principaux sont Bliss (jouée par Ellen Page), une fille pas spécialement bien dans sa peau, qui ne sait pas si elle peut être ce qu'elle veut ou ce que sa mère désire qu'elle soit. Son évolution, en une heure cinquante, est une des plus captivantes que le cinéma du genre « comédie » ait pu offrir, rappelant les propres problèmes identitaires auxquels les adolescents sont confrontés.
La mère de Bliss, Brooke Cavendar (interprétée par Marcia Gay Harden) est une femme de l'époque actuelle, avec un travail, des obligations, mais des idéaux sortis des années soixante, voulant faire au mieux pour sa fille sans se rendre compte de ce qui ne va pas.
Au niveau des rôles secondaires, Daniel Stern – inoubliable Marvin de Home Alone – joue les pères rigolos, Juliette Lewis est Iron Maven, une super bitch de compétition dans l'équipe des joueuses qui ne perdent jamais. Et finalement, Drew Barrymore s'invite dans son film – alors qu'elle aurait pu réellement s'abstenir, seul bémol au film – pour une démonstration de grand n'importe quoi burlesque.

Whip It n'est pas un film pour intellectuels coincés du cul, le film s'adresse aux gens qui ont envie de s'amuser, de s'évader, de vivre un instant rock'n'roll, en regardant un sport presque irréel, dans un décor désertique impensable pour nous petits européens, avec Ellen Page, une actrice foutrement charismatique et à suivre, définitivement.
(Et la fin du film n'est pas prévisible, ce qui est rare avec les films du genre)



lundi 31 mai 2010

Films honteux - Mean Girls


(Pour films honteux)

C'était à l'époque où
Lindsay Lohan ne prenait pas de drogues, se brossait les dents tous les matins, et ne couchait pas avec le premier venu. Il y avait des publicités par milliers, qui pullulaient aux arrêts de bus, dans les gares : un nouveau film mettant en scène la célèbre rousse qui jouait quelques années plus tôt une paire de jumelles (et presque un télescope) était sorti, racontant l'intégration d'une paumé-loseuse dans un lycée où les Plastiques règnent en maîtres. Mon amie Camille et moi, sceptiques, mais amusées à l'idée de revoir Lohan trémousser les fesses, sommes allées à une séance, un après-midi, en nous jurant que putain personne ne devrait le savoir sinon trop la honte putain, un peu comme quand notre amie Simone nous a dit qu'elle avait perdu sa virginité avec le professeur de gym, en plein cours de math, un vendredi matin, alors que les oiseaux chantaient encore du Brel. Mean Girls, c'est simple, faut pas avoir fait anglais première langue pour savoir que ça veut dire « méchantes/mauvaises filles », ou même, je rappelle à notre aimable clientèle, « filles radines », parce que « mean », ça veut dire « personne qui n'aime pas dépenser trente cents pour les autres » (pour aller plus loin, si vous dites à quelqu'un « you're so mean » ça veut dire « tu es un gros enfoiré et je ne vois pas en quoi ça te dérange de me payer un macaron à cinquante cents, espèce de gros fils de riches »). Les mauvaises filles, ce sont celles qui font les tumeurs malignes, qui agissent en vraies petites putes, qui ne pensent qu'à leur nombril – souvent traversé par un piercing - , qui parlent dans votre dos, et passent plus de temps à lisser leur tignasse qu'à faire travailler leurs neurones. Le titre français de Mean Girls est « Lolita malgré moi », certes maladroit, mais témoignant de l'intrigue du film, malgré tout.
Cady Heron
(Lindsay Lohan) a passé son enfance en Afrique, à se prendre pour une gazelle, jusqu'au jour où ses parents lui ont fait le coup de décider de rentrer aux USA. Maladroite, peu douée pour les relations humaines (la pauvre gamine n'a pas été à l'école comme tout le monde, mademoiselle était homeschooled), elle n'arrive pas sans tracas au lycée. Après avoir passé son premier temps de midi à manger dans les toilettes, elle fait l'heureuse rencontre de Janis et de Damian « almost too gay to funtion », un duo inattendu mais sincère. S'intégrant dans son groupe d'amis, elle ne peut s'empêcher de remarquer les « Plastiques », un trio de nanas bonnes – mais putasses – dirigées par la reine des abeilles, la blonde Régina George (Rachel McAdams), diabolique petit bout de femme qui ne pense qu'à elle et sa prétendue beauté, comme la Reine dans Blanche-Neige. (Nous marquons une parenthèse, comme dans les apartés au théâtre où un personnage murmure au public qu'il a perdu sa culotte le soir du concert de Madonna ; loin de moi l'envie de critiquer le physique de Rachel McAdams, mais, soyons réalistes, son personnage se prend pour la fille la plus baisable du monde, même qu'elle est persuadée qu'elle filerait une érection au Pape en moins de dix secondes) Janis propose à Cadie de s'immiscer dans le groupe des Plastiques, pour rire, et découvrir ce qui se cache sous le sourire freedent de Régina. Restant innocente dans un premier temps, Cadie passe à la vitesse supérieure lorsque Régina, ayant appris que Cadie aimait bien son ex, Aaron, se met à ressortir avec lui. Une chose est sûre, maintenant, Cadie doit détruire Régina, et tous les moyens sont permis, entre filles, il n'y a que la loi de la plus salope qui prime. Le seul petit problème, c'est qu'en essayant de devenir comme Régina, Cadie s'est transformée en monstre de superficialité et d'imbécilité.

Scénario signé Tina Fey (madame Saturday Night Live), couleurs rosées, jeunes actrices prometteuses (du moins Rachel McAdams et Amanda Seyfried), Mean Girls, c'est avant tout une comédie pour adolescents avec un minimum d'intelligence et de sarcasme. Lindsay Lohan était encore mignonne, petite représentante idéale de Disney, elle n'était pas encore anorexique, et semblait dans une santé mentale encore passable. Bon, Mark Waters n'a pas inventé la poudre à lessiver (ni le vaccin anti-tétanos d'ailleurs), mais Mean Girls est sans doute son meilleur film, très scrapbook, mais certainement mieux que Ghosts of Girlfriends Past. Certaines scènes sont vraiment hilarantes, à faire sourire la Joconde aussi facilement que faire pleurer Britney Spears en direct chez Oprah. Les rôles de Gretchen Wieners, Karen Smith et de Damian semblent avoir été étudiés tout particulièrement pour relancer une dynamique absurde, tandis que Régina, elle est uniquement là pour les saloperies et les phrases assassines typiques. Si vous voyez Mean Girls, vous ne verrez plus jamais Rachel McAdams de la même façon, son interprétation transcendantale de Régina la faisant passer pour une immonde pouffiasse imbue d'elle-même et incapable de sentiments. Bon, ok, la fin est kikoo-fun, presque moralisatrice, mais on s'en fout, on s'est bien marrés pendant une heure trente, alors bon, le jeu en valait la chandelle, et bien plus si Rocco est disponible. Il n'y a pas de quoi avoir honte en fait, Camille et moi aurions dû avoir honte d'avoir été amatrices de Jonathan Davis, à treize ans.

mardi 25 mai 2010

13 going on 30 - Films honteux

(Quelque chose écrit pour une semaine à thème "films honteux" sur un site dont je ne vais pas citer le nom, tiens)






S'il faut parler des films dont on a honte, mais qu'on aime bien quand même, alors autant user l'encre du clavier sur 13 going on 30, traduit horriblement en Trente ans sinon rien pour les francophones. Le film est sorti en 2004, avec comme duo d'acteurs principaux Jennifer Gardner et Mark Ruffalo.
Il s'agit de l'histoire d'une adolescente qui se retrouve dix-sept ans plus tard, dans son corps d'adulte, avec comme cerise sur le gâteau la découverte des choix foireux qu'elle a fait tout au long des années.

En 1987, Jenna Rink, treize ans, une fille relativement ordinaire, aimerait faire partie des Six Chicks, la super bande à Lucy « Tam Tam », qu'elle pense être son amie, alors qu'elle n'est qu'une petite vipère vicieuse aimant profiter des autres. Jenna invite à l'occasion de son anniversaire les Six Chicks, une bande de mecs avec des vestons de sport, et son meilleur ami, Matt, qui est aussi son voisin. Les autres gamins se moquant de Matt et de Jenna, ils organisent une sorte de jeu qui tourne mal dans la mesure où Jenna est humiliée, tout comme Matt (qui a révélé par la même occasion ses sentiments à la jeune fille). Dans un accès de rage, de honte, et de tristesse, Jenna fait le souhait d'avoir trente ans, sans s'en rendre compte que la poudre de voeu vient de lui tomber dessus...
Jenna se réveille en 2004, dans le corps d'une femme de trente ans, dans un appartement géant, sans se souvenir des dix-sept ans passés, tout en ignorant totalement ce qui lui est arrivé, ce qu'elle fait actuellement, etc. Très rapidement, tout s'enchaîne et la vérité lui apparait clairement : elle travaille pour le magazine Poise (son rêve de gamine), sa meilleure amie, et collègue, n'est autre que Lucy « Tam Tam », Matt et elle ne se parlent plus depuis x années, et elle filtre même les appels de ses parents. Autre détail important : elle sort avec un joueur de baseball un peu pervers.

Pourquoi avoir honte d'apprécier 13 going on 30? Il n'y a pas de quoi avoir honte, on pourrait trouver pire, c'est sûr. Néanmoins, l'esthétique bubble gum, le sourire niais de Jennifer Gardner, l'histoire d'amour prévisible (bien qu'il y a encore une petite subtilité), ça n'aide pas vraiment, on vous l'accorde, c'est sûr.
C'est un film dont on connait déjà le refrain d'avance : elle va se rendre compte qu'elle est une grosse connasse, va tenter de changer, va tomber amoureuse de celui qui l'a aimée pendant de longues années (et lui, bien sûr, va rencontrer quelqu'un d'autre mais bien sûr retomber amoureux), sa vie sera un beau gros fake qu'il faudra remettre en état.

Par contre, il y a des tas de raisons de passer un bon moment et d'oublier ce qui nous a tracassé toute la journée : une BO sympathique très eighties (surtout Love is a Battlefield, pour une scène mémorable), des acteurs attachants (le sourire de Mark Ruffalo vaut toutes les promesses de vacances à l'autre bout du monde, même Andy Gollum Serkis a un rôle drôle), une intrigue pleine de rebondissements, de l'humour présent à tout moment. Le film est un vent de fraîcheur, une petite sucrerie un peu mièvre, mais qui, au moins, a le don de remettre un peu de baume rose et onctueuse au coeur.
Autre plus : Jennifer Gardner joue très bien l'ingénue, Judy Greer casse la baraque en vraie pouffe imbue de sa personne.

En gros, 13 going on 30, même si c'est une sorte de female remake de Big (avec Tom Hanks), est un film à sortir quand on déprime, quand rien ne va, et qu'on a besoin d'une bonne petite guimauve pour finir par se dire qu'il faut toujours faire attention à ce qu'on fait, comment on se comporte, parce qu'un jour, ça va se payer d'une façon ou d'une autre.



Réplique culte du film :
Jenna: Wait, listen to me. I'm 13! (Attends, écoute, j'ai treize ans!)
Lucy: Jenna, if you're gonna start lying about your age, I'd go with 27 (Jenna, si tu veux commencer à mentir sur ton âge, dis plutôt 27)

mardi 11 mai 2010

La princesse et la grenouille



En 2004, Disney annonce que « Home on the Range » (aka « La ferme se rebelle » pour les français) sera leur dernière production 2D, l'ère des dessinateurs via pc étant devenue plus importante que le coup de crayon/pinceau des artistes « classiques ».
Deux ans plus tard, le studio renait de ses cendres, et décide de s'atteler au projet de « La Princesse et la Grenouille » (ou « The Princess and the Frog »), dont la sortie est programmée pour fin 2009 début 2010.
Ron Clements et John Musker, qui, autrefois, ont écrit et réalisé notamment La Petite Sirène, Aladdin, et Hercule, sont chargés d'écrire et de réaliser ce nouvel opus, qui traite d'une jeune femme afro-américaine, à la Nouvelle Orléans, au début du vingtième siècle.
L'histoire est décrite dans les grandes lignes, grâce à quelques premières images rendues rapidement publiques : une jeune femme, habillée comme une princesse, embrasse une grenouille et... se transforme à son tour en grenouille.

Tiana, une jeune fille optimiste, poursuit le rêve de son père : celui d'ouvrir son propre restaurant. Amassant les pourboires, les salaires, depuis qu'elle travaille comme serveuse, elle se rapproche de son but, lorsque, suite à une échéance trop serrée, elle se retrouve embarquée dans une grosse fête costumée, donnée par « Big Daddy » La Bouff, l'homme le plus riche de la ville, père de Charlotte, une amie d'enfance de Tiana.
Simultanément, l'extravagant et insupportable prince Naveen arrive en ville, pour s'amuser, et trouver un mariage qui pourrait l'entretenir, car, ses royaux parents lui ont coupé les vivres. Chantant dans la ville, attirant tout le monde par sa bonne humeur, lui et son valet croisent le Docteur Facilier, un sorcier vaudou aux aspirations maléfiques, qui a « des amis de l'au-delà ».
Le prince Naveen est transformé en grenouille, et son valet se retrouve dans le corps de l'agaçant narcissique héritier de Maldonia.
Bien sûr, le prince Naveen et Tiana finissent par se retrouver au même endroit au même moment (à savoir à la grosse fête costumée de La Bouff), le fastidieux batracien la confondant avec une véritable princesse, il lui propose un gros roulage de pelle, et un pactole à la clef pour qu'elle puisse ouvrir son restaurant. Comme tant de nombreuses femmes, Tiana fait l'erreur fatale de le croire, et se retrouve avec de longues pattes vertes, et en état de danger, puisque tout le monde veut les tuer (et peut-être les manger avec un peu d'ail).
Les deux compagnons, malgré eux, sont embringués dans une aventure piquante, avec Louis, un alligator mordu de jazz, et Ray, une luciole parlant avec un accent à couper des saucissons gaumais. La destination de leur voyage? La repère de Mama Odie, une sorcière vivant dans les marais. Mais bien sûr, s'ils peuvent arriver là avant que Facilier et ses ombres démoniaques y soient avant...


Très drôle, hilarant, ce nouveau Disney introduit des personnages bien construits, intéressants : Tiana, une jeune fille émouvante, mais dure comme un roc, qui poursuit son rêve d'enfance tandis que Naveen, en grossier merle imbu de sa personne, peut surprendre tout au long de l'histoire, par ses capacités de maturation. Louis, l'alligator qui joue de la trompette, est un bon vivant attachant, dont le seul souhait est d'un jour pouvoir jouer en public, avec de vrais musiciens, sans que ceux-ci s'enfuient à sa vue. Ray, la luciole édentée avec sa façon de parler tellement particulière, assure la partie humour, tout en rendant les choses presque sentimentales. Même si on ne la voit pas énormément, Charlotte La Bouff est aussi très drôle, en gamine capricieuse mais avec un fond sympathique non négligeable.
Mais la partie d'un Disney qu'on ne peut jamais oublier, c'est le méchant. Loin d'être aussi charismatique que Maléfique dans la Belle au Bois Dormant, le Docteur Facilier est à mi-chemin entre Jafar d'Aladdin (physiquement) et le Seigneur des Ténèbres de Taram et le Chaudron Magique (pour le côté « total evil ») : il est effrayant, manipulateur, comploteur, et aidé par des forces obscures particulièrement monstrueuses (qui glissent sur le sol à une vitesse ahurissante).



Alors que les derniers Disney en 3D ont fait des flops (The Wild, Bienvenue chez les Robinson, Volt, star malgré lui), les Pixar continuent de progresser et de remporter un succès fou auprès du public ; on pouvait aisément se questionner sur la probable qualité d'un nouveau long-métrage. Le résultat est encourageant : La Princesse et la Grenouille présente une histoire combinant des thèmes amusants et presque philosophiques, dans un décor fabuleux (les bayous sont magnifiques, les dessins sont soignés) avec une bande-son à faire danser votre feu grand-père.